Archive de WW2
Vous explorez les archives pour WW2.
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Ezra Pound, peut-être le plus grand poète américain, en tout cas l’une des grand voix poétiques du XXe s. a eu la brillante idée, lui qui ne vivait pas dans un pays occupé par les troupes de l’Axe, de collaborer. Oh, il ne s’est pas engagé pour casser du bolchévique sous l’uniforme allemand, il s’est contenté de jouer les Tokyo Rose à la radio italienne.
Au tout début de 1942, le Foreign Broadcast Intelligence Service enregistrait à la radio italienne le Cantos XLVI lu par Ezra Pound. C’est lui que je vous propos d’écouter.
D’autres enregistrements de Pound sont disponibles sur le même site. Une mine.
Ce qu’il y a de bien avec internet, et plus précisément avec Wikipedia, c’est qu’on peut passer des heures à divaguer, à sauter d’information en information. Tout le monde a pu en faire l’expérience.

Ainsi, en recherchant des données sur l’intéressant film Midway, suite officieuse du grand Tora Tora Tora, j’ai découvert l’anime japonais Zipang. Il reprend l’idée du film Nimitz, retour vers l’enfer, à savoir l’irruption, suite à une anomalie incompréhensible, d’un navire de guerre moderne dans une grande bataille navale du passé. Si, dans le film, c’était un porte-avions américain qui se retrouvait à la veille de l’attaque de Pearl Harbor, dans Zipang, c’est un croiseur/destroyer japonais du XXIè, le Mirai, qui apparaît lors de la bataille de Midway.

L’irruption du croiseur/destroyer des Forces d’autodéfense (un classe Kongo très amélioré et légèrement futuriste) ne passe pas inaperçue. Le bâtiment va très vite devenir un enjeu des deux belligérants. D’autant que sa puissance de feu dévastatrice est à elle seule capable de changer le cours de la guerre dans le Pacifique.
Dans Nimitz, retour vers l’enfer, se posait la question des perturbations susceptibles d’être causées au cours de l’Histoire, un classique de ce genre de productions. Mêmes interrogations chez Zipang, à ceci près que les 241 membres d’équipage du bâtiment sont japonais… C’est ce qui fait le sel de l’anime.

Car ce sont les enfants d’une société ouvertement pacifique qui sont plongés dans l’un des plus violents conflits de l’Histoire. Ce sont les fils d’un Japon travaillé par son américanisation et par sa nostalgie de l’Empire qui vont connaître le monde de leurs grand-parents. Ce sont surtout les habitants d’un pays vaincu, écrasé.
Une défaite suite à une guerre absurde, c’est ce que ne supportera pas Kusaka, un énigmatique officier de la marine impériale, recueilli par le Mirai. A cheval entre deux mondes, il va transformer l’Asie des années 40 en un gigantesque jeu d’échec, dont l’objectif final est la création d’un Japon idéal. Un grand échiquer où l’on croise l’amiral Yamamoto et le Général Vandegrift, et dont le Mirai est la plus puissante pièce.

Servi par un graphisme soigné, Zipang marque par sa gestion du temps, qui n’est pas sans évoquer La ligne rouge. Une lenteur qui contraste avec la tension extrême générée par les doutes qui assaillent les protagonistes à chacun de leurs pas. Le maître-mot de la série est : réalisme. Quasi-réalisme des scènes de bataille, exactitude des faits historiques (du moins ceux qui n’ont pas été altérés), soin apporté au développement de personnages crédibles…
Fans d’uchronies, connaisseurs de la Guerre du Pacifique, amateurs de kriegspiels, amoureux du Japon, experts en combat naval, regardez Zipang sur Schizodoxe.

La reine d’Angleterre reste, à ma connaissance, le seul chef d’Etat a avoir servi l’armée de son pays lors de la seconde Guerre mondiale. Omettre de l’inviter n’est pas seulement une offense faite à son pays, c’est aussi une injure pour tous ceux qui ont combattu. Mais finalement, les choses sont peut-être mieux ainsi. Cela permet d’épargner à cette grande dame le cirque ridicule où s’agiteront Bozo le clown et sa guest star américaine.