Archive de sexualité
Vous explorez les archives pour sexualité.
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Le funktionide est un ami mou. Le designer allemand Stefan Ulrich propose de vous offrir un ami, un vrai, qui respire, prend soin de vous, vous réconforte, dort près de vous et vous réchauffe la nuit. Ses muscles synthétiques, sa membrane réactive, ses polymères électroactifs, ses systèmes cognitiques d’interaction, font du funktionide un ami artificiel à la pointe de la technologie. Mais hélas pour le moment, le funktionide n’est qu’un projet, un doux rêve synthétique. Entre le barbapapa et le pod de eXistenZ (décidément ce film n’en finit pas d’inspirer le monde des designers) cet ami mou, basé sur des technologies et des matériaux existants, pourrait voir le jour très prochainement, si un industriel y voyait le fort potentiel commercial que cette « créature » aurait auprès des geeks, hikikomori et autres puceaux de notre monde contemporain hyper-connecté.
Et voici les vidéos du projet plus qu’intriguant de Stefan Ulrich :
A l’étrangeté de l’objet, il a ajouté une inquiétante volupté à ses images, qui transpirent le mal être et la nostalgie par tous les pores bioniques de son ami mou.
Sorte de soft-porn avec une limace anonyme, ces vidéos rendent assez justement le partie pris étrange du designer.
Proche de l’esthétique du photographe Charlie White, cette intrusion de cet ami mou dans un décor contemporain, banal, souligne encore plus sa triste besogne d’amitié silencieuse, unilatérale et égocentrique.
Alors que je regardais le making of de Videodrome (oui je sais je n’ai rien d’autre à faire), cette video attendait que je la publie.
Le parallèle est flagrant entre les deux. Des interfaces molles, un rapprochement voire une symbiose entre l’utilisateur et la machine, un côté organique, presque charnel. Alors que les faux vagins, et les braquemarts en latex ont envahi les catalogues de l’industrie du sexe, ces objets restent désespérément inanimés (malgré quelques tentatives assez ridicules de mise en mouvement) et surtout cruellement non interactifs (pour reprendre un mot un peu passé de mode). Et quand je parle d’interactif, je ne veux pas parler uniquement de la volonté de l’utilisateur qui reste confiné dans le désir onaniste. On pourrait ainsi imaginer, à l’instar de tous ces réseaux sociaux qui marchent si bien en ce moment, des interactions avec l’environnement « numérique » de l’individu, sa sphère connectée. Et là on revient à ce serpent de mer du sexe virtuel. Mais si le sexe n’est qu’un rapport social comme un autre, pourquoi est-il toujours écarté, mis en minorité, par rapport aux autres liens sociaux. Sa marginalisation ne peut qu’entraîner frustration, violences, criminalisation. Couplons les interfaces molles, cet internet des objets, avec nos envies, nos attirances pour des personnes à l’autre bout de la connexion.
Imaginons une interface molle interagissant avec Facebook. Le poke, et le « deviens mon ami » deviendraient un peu plus biologiques. Humides. Nous toucherions notre écran, moi en l’occurence mon netbook et son écran si petit, si mignon, allongé sur le lit. Les trajets dans le bus ou le metro, iphone à la main et écran charnel, deviendraient moins longs. On pourrait discuter avec les doigts avec nos maîtresses virtuelles, sentir à travers cette peau artificielle l’excitation de l’autre. Faire passer à travers nos publications Twitter nos fantasmes, que tout à chacun pourrait ressentir. Bref faire entrer dans notre monde, ce réseau si froid, si « virtuelle » que l’on nomme Internet.
It doesn’t matter whether the other side is virtual or real. You could still have sex because it’s just data.
Je me tue à dire que l’Human Sexual Response de Masters et Johnson est en passe de devenir la bible de ceux qui s’intéressent aux IA…
La plupart des sociétés traditionnelles sont machistes. Le Japon n’échappe pas à la règle, il en est même un très bel exemple avec ses femmes-enfants et ses filles-poupées tout entières soumises au mâle à la voix rauque, le samouraï, le yakuza. Cependant, cette domination apparente du mâle (je dis bien apparente — il y aurait beaucoup à dire sur la force des femmes dominées dans ce type de société) semble voler en éclat au Japon, là où, justement, elle semblait particulièrement forte.
Il y a deux signes à (r)évolution. Le premier est le changement de comportement des mâles japonais dans les toilettes, le second porte sur l’attitude générale d’un nombre croissant de jeunes hommes au Japon à l’égard de leur apparence.
Je ne vais pas me lancer dans une dissertation de fond sur la physiologie de la miction chez le mâle humain, mais chacun sait qu’il a tendance à se livrer à ce besoin fièrement dressé de toute sa hauteur, ce qui ne va pas, parfois, sans dégâts latéraux aux alentours, ce qui oblige la maîtresse de maison à des soins ménagers désagréables et humiliants (concernant l’aspect statistique de la chose, je vous renvoie à cet article).
Insatisfaites de cet état de choses, les Japonaises ont donc fait pression pour que cela change. Comment cela ? Tout simplement en obligeant les hommes à une position humiliante, mais plus commode pour rester dans le droit chemin. Le fait que les mâles japonais semblent se plier de bonne grâce à cela dénote clairement que le machisme de cette société n’est plus qu’un souvenir.
Autre signe du passage à la domination féminine est la multiplication des herbivores. Des herbivores ? Oui, des herbivores, ceux qui s’abstiennent de consommer de la chair dans un pays où l’acte vénérien est joliment appelé « relation des chairs » — je ne crois pas que cette métaphore troublera les Occidentaux que nous sommes. Ce sont donc des abstinents, mais des abstinents qui s’assument, qui croient à la possibilité de l’amitié entre homme et femme — mouarf ! —, qui prennent soin d’eux, de leur corps, qui se désintéressent de presque tout mis à part de leur personne et qui, en fin de compte, paraissent faibles et lâches tant aux yeux de leurs pères que des femmes (je songe à Yapou, soudainement). Voilà qui ne va pas améliorer la démographie japonaise…