Archive de taxes
Vous explorez les archives pour taxes.
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Le contribuable lambda, dont je fais partie, a reçu il y a quelques semaines sa déclaration d’impôt sur le revenu 2042. Pour agrémenter ses soirées, l’expéditeur y a joint une feuille recto-verso, destinée à expliquer « à quoi servent nos impôts ». Soyons franc : la lecture de ce feuillet n’incite pas à l’honnêteté fiscale.
Un exemple marquant. On nous présente souvent le déficit public comme « aux alentours de 3% », par référence aux critères du traité de Maastricht. Il est bon de se souvenir que les 3% sont calculés sur le PIB, et non sur le budget de l’Etat. En réalité, le déficit public est supérieur à 28% (103,8 milliards, pour un total de dépenses de 370,4 milliards).
Une bonne partie de ce déficit (44,6 milliards) est constituée des services de la dette publique, c’est-à-dire le remboursement des intérêts (mais pas du capital). Ce qui implique que l’Etat s’endette pour rembourser les intérêts de sa dette. Je serais curieux de savoir pourquoi, selon les économistes labellisés sérieux, cette situation n’est pas inquiétante, ni catastrophique, mais parfaitement normale. Pourquoi l’Etat ne peut tomber en faillite, sinon tout simplement « parce que c’est l’Etat ».
Consolation, ce feuillet renvoi à un site internet au nom tout prédestiné : www.performance-publique.gouv.fr. Car il ne faut jamais oublier que, puisque « war is peace » et « ignorance is strength », « bankrupt is wealth ». C’est aussi bête que ça.

En 1500, la Sérénissime était à son apogée : ses textiles de laine étaient somptueux, sa verrerie, sa porcelaine, sa dentelle sans égales. 50 ans après, son économie était en lambeaux et déclinait irrésistiblement.
Que s’était-il passé ?
Le gouvernement avait imposé des taxes et des droits en perpétuelle augmentation , qui à l’issue de la période 1588-1630 finirent par représenter plus de 40% de la valeur de vente d’une pièce de textile. Le seul impact des taxes permettait aux marchands anglais de vendre 15% moins cher que les Vénitiens. A ceci vinrent s’ajouter le poids des réglementations de l’Etat et des Guildes, qui empêchèrent les manufacturiers de la Cité Etat d’introduire les innovations techniques propres à l’époque, au moment où l’Angleterre était le berceau d’une vague de découvertes sans précédent. Ainsi, les marchands anglais purent faire d’excellents profits tout en pratiquant des prix inférieurs de moitié à ceux des Vénitiens. Dès 1635 ces derniers étaient totalement évincés du marché de Constantinople. Bien entendu tout parallèle avec nos social-démocraties contemporaines serait abusif. Bien entendu…
Source : Wired.