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Economie, Le coffre à Picsou

Le PIB allié de l’Etatisme

taxcutVague verte aidant, il est à la mode ces jours-ci de critiquer le PIB, mesure qui serait par trop imparfaite du développement humain et social d’un pays. Notre vénéré Président de la République (que les Dieux répandent pétales de roses et fleuves de lait et de miel sous ses pas) a même créé un bidule, un machin une Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social, signe de l’importance cruciale du sujet.

Or, il est un reproche qui n’est quasiment jamais fait à cette mesure de la production de biens et services. Dans un secteur clé, le secteur public, nous ne disposons d’aucun moyen pour le faire. La production y est mesurée simplement en fonction de l’apport. Donc si l’Etat dépense plus, la production augmente ! Augmentez les fonctionnaires, la clé vers le Nirvana économique, il fallait y penser !

Au cours des 60 dernières années, malgré la tyrannie de l’ultralibéralisme et le fascisme des marchés, la part du secteur public dans la production du PIB est passée de 21.4 à 38.6 % aux Etats Unis, de 27.6 à 52.7 % en France, de 34.2 à 47.6 % au Royaume Uni et de 30.4 à 44 % en Allemagne.

Sachant que la production du gouvernement est essentiellement composée de fonctions administratives qui entravent l’activité économique et de services qui ne justifient pas leur coût (sinon le secteur privé le ferait ), inclure cette production non pas à son coût mais à sa valeur entraînerait une sérieuse révision à la baisse de cet indicateur.

Calculer un Produit Privé Brut (Consommation plus Investissement plus Solde commercial en soustrayant la dépense du Gouvernement, qui n’est qu’un prélèvement sur des richesses produites ailleurs) désillusionnerait le contribuable, en lui rappelant que ce n’est pas son patrimoine qui s’est accru mais le fardeau de ses taxes.

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Science, Zeitgeist

Google.grippe.org

Google vient de mettre en ligne son système d’analyse de requêtes de son moteur de recherche liées aux données fournies par le CDC (Centers of Decease Control). Ainsi la firme californienne peut suivre l’intensité des requêtes autour du mot grippe (flu en anglais) et géolocaliser les épidémies. Les résultats sont assez spectaculaires. Alors que le CDC doit attendre la remontée des informations des médecins et des hôpitaux, ce qui peut prendre 10 jours, Google, en temps réel, peut observer et analyser la progression des mots clés liés à l’épidémie. Sachant que la grippe a une période d’incubation courte, 3 jours en général, Google offre un outil plus performant que le CDC.

Attention toutefois, du bruit statistique peut perturber le bon fonctionnement du dispositif. En effet, rien que cet article, et les autres publiés sur le web en ce moment sur le sujet, font augmenter les recherches sur Google du mot flu et peuvent donc fausser les résultats.  Encore un exemple de mashup entre des technologies et des domaines a priori distincts. Beaucoup d’autres applications de ce type vont probablement voir le jour très rapidement.

Source : Google Flu.

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Société

PsychoBodyMod

Tatouage et piercing sont-ils une forme domestiquée d’auto-mutilation. Le site allemand Taetowiermagazin a questionné de façon précise 432 de ses lecteurs sur leurs pratiques et il s’est avéré que 27 % d’entre eux pratiquaient sur eux des coupures de différents types. Plus d’un sur quatre donc, alors que la moyenne nationale est de 0,75 %, soit une personne sur 134…

Ce qui fait qu’il y a tout de même près de trois personnes sur quatre s’adonnant aux modifications corporelles qui sont normales. Je ne sais pas quel est le chiffre le plus étonnant, finalement.

Source : BPS.

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Science

Mendel, son abbé et son jardin

« De quoi hérite-t-on et comment », se demandait l’abbé Knapp depuis déjà bien longtemps. Gregor Mendel, un jeune moine revenant de l’université pour le calme de son monastère allait trouver la réponse grâce à son aide. Si je cite cet extrait du numéro des Génies de la science consacré à Mendel, dont j’ai parlé ailleurs, c’est pour montrer que quels que soient les lieux communs rabâchés et archirabâchés sur l’incompatibilité de toutes les religions avec la science, la vérité est autre, notamment en ce qui concerne l’Eglise catholique.


A propos du catholicisme et du darwinisme, il faudra d’ailleurs que je prenne un jour le temps de citer in extenso l’article darwinisme du Dictionnaire apologétique de la foi catholique du P. Jaugey (autant dire que ce n’est pas un livre très progressiste) qui, après avoir affirmé que la théorie de Darwin n’était nullement incompatible avec le dogme catholique, ne l’attaque que sur le point de la sélection naturelle comme unique principe de sélection (l’évolution, appelée encore transformisme, va de soi pour l’auteur), ce qui est parfait accord avec la science du temps, puisque ce dictionnaire date de l’étiage du darwinisme, juste avant que la découverte des travaux de Mendel lui donne la touche finale et lui enlève ce petit noyau d’incohérence dont Darwin avait lui-même parfaitement conscience. N’oublions jamais que le darwinisme actuel n’est pas celui de Darwin. Il a fallu le renforcer et le conforter grâce à la théorie génétique, laquelle vient de Gregor Mendel, un ecclésiastique ; citons donc ce texte où l’on croise Gregor et son abbé :

À son retour dans la tranquillité du monastère, Mendel a de longues discussions avec l’abbé Napp, impatient de connaître les théories les plus récentes sur un sujet qui le passionne depuis des années, et qu’il a résumé en 1837 par la question : « De quoi hérite-t-on et comment ? »

En Moravie, l’agriculture et l’élevage sont deux ressources très importantes et, dès la fin du XVIIIe siècle, on effectue des expériences de croisement chez les plantes et les animaux afin d’améliorer la production. Ainsi, à Brünn, les éleveurs de moutons organisent chaque année une réunion au cours de laquelle ils comparent les résultats obtenus en croisant les meilleurs spécimens. Déjà en 1829, J. K. Nestler avait publié un ouvrage où les méthodes de croisement étaient traitées scientifiquement ; cet ouvrage était vite devenu un texte de référence dans les cours d’agronomie d’Olmütz et de Brünn. Napp, un personnage occupant des postes de prestige dans les diverses institutions de la ville, comprenait la portée de ces recherches bien au-delà des considérations économiques, et y avait contribué en aménageant dans son monastère un jardin botanique. Cependant, il avait dû attendre de longues années pour trouver parmi ses moines, pourtant érudits, un homme en mesure d’aborder de manière vraiment scientifique le thème de l’hérédité.

En cette fin d’été 1853, il reconnaît en Mendel la personne qu’il a toujours cherchée, une personne avec laquelle il partage en outre une grande affinité de pensée. Ceci explique pourquoi, rigide et hautain avec les autres (on raconte qu’il exigeait d’être appelé « Votre Grâce », même par sa mère), il a toujours été disponible et compréhensif à l’égard du père Gregor. L’abbé écoute avec grand intérêt les projets que le cours de botanique suivi à Vienne a suggérés à son protégé. Mendel s’était jusqu’alors surtout intéressé au rôle des hybrides dans le développement de nouvelles espèces, mais l’approche mathématique inculquée par ses enseignants (et probablement sa nature méticuleuse) lui a fait comprendre que pour évaluer avec précision comment les caractères des hybrides se transmettent aux descendants, il est nécessaire de travailler avec un grand nombre de variétés pures. La première étape consiste donc à disposer tant d’un jardin que d’une serre, de manière à cultiver toute l’année un nombre important de plantes.

Outre le jardin, qui a toujours été à la disposition de Mendel, l’abbé lui concède immédiatement la serre du monastère, réchauffée par un poêle. Puis il lance sans tarder la construction d’une nouvelle serre, plus spacieuse, qui permettra à Mendel de travailler sur de grands nombres, puisque, comme ce dernier l’écrira plus tard : «…avec un nombre plus limité de plantes expérimentées, il peut se produire des fluctuations considérables ». La construction de la serre prend deux ans, pendant lesquels Mendel a tout le loisir de préciser son projet et de déterminer l’espèce la mieux adaptée à ses expériences.

Adriana Giannini, « Mendel. Les prémices de la génétique », Les génie de la science, n° 35, mai-juillet 2008, p. 37.

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Economie, Zeitgeist

Islande, paradis terrestre ?


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Chroniques, Kulchur, Lecture

Mendel, un génie de la science

mendelVoici l’avant-propos de Adriana Giannini au dernier numéro, consacré à Mendel, des Génies de la science, revue du groupe Pour la Science, la version française, c’est-à-dire en langue française et à l’usage des esprits français, du Scientific American :

Gregor Mendel a quelque chose d’un Galilée. Comme le savant pisan, ce moine du XIXe siècle qui cultivait des pois au fin fond de la Moravie est une sorte de « mutant culturel », pour reprendre l’expression de l’historien des sciences Enrico Bellone. Galilée préconisait d’étudier le monde à l’aide du langage mathématique ; nombre de ses prédécesseurs s’étaient déjà engagés dans cette direction, mais nul ne raisonna aussi bien que lui sur les lois de la mécanique ni ne découvrit et n’expliqua les mouvements des satellites de Jupiter. De même, Mendel se retrouva en situation d’élaborer une variante inattendue de la description d’un phénomène déjà connu. Dans son cas, le phénomène déjà observé et étudié par ses prédécesseurs et contemporains était la transmission des caractères chez les hybrides de plantes et d’animaux. Il fut toutefois le seul à avoir l’intuition (et la constance de la démontrer) que cette transmission suivait des règles bien précises, mathématiquement prévisibles, fondées sur des facteurs matériels contenus dans les cellules germinales des parents.
Comme Galilée aussi, Mendel ne fut pas compris en son temps. D’abord parce qu’il ne faisait pas partie des milieux académiques : moine et professeur assistant dans une école technique de Brünn, ville située aux confins de l’Empire austro-hongrois et vouée au commerce et à l’agriculture, il n’était, pour ses correspondants savants, qu’un amateur enthousiaste. Ensuite parce que, lors de ses études à l’Université de Vienne, il avait fait siennes les conceptions les plus modernes des mathématiques combinatoires et de la physique expérimentale et les avait appliquées – démarche inédite, même pour les naturalistes les plus avancés de l’époque – à l’étude de la transmission des caractères héréditaires.
La portée des travaux de Mendel ne fut mesurée que 35 ans plus tard. Pourtant, son nom ne serait sans doute pas devenu aussi célèbre s’il n’avait été commode, pour trois scientifiques rivaux, de reconnaître la primauté d’un personnage décédé depuis longtemps et de reléguer ainsi leurs collègues au rang de simples redécouvreurs. De cette redécouverte tumultueuse naquit une nouvelle science, encore en mutation aujourd’hui : la génétique.

Le parallèle avec Galilée me semble très tiré par les cheveux, mais le dossier de 78 pages est très intéressant et offre une bonne introduction à la vie et à l’œuvre de ce moine génial et modeste dans le monde duquel nous évoluons encore, au moins partiellement.


Source : Pour la Science (cf. SchizoBiblio).

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