Archive de vaudou
Vous explorez les archives pour vaudou.
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En 1998 le chanteur danois King Diamond sort un album concept consacré au sympathique culte haïtien. L’histoire se passe en 1932 et narre les déboires de la famille Lafayette, qui s’installe dans une vieille maison coloniale bâtie près d’un cimetière vaudou. Horripilée par le bruit des cérémonies s’y déroulant, la famille décide de détruire le cimetière, ce qui déclenchera une série d’événements horrifiques.
Cet album est fort accessible dans la production de notre danois maboul, car très Thrash et agrémenté de la présence de Dimebag Darell de Pantera. La chanson éponyme et ses tambours est une tuerie, sur de nombreux titres les riffs rappellent le meilleur Metallica.
Avec ça, vous êtes armé pour pourrir les vacances de votre voisin de plage qui carbure aux Pussycat dolls.
J’ai lu les romans et les nouvelles de William Gibson il y a bien longtemps, maintenant. A l’époque, je n’avais pas été seulement frappé par l’originalité du monde décrit, ce monde qui allait devenir la banalité cyberpunk, mais aussi par l’utilisation qui avait été faite par l’auteur du vaudou dans certains de ses textes.
Justement, à ce propos, on peut lire dans une récente interview donnée à Blok Not par William Gibson cette remarque concernant la raison de cet usage :
E : Le vaudou revient souvent dans vos romans, pourquoi ?
WG : A l’âge de 14 ans, j’ai acheté un manuel vaudou de la Nouvelle-Orléans, il comportait des descriptions précises des rites et des schémas et des diagrammes pour les cérémonies. Comme je faisais un peu de bricolage électronique, j’ai trouvé que ça ressemblait à des plans d’assemblage, et je me suis toujours demandé ce qui se passerait si je réalisais mes circuits sur le modèle d’un diagramme vaudou… Et puis je trouve fascinant qu’au XXème siècle, une religion polythéiste soit aussi vivante et contemporaine, répandue dans plusieurs endroits du globe.
J’avoue trouver cela un peu décevant et, sans doute, la brièveté inhérente à la pratique de l’interview a-t-elle joué un rôle dans la relative pauvreté de la réponse. Pauvreté relative, déjà, à la richesse de l’oeuvre, mais aussi à celle des concepts évoqués.
On apprend plusieurs choses. Tout d’abord que le contact de Gibson au vaudou a été un contact au vaudou de la Nouvelle-Orléans, c’est-à-dire un vaudou fortement syncrétiste et, surtout, recouvert d’une couche de folklore bien plus grande que cela pouvait être le cas, à la même époque, en Haïti, par exemple.
Ensuite, ce contact s’est fait par un ouvrage destiné au grand public et sans doute guère sérieux. Il n’y a pas de « manuel » de vaudou (alors, qu’à la limite, il y a des manuels tout à fait sérieux sur le rite de la messe, mais ce sont des religions différentes dans leur essence). Cependant, le fait que cet ouvrage soit une formalisation d’un rite relativement informel ne doit pas nous faire imaginer que la logique que Gibson y a trouvée soit juste une illusion : les rites, y compris magique, sont, par nature, cohérent. Je ne sais plus qui disait que le magicien (pas l’illusionniste, nous parlons ici de vraie magie) est l’homme de la logique la plus rigoureuse.
Le vaudou est en effet, comme toute religion, comme toute pensée « irrationnelle » une ascèse logique. De même qu’entre le cabaliste et le mathématicien il y a un lien qui va au-delà de la genèse de ces sciences et qui n’est pas qu’une parenté lointaine, le vaudouisant peut, peut-être, mieux saisir certains concepts liés aux pratique de l’informatique partiellement imaginaire du cyberpunk gibsonien.
Le réseau Internet est comme Haïti ; ses utilisateurs, suivant leur puissance, y sont comme des loa (sans s) ou des hommes ordinaires ; les uns chevauchent, les autres sont chevauchés. Le génie de Gibson a été de rappeler que ce qui naissait des machines mises en réseau pouvait être approché par les chemins de l’irrationnel, car, tout simplement, la raison des machines n’est plus celle des hommes.
La dématérialisation d’une part croissante des activités humaines associée à la mise en réseau massive rend tout simplement réel aujourd’hui ce qui appartenait hier au mythe. Puis-je, ne pleine nuit, sans sortir de chez moi, et simplement parce que je connais les bons énoncés magiques / les bonnes lignes de code voler de l’argent à un homme à l’autre bout du monde ? Folie il y a 50 ans ; réalité aujourd’hui. Je pourrais prendre bien d’autres exemples.
D’ailleurs, je songe à ce propos qu’il faudra que je cite in extenso le discours du cabaliste Gershom Sholem pour l’inauguration au golem א à Rehovot, premier grand ordinateur en Israël. Cela éclairera sans doute mon propos qui paraîtra sans doute jusque-là soit incompréhensible, soit fumeux (en plus d’expliquer une des scènes les plus obscures d’Innoncence (Ghost in the Shell 2).
Comme le créole, le vaudou est un langage secret dont les esclaves se servaient entre eux pour communiquer et pour retrouver un peu de dignité. C’est d’ailleurs lors d’une célèbre messe (intitulée la cérémonie du Bois de Caïmans) que les esclaves, galvanisés par la danse et la communion avec les esprits (ou loas), auraient trouvé la force de se révolter en 1791 en Haïti.« Le vaudou est en fait la première forme de rébellion contre l’esclavagisme », explique Michaël Deejtens. La majorité de la population québécoise et américaine continue toutefois d’associer le vaudou aux maléfices et aux sortilèges. « Certaines pratiques du vaudou peuvent choquer. Mais elles ne sont qu’une infime partie du culte. Tout ce qui venait d’Afrique à l’époque était associé à la bestialité. La vision diabolique du vaudou est donc restée dans l’inconscient collectif », poursuit l’étudiant.
C’est bien gentil de vouloir réhabiliter le culte vaudou, mais il y a des façons plus ou moins adroites de le faire et ce monsieur Michaël Deejtens, comme l’auteur de cet article, sont particulièrement lourds, malhabiles et engoncés dans le politiquement correct…
Mieux vaut, encore, lire Seabrook.
Source : APEM.
La grande attraction pour cette deuxième édition du Festival des Divinités Noires, qui s’est déroulé au Togo du 25 au 28 aoctobre, a été sans nul doute la présence du Brésil, de par les prestations du ballet folklorique, « Balé Folclorico Da Bahia ». Une première pour le célèbre et prestigieux ballet, avec à sa tête Walson Bothelo.
Les cultes syncrétiques afro-américains sont, malheureusement, trop souvent coupés de leurs racines européennes et rattachés, exclusivement, à la souche africaine qui, pour être la principale, n’en est pas pour autant la seule. C’est Alfred Métraux qui disait que bien des croyances du vaudou haïtien venaient de la sorcellerie rurale française plus que du vodun originel.
Une jolie vidéo sur la candomblé et un de ses grands connaisseurs :
L’autre attraction était la traversée de la lagune d’Aného par un fétiche qui marche sur l’eau appelé Kélégbeto. D’autres tableaux non moins attrayants comme les lanceurs de couteaux venus de Tchamba au nord du Togo dont la peau et la langue résistent à tout objet tranchant, et les danseurs du feu de la région de Bassar, qui ont la plante du pied aussi efficace que les extincteurs des pompiers, ont également marqués ont émerveillés les festivaliers et autres curieux venus des quatre coins du monde.
Source : Afrik.com.