Archive de visage
Vous explorez les archives pour visage.
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Le projet Miruko allie œil artificiel, réalité augmentée, jeu interactif. Étrange système que ce Miruko, où un œil autonome scane le monde en suppléance de votre vision, fixe les visages, les reconnaît, les analyse et les classe. Sans pudeur ni retenue.

Lorsque Descartes nous fait voir depuis sa fenêtre l’automate à forme humaine qu’un Dieu trompeur a placé sur notre route pour se rire de nous, il prend garde à le vêtir d’une cape, d’un chapeau et de nous dévoiler son visage. La machine humaine se différencie, chez lui, de l’animal-machine par le langage et, ma foi, la physionomie d’un visage humain est souvent si expressive qu’elle suffit à faire comprendre à un instant ce qu’un discours élaboré prendrait un temps infiniment plus long à faire entendre. Il lui faut cacher ce visage pour maintenir sa fiction au nom de l’idée philosophique qu’il veut démontrer. Le visage est le miroir de l’âme et il y a une âme.
Au XIXème siècle, le médecin français Guillaume Duchenne a étudié les expressions du visage. Aujourd’hui, on se souvient surtout de lui pour avoir légué son nom à la plus célèbre et la plus terrible des myopathies et ses travaux sur la physionomie humaine sont relativement peu connus du grand public sinon pour les lecteurs de Darwin. Pourtant, leur intérêt esthétique et, bien sûr, épistémologique est très grand. Les photographies de visages humains qu’il nous a léguées sont de formidables portraits aux qualités artistiques réelles. Dès le début de la seconde moitié du siècle, Guillaume Duchenne utilise conjointement ces deux outils modernes que sont l’électricité et la photographie pour faire progresser la connaissance de la physiologie.
Il substitue au scalpel les rhéophores et aux corps morts des corps vivants. Une anatomie du vif, non sanglante pourtant, naît avec lui. Une mécanique du visage s’impose avec ses travaux. Soumettant avec précision tel ou tel muscle du visage, il photographie le résultat, mettant ainsi en évidence quels sont les ressorts de la machine. Les poulies, les cordes et les jeux des coulisses du théâtre des émotions sont dévoilés, mais le show des passions affichées doit continuer…
Pour l’historien, c’est un grand péché que de commencer par une généralité : « de tout temps les hommes ont pensé… » ou « depuis toujours on sait… » sont choses à bannir. Pourtant, je ne crois pas le commettre en disant que depuis que l’homme est l’homme il a su qu’il y avait des sourires francs et des sourires faux. Le diplomate ou le marchand — n’est-ce pas la même chose ? — a appris à voir la différence quand il négocie ; l’amant cherche désespérément à en percer le secret dans les minauderies de l’aimée ; Ulysse a su que tous le verraient sur le visage de la vieille Euryclée.
Ce qui distingue ces deux sourires a été mis en évidence par Duchenne. Le sourire « véritable » nécessite la contraction d’un muscle qui n’est pas possible volontairement sinon très imparfaitement. Ce muscle paralysé, on ne voudra plus croire à la sincérité de votre joie, mais l’inverse est tout aussi vrai.
Si le visage est le miroir de l’âme et s’il n’y a pas d’âme, alors le visage est ce que nous appelions ainsi. Le paraître est l’être et peu importe que les robots à venir soient dotés d’une intelligence artificielle, d’une âme-machine, si la mécanique fait illusion. Inutile d’attendre que les Realdolls aient des sentiments si, aujourd’hui, Human Sexual Response de Masters et Johnson devient la bible des cybernéticiens…
Le visage est le miroir de l’âme. Les sentiments sont les expressions du visage indiques les sentiments aussi sûrement, sinon plus, que les mots. Mais cela est-il acquis ou inné ?
Le fait que les sentiments soient, grossièrement, exprimés par les mêmes mimiques quelle que soit la civilisation tendrait à prouver que c’est inné. Pourtant, cela n’avait jamais été établi de façon scientifique. C’est ce dont s’est chargé le professeur David Matsumoto dans une étude à paraître dans le Journal of Personality and Social Psychology de janvier sous le titre suivant : « Spontaneous Facial Expressions of Emotion in Congenitally and Non-Congenitally Blind Individuals ».
Sa démarche a été on ne peut plus simple. Si l’expression des sentiments par le visage est acquise, cela n’a guère pu se faire qu’en regardant le visage de ses proches tel qu’il apparaît dans diverses situations. Il va donc de soi qu’un aveugle n’aurait pu apprendre cela.
Il a donc comparé les photos des visages de judokas aveugles ou non ayant participé aux jeux olympiques ou paralympiques. Il s’est notamment attardé sur le cas des médaillés d’argent. Ceux-là ayant perdu la médaille d’or offrent un « sourire social » dont les traits sont assez reconnaissables. Il se trouve être le même chez les aveugles et chez ceux qui ne le sont pas. Le constat est donc sans ambiguïté : aveugle ou non, les visages expriment les sentiments de la même façon, c’est inné et non acquis.
Rien de révolutionnaire donc, mais chaque progrès de la connaissance humaine est une bonne chose.
Source : Physorg.
Ce n’est pas sans songer à ceci que j’ai lu un article de Human Biology (volume 80, n°3, juin 2008, pp. 313-330) paru l’été dernier.
Comment différencier un Coréen d’un Japonais peut-on se demander naïvement en lisant le récent article de Hyun-Ja Lee et Se-Jin Park, « Comparison of Korean and Japanese Head and Face Anthropometric Characteristics » ? Par la carte d’identité, répondront ceux qui tiennent à l’idée qu’il n’y a aucune différence entre les hommes qui puisse, de près ou de loin, s’apparenter à l’idée qu’ils se font de la race.
The primary purpose of this research is to collate, compare, and discuss the presently available data for head and face dimensions among Korean and Japanese ethnic groups. Classification of Korean male and female head and face types is simpler than classification of Japanese subjects. Male groups have more statistically significant morphological differences than females, and Japanese subjects display larger values for head and face measurement categories than Korean subjects. Japanese item values for head and face dimensions show distinct differences between male and female subjects compared to Korean subjects. Japanese male subjects have distinct differences from Korean male subjects and relatively lower values for head and face dimensions…
Finalement, mis à part ce court billet, la seule chose que cela m’inspire est la question suivante : y-a-t-il l’équivalent coréen de l’onagata japonais et cela a-t-il un rapport avec ce qui a été établi par nos deux chercheurs coréens ?