Archive de violence
Vous explorez les archives pour violence.
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En effet, la haine est une liqueur précieuse, un poison plus cher que celui des Borgia, – car il est fait avec notre sang, notre santé, notre sommeil, et les deux tiers de notre amour! Il faut en être avare!
Au détour de ma lecture de l’excellent blog Documents je suis tombé sur deux remarques fort judicieuses à propos du black metal, genre musical que j’affectionne comme mes lecteurs ont pu s’en rendre compte à de multiple reprises.
La première de ces deux réflexions concerne la place de la haine dans ce courant musical. Inutile de le rappeler, le black metal se veut — non sans succès parfois — une mise en musique de la haine. Walter de Documents, s’opposant à Baudelaire dont il cite le passage que nous faisons figurer en exergue, note que cette haine perd de sa force et de sa pertinence artistique quand au lieu d’être dirigée vers tout et tous (y compris soi-même — surtout soi-même — suis-je tenté de préciser), elle n’a qu’un objet simple, que ce soit une race, la religion ou un groupe politique.
En effet la haine d’un groupe exclusivement des autres, de soi ou de ceux auxquels on s’identifie, n’est qu’un sentiment banal. Elle est une petite haine qui s’accompagne d’une petite adhésion à un clan, une petite docilité à l’égard de son groupe. La haine pour être source d’art se doit d’être parfaite, absolue, sinon, elle n’est que ressentiment.
C’est justement ce ressentiment à l’égard du christianisme qui fait l’objet de la seconde réflexion de Walter. Il y voit une réaction puérile et inintéressante. Pire, ce ressentiment empêche de saisir ce qu’il y a de tragique (et par la même de si proche de l’esprit profond du black metal) dans le christianisme. Pour le dire autrement, le satanisme, dont se réclame beaucoup de groupes de black metal, n’est fécond que quand il part de cette compréhension tragique de l’esprit du christianisme. Sinon, il tombe dans le kitch et la pose, ce qui n’interdit pas le talent, mais le gâche.
Forgée à l’heure de la guerre froide contre le Pacte de Varsovie, l’OTAN se cherche un nouveau concept stratégique. L’ Alliance a actuellement pour but d’être capable de mener simultanément deux opérations majeures (60000 hommes) et 6 opérations mineures (25000 hommes).
Son principal apport technique est l’interopérabilité : l’Alliance est un intégrateur qui transforme les forces européennes en auxiliaires des troupes US. La subordination des européens n’est pas totale car dans son cadre des armes nucléaires US sont mises en oeuvre par des équipages européens, avec partage de la décision d’emploi (« détail » fondamental, inconnu des opinions publiques).
A l’heure où les missions de l’OTAN prennent la forme de corps expéditionnaires engagés pour longtemps (cf. Afghanistan), où une nouvelle course aux armements a lieu à l’échelle mondiale, où l’administration Obama souhaite se désengager et laisser les européens assumer leur défense (fait révélateur : le financement des études sur l’OTAN a disparu de tous les think tanks) le danger d’une dilution de l’Alliance, fondamentale pour la stabilité de l’Europe occidentale, est bien réel. Sachant que 5 pays assurent 75% de ses ressources, l’ère de la défense assurée gratuitement par le grand frère américain est terminée pour la plupart des 28 pays adhérents.
La domination du Cyborg continue. Cette fois, c’est la grande et belle Marloes Coenen, vétérante du MMA, qui s’est faite détruire, en trois rounds, par la reine du MMA féminin. Le combat a eu lieu le 30 janvier lors du Strikeforce : Miami.
Marloes, moins pétrifiée que Gina Carano en son temps, a opposé une belle résistance et déployé – en vain – tout son panel technique.
La haltière Néerlandaise, très grande grappleuse, strikeuse extrêmement rapide, a révélé chez l’impressionnante Brésilienne une capacité jusqu’alors inconnue. La Cyborg semble être une bonne encaisseuse. La Mark Hunt (combattant réputé pour sa surhumaine capacité à encaisser les coups sans tomber KO) féminine ? La perspective est effrayante, pour ses adversaires potentielles : elle est indestructible.
Les adversaires potentielles, justement, qui sont elles ? Gina Carano vaincue & vaquant à sa carrière cinématographique, Coenen détruite, qui reste-t-il ?
Mégumi Fujii est meilleure, techniquement, que la Cyborg. Elle est considérée comme la meilleure combattante P4P au monde.
P4P ? Pound for pound. Un excellent combattant de 50 kg se ferait sans doute pulvériser par un combattant médiocre de 120 kg. Pour déterminer qui est le meilleur combattant, ou la meilleure combattante, et comme on ne peut raisonnablement tous les faire s’affronter à cause de leurs différences de poids, on réalise une égalisation de poids imaginaire.
Donc, P4P, la meilleure combattante au monde, très technique, au palmarès impressionnant, c’est la japonaise Mégumi Fujii. Trop légère pour affronter la Cyborg. Il en va de même pour bon nombre de combattantes pesant aux alentours de 50 kg. Cyborg (64 à 74 kg) est tout simplement trop puissante.
A l’heure actuelle, deux adversaires crédibles pour la Cyborg viennent à l’esprit.
Erin Toughill, au physique évoquant un croisement entre Carano et Cyborg. Très bonne boxeuse, redoutée, redoutable, et pas le genre à être intimidée par la Cyborg.
Et Cindy Dandois. La judoka belge n’a qu’un combat à son actif en MMA. Une victoire, mais contre Marloes Coenen, la vétérante. Plus expérimentée, la Belge pourrait surclasser Cyborg dans le combat au sol.
Hors combattantes MMA, il aurait été intéressant de voir Lucia Rijker ou Laila Ali, entraînées en MMA, le temps d’un combat contre la strikeuse sud-américaine.
Prochain combat, sans doute Erin Toughill vs Cris Cyborg. Ca promet d’être saignant.
La dispersion des groupes locaux , qui est le trait le plus immédiatement perceptible de la société primitive, n’est donc pas la cause de la guerre, mais son effet, sa fin spécifique. Quelle est la fonction de la guerre primitive ? Assurer la permanence de la dispersion, du morcellement de l’atomisation des groupes. La guerre primitive, c’est le travail d’une logique du centrifuge, d’une logique de la séparation, qui s’exprime de temps à autre dans le conflit armé. La guerre sert à maintenir chaque communauté dans son indépendance politique. Tant qu’il y a de la guerre, il y a de l’autonomie : c’est pour cela qu’elle ne peut pas, qu’elle ne doit pas cesser, qu’elle est permanente. La guerre est le mode d’existence privilégié de la société primitive en tant qu’elle se distribue en unités sociopolitiques égales, libres et indépendantes : si les ennemis n’existaient pas, il faudrait les inventer.
Pierre Clastres, Archéologie de la violence, éditions de l’aube, collection Monde en cours, 1999, p. 83.