Archive de Videodrome
Vous explorez les archives pour Videodrome.
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Alors que je regardais le making of de Videodrome (oui je sais je n’ai rien d’autre à faire), cette video attendait que je la publie.
Le parallèle est flagrant entre les deux. Des interfaces molles, un rapprochement voire une symbiose entre l’utilisateur et la machine, un côté organique, presque charnel. Alors que les faux vagins, et les braquemarts en latex ont envahi les catalogues de l’industrie du sexe, ces objets restent désespérément inanimés (malgré quelques tentatives assez ridicules de mise en mouvement) et surtout cruellement non interactifs (pour reprendre un mot un peu passé de mode). Et quand je parle d’interactif, je ne veux pas parler uniquement de la volonté de l’utilisateur qui reste confiné dans le désir onaniste. On pourrait ainsi imaginer, à l’instar de tous ces réseaux sociaux qui marchent si bien en ce moment, des interactions avec l’environnement « numérique » de l’individu, sa sphère connectée. Et là on revient à ce serpent de mer du sexe virtuel. Mais si le sexe n’est qu’un rapport social comme un autre, pourquoi est-il toujours écarté, mis en minorité, par rapport aux autres liens sociaux. Sa marginalisation ne peut qu’entraîner frustration, violences, criminalisation. Couplons les interfaces molles, cet internet des objets, avec nos envies, nos attirances pour des personnes à l’autre bout de la connexion.
Imaginons une interface molle interagissant avec Facebook. Le poke, et le « deviens mon ami » deviendraient un peu plus biologiques. Humides. Nous toucherions notre écran, moi en l’occurence mon netbook et son écran si petit, si mignon, allongé sur le lit. Les trajets dans le bus ou le metro, iphone à la main et écran charnel, deviendraient moins longs. On pourrait discuter avec les doigts avec nos maîtresses virtuelles, sentir à travers cette peau artificielle l’excitation de l’autre. Faire passer à travers nos publications Twitter nos fantasmes, que tout à chacun pourrait ressentir. Bref faire entrer dans notre monde, ce réseau si froid, si « virtuelle » que l’on nomme Internet.
Il y a, au fond, que deux attitudes possibles face au besoin de main-d’œuvre : l’immigration ou la robotisation. Le Japon a choisi la seconde et les E.-U. pourraient abandonner la première pour faire de même. En effet, ce que Victor Davis Hanson a appelé la Mexifornia ne cesse d’inquiéter un nombre croissant d’Américains. La robotisation du ramassage des fruits en Californie pourrait entraîner un changement radical de paradigme. En effet, cette activité crée un immense besoin de main-d’œuvre bon marché et justifie donc la venue massive de Mexicains et, plus largement, d’Hispano-américains. Sans elle, il est très possible que la tendance générale subisse un fléchissement, mais cela sera-t-il suffisant pour éviter que la guerre américano-mexicaine revienne sur le devant de la scène ?
Source : Wired.