Archive de transhumanisme
Vous explorez les archives pour transhumanisme.
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Au commencement il y a le site du Junsui Project. Il y est question d’augmentation génétique, de femme spéciale et unique, d’une forêt mystérieuse, d’un sentiment religieux. Et puis tout se ferme, on ne peut plus retourner sur ce site, nous y sommes interdits, ennemi de Junko. Une vidéo sur Vimeo, une femme, encore, éthérée, blanche comme la mort, nue, elle semble enfermée, captive, de notre regard, d’une cage de verre.
OUR ENEMIES SAY WE MUST BE SELLING A PRODUCT. IN THEIR SMALL VISION THEY CANNOT IMAGINE THAT WE SIMPLY LABOURING FOR BIRTH OF NEW IDEA. THIS EARTH AND ITS BEINGS WILL NO LONGER BE EXPLOITED. RATHER WE WILL CULTIVATE; WE WILL PROCREATE; WE WILL TENDER…LY NURTURE. WE WILL ERASE THEIR REALITY. STAY CONNECTED FOR THE CLEANSING
Et jaillit un groupe Facebook, une communauté de femmes qui se disent sœurs, sororité virtuelle avec des posts bien réels. The Junsui. De plus en plus de fans chaque jour. Dont moi. Elle publie des paragraphes énigmatiques, mi-paranoïaques, mi-prophétiques. Il y est question des Khozains, leurs ennemis, de Malte, où elles seraient, d’une soeur qui a disparu. Une page wiki apparaît. Rapport d’études et fausses pistes. Tout nous ramène à Junsui. On y parle de pureté, de manipulation génétique, de Guildo von List, d’une petite sœur.
Et cette adresse IP qui revient sans cesse sur les forums. Fake or not. Le jeu s’emballe.
http://174.133.240.117/, recherchez « the enemy »
Revenez sur http://174.133.240.117/ et recherez « alfa-tsentr », la vidéo se lance alors.
Mystérieuxgroupe de mercenaires, le Alfa Tsentr semble être l’ennemi de Junko. Mais est-ce aussi simple ?
On navigue de la Russie à Malte, de la Turquie au Japon, l’IP qui poste tout cela vient de Houston, certains pensent avoir trouvé qui se cache derrière tout cela. Le Man of Taste ?
Meta-fiction, marketing viral, délire webien ? Toutes les options sont envisageables pour essayer de comprendre le Junsui Project. Pour ma part, je continue à lire ses posts sur Facebook. Et à regarder cette belle femme marcher dans une forêt lointaine et mystérieuse.

Le corps de Michael Jackson, dernier avatar de sa flamboyante et publique vie, est le nouvel enjeu planétaire de son culte. Quand auront lieu les obsèques ? Enterrement, crémation, clonage, plastination ? Le corps, libéré de l’âme torturée de son indigne propriétaire, revient à tous, à sa famille qui continue de l’exploiter et de se déchirer autour de lui, à la science (les rumeurs de plastination), à Dieu (ou Allah, Raël ou Hubbard) qui revendique sa dépouille, à la foule qui veut une cérémonie mondiale cathartique. En ce sens, Michael Jackson avait déjà atteint un nouveau cap humain. A l’instar du magazine H+, interrogeons-nous sur la nature transhumaniste de Wacko Jacko.
Tout d’abord son acharnement à s’extraire de sa corporalité. Il a déjà été question ici de l’ambivalence de Jackson. Par delà le noir, le blanc, l’adulte, l’enfant, l’homme et la femme, il incarnait depuis ses débuts un réceptacle à nos désirs d’humanité. Et de ce fait il ne s’incarnait plus en lui même. Son corps ne lui appartenant plus, il pouvait à loisir le transformer, le blanchir, le guérir, le plastifier. S’il avait pu s’extraire de la chair et se recombiner au sein d’une mémoire de silicium, je pense qu’il n’aurait pas hésiter une seconde, à l’image du robot dans Moonwalker.
Ensuite son affranchissement du monde réel. Ici il rejoint l’obsession de nombreuses stars de se couper du monde vulgaire dans lequel nous évoluons tous. Marécages du quotidien sans espoir, travail laborieux et répétitif, routine corporelle d’une vie qui ne nous appartient plus, le monde réel n’existait plus pour Jackson. Il vivait à Neverland, que ce soit dans son esprit ou dans son ranch. Il avait en quelque sorte crée une réalité virtuelle tangible. Il façonnait le monde tel qu’il voulait qu’il soit, l’argent et ses 175 millions de disques vendus aidant, il pouvait remodeler la matière, les gens, pour qu’ils rentrent dans sa grille de réalité. Comme l’extra-terrestre dans L’homme qui venait d’ailleurs, joué par Bowie (une autre rock star schizoïde) on l’imagine tout à fait vautré devant des dizaines d’écrans de télé tentant de comprendre ce monde qu’il voyait à travers les yeux d’un être venu de l’espace. Il préférait la compagnie des chimpanzés et des enfants à celle des adultes, vivait dans un parc d’attraction, ne comprenait pas les lois et les procès des hommes, encore moins l’acharnement médiatique dont il était victime. Il était dans sa propre virtualité.
Et enfin son désir d’immortalité. Outre les multiples transformations physiques, Michael Jackson utilisait la science pour ne pas vieillir. La science et sa propre volonté. Mort à 50 ans, il n’en faisait pas 30, pourrait-on dire, mais une trentaine abstraite, synthétique, modélisation outrancière d’une volonté d’être éternel. Poussant la néoténie humaine dans ses derniers retranchement, il apparaissait en même temps comme un enfant trop vieux, et comme un adulte trop jeune. Véritable organisme culturel, la nature n’avait chez lui presque plus droit à la parole, aucune partie de son corps n’était laissé au hasard et au caprice d’un mécanisme non-humain. D’où la fragilité sociale dont il était victime, ainsi qu’une immaturité du comportement. Revers de la médaille d’un parcours transhumain trop vite accompli. Légende autour du caisson d’oxygène dans lequel il aurait passé ses (courtes) nuits sans sommeil, mise au monde d’enfants par mère porteuse (et vraisemblablement n’ayant aucun lien biologique avec la star), rumeur de travaux sur le clonage de Jackson par les Raéliens, Michael Jackson nourrit notre soif de changement de paradigme d’humanité.
Certes ses expérimentations ont été un échec, sa banqueroute personnel ainsi que sa réputation trouble en sont un exemple, mais elles ont surement ouvert la voie à d’autres à travers le monde, Russes fortunés, Chinois mégalomanes, stars vieillissantes, peut-être moins exhibitionnistes, mais vraisemblablement plus riches et plus conscients des possibilités qui leur sont offertes de changer l’Humanité.
Deux publications ce mois-ci. Commençons par H+, le magazine transhumaniste de chez Humanity+. 22 pages de transformations scientifiques, corporelles, sociales, le tout dans une pagination très moderne, aérée, clair et avec de jolies publicités directement en provenance de l’avenir. Ça parle de robot, de transhumanisme, de science neuro-cognitive et de Warren Ellis.

Ensuite Flux, du Rathenau Institute, 64 pages de transformations scientifiques, corporelles, sociales, le tout dans une pagination très moderne, aérée, clair et avec de jolies publicités directement en provenance de l’avenir. Ça parle de nanotechnologies, de climat et de science neuro-cognitique.
Bonnes lectures.