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Parapapapapa (rap das arma)


Parapapa… ah ah ah !

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Homo homini lupus, Vidéos

Riot in Paraisopolis

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Chroniques, Homo homini lupus

Tropa de Elite enfin en France…

tropaDe certains films, de certains événements, on dit qu’ils sont des détecteurs d’imbécillité tant les réactions qu’ils entraînent sont stéréotypées et caricaturales. Lorsque j’ai vu Tropa de Elite de José Padilha, je me suis dit que ça allait être le cas. Pour être franc, je n’ai pas été déçu à l’époque, ni par Libération, ni par France Culture (au moment où ce film emporté l’Ours d’Or à Berlin, en 2008. Demain, Tropa de Elite sera sur les écrans en France et, de nouveau, le test fonctionne.

Est-il nécessaire que je revienne sur le film lui-même ? Je ne le crois pas : à son propos j’ai déjà dit tout ce que j’avais à en dire. Mais, livrons-nous au test et, après avoir lu ce que j’écrivais à l’époque, lisez d’abord la critique de Jean-Philippe Tessé pour Chronic’Art :

Fasciste, Tropa de elite ? C’est encore plus bête que ça : une mise en scène bourrino-fun, clipeuse et viandarde à souhaits soutient un propos en effet méchamment déglingos, et conclu par un finale dégueulasse bien comme il faut. Tropa de elite donne mal au crâne tant sur la forme que sur le fond : voix-off omniprésente et tapissière, effets tapageurs partout, gadgets visuels et narratifs à tous les étages. Mais le pire est que cette apologie de la virilité policière aux relents nauséeux (pas de quartier pour les voyous : une balle dans la tête et c’est réglé), est faux-derchement planquée sous des justifications presque rigolotes tant elles sont grossières (la contorsion grotesque pour aller chercher Foucault). Rien de plus atroce que l’hypocrisie de ce cache-misère, tant ce qui est dissimulé sous le tapis déborde de partout. Heureusement le finale, donc, vient in extremis rappeler quelle est la leçon de ce tapage charcutier : ouais, ok, Foucault, tout ça, j’ai lu, c’est bien joli mais bon, avec les dealers, il faut causer fusil à pompe, sinon on s’en sort plus. Brasil : one Godwin point.

…puis celle de Marc Godin pour Backchich :

On ne doute pas une seconde de la barbarie de la guerre entre flics et voyous à Rio, des morts, des victimes collatérales. Mais ce qui dérange dans Tropa de Elite, c’est la glorification de la violence et de la justice expéditive. Lors de la longue séquence de la formation des aspirants au BOPE, on a même la désagréable impression d’assister à un film de propagande. Engagez-vous, vous vous ferez de bons camarades, vous aurez un uniforme super-classe avec tête de mort, comme vos copains les SS, et vous pourrez shooter des enfants. On croit rêver ! Fasciné par la violence, José Padhila la montre de façon obscène. En fait, son film est l’équivalent d’un jeu vidéo, un shoot’ em up. Mais ici pas de monstre, d’alien ou de mutant. De la racaille, des enfants. Que l’on tire comme des lapins, à l’arme lourde, caméra à l’épaule pour faire documentaire. Vous avez vraiment envie de voir ça ? Les dealers du film sont juste des archétypes, affreux, sales, méchants, et les étudiants qui veulent lutter contre la délinquance et la pauvreté sont dépeints comme des utopistes inconscients qui, en achetant du shit, financent la pègre. Bref, tous sont ridicules ou abjects, sauf nos beaux militaires du BOPE, qui règnent sur Rio tels le Christ du Corvado, sanglés dans leurs uniformes immaculés.

…et enfin celle de Jacques Mandelbaum pour Le Monde :

En réalité, le seul objet du film, comme son titre (Troupe d’élite) l’indique assez clairement d’ailleurs – consiste à ériger le mythe du BOPE. Section spéciale destinée à porter le fer dans les camps retranchés de la pègre, ses hommes vêtus de noir et rassemblés autour du sigle de la tête de mort y apparaissent comme l’ultime recours de la loi contre le crime, fût-ce par des moyens qui contreviennent à la loi.

Formés par une sélection impitoyable, intrépides devant le danger, incorruptibles en toutes occasions, leurs corps font rempart contre la barbarie des gangs dans une société gangrenée par le délitement moral et la corruption généralisée. Il n’est, de fait, point de salut dans ce film hors du BOPE : criminels endurcis, jeunes bourgeois progressistes fumeurs de haschich et lecteurs de Foucault, police ordinaire inefficace, y sont les composantes d’une même chienlit qu’il convient d’éradiquer.

Je suis persuadé que ce qui choque le plus les auteurs de ces différentes critiques n’est pas tant dans ce qu’ils dénoncent que dans ce qu’ils taisent ou tronquent, exactement comme dans l’article de Libération que j’évoquais en octobre 2007.

Il n’y a pas à proprement parler de méchants dans ce film, il y a juste des gens qui misent peu (ou qui croient peu miser) et ceux qui jouent gros et qui en ont conscience. Les travailleurs sociaux qui meurent brûlés vif croyaient ne pas jouer beaucoup. Le gamin qui faisait le guet et que Nascimento tue par procuration, n’était qu’un gamin qui jouait au vrai sens du terme. Neto Gouveia est tué par Baiano parce qu’un étudiant n’a pas tenu sa langue, parce que pour lui, tout ça, au fond, c’est sans importance, ce n’est qu’un jeu. Baiano est tué d’une façon ignoble par André Matias, mais il accepte : il a joué (mais avait-il le choix ?), il a perdu. Et André Matias, lui, il perd la possibilité de devenir quelqu’un — lui, le noir pauvre, devenir avocat ! — l’amour d’une femme qu’il aimait et sans doute son âme.

Le manichéisme est dans les yeux de ces commentateurs, pas dans le film. Baiano n’est pas un saint, mais alors qu’il va tuer un flic (Neto Gouveia qu’il prend pour André Matias), il dit de ne pas tirer à cause de la présence d’un enfant (dont il se sert, tout de même, comme appât). De même, sa dernière pensée est pour sa mère, pour pas qu’on lui rende un corps défiguré.

Après certains films, on a un relatif sentiment de « haine » ou de dégoût à l’égard de certains personnages. Après avoir vu Tropa de Elite, je n’ai pas eu ce sentiment, et, au-delà de la jubilation d’avoir vu un bon film d’action, il y avait une certaine sympathie mélancolique pour tous ces personnages (sauf peut-être pour les flics corrompus et planqués ou le vieux professeur que l’on voit dans la fameuse scène foucaldienne) et une tristesse vague pour tout ce qui a été gâché…

Sources : Chronic’Art, Backchich et Le Monde.

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Homo homini lupus, Société, Zeitgeist

Caveira !

BOPE
J’espère avoir convaincu nombre d’entre vous de voir Tropa de Elite. En tout cas, j’ai tout fait pour faire partager mon enthousiasme (lequel est toujours aussi intense). Parmi ceux qui se sont laissés tenter, certains doivent penser que ce film en fait trop. Voilà donc quelques vidéos du BOPE en action. Là, ce n’est pas de la fiction, mais la triste réalité des villes du Brésil… Je préviens, pour éviter que certains aient de mauvaises surprises, que certaines images sont très violentes.
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Chroniques, Homo homini lupus

Tropa de Elite

Il y a des films que l’on voit comme on prend un coup de pied au cul. On ne sait trop quoi en penser, on est fasciné par l’image (son grain, sa couleur), par la bande-son (les voix, les ambiances sonores, la musique, la façon dont elle se mêle au reste), par ce qui est montré, par ce qui est tu. C’est ce que j’ai pu pleinement ressentir en voyant Tropa de Elite, pour la première fois avec des sous-titres complets.

André Matias
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Homo homini lupus, Vidéos

Rap das armas

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