Archive de sécurité

Vous explorez les archives pour sécurité.

Le coffre à Picsou, Société

Le grippage de la machine

Revenons un instant, si vous le voulez, à cette notion de principe de précaution. [...] Il y a eu un individu qui est monté à bord d’un avion, venant d’Europe aux Etats-Unis, avec des explosifs à bord. Fort heureusement ça n’a pas fonctionné. Du coup le Président des Etats-Unis prend mondialement et de manière drastique des mesures de précautions. Est-ce que l’on va le lui reprocher ? [...] On ne sait pas quelle est la taille de la menace, on l’imagine.

On imaginait une menace dramatique avec cette grippe, il était légitime de…

Pr Jean-Jacques Zambrowsky

C’est intéressant de mettre sur le même plan les deux domaines :  sécurité anti-terroriste et vaccination. Dans les deux cas, l’application du principe de précaution, s’il elle est absolument normale, est en passe de devenir désuète. Parce que les menaces terroristes existeront toujours, muteront parfois pour fusionner avec le grand banditisme ou la piraterie, occuperont l’ensemble du continuum allant d’une certaine forme d’incivilité à la mise en oeuvre d’armes de destruction massive en passant par les prises d’otages massives. Il en ira peut-être de même avec les épidémies-pandémies. Sans avoir fouillé plus avant la question, on peut imaginer que malgré les progrès de l’hygiène, le fait d’avoir des populations de plus en plus concentrées dans les villes et de plus en plus mobiles à l’échelle mondiale doit énormément jouer.

Vouloir parer toutes les menaces est chose impossible, et génératrice d’effets secondaires potentiellement nuisibles. Notamment en termes de coûts ou de restriction des libertés individuelles. Trouver une juste mesure est difficile, d’autant plus quand ce qui est concerné devient un enjeu politique.

La solution est sans doute dans les notions de « résilience » ou d’ « acteurs intelligents ». L’essor technologique, notamment dans le domaine des TIC, permet également d’envisager le développement de nouvelles façons de vivre et de travailler, à mêmes d’avoir un impact dans les dimensions sécuritaires, hygiéniques et écologiques. Comme, par exemple, les maisons autonomes ou le télétravail :

L’évolution du télétravail s’explique aussi par les craintes liées aux diverses épidémies(grippe A H1N1, grippe aviaire), aux attentats voire, aux catastrophes naturelles. Moins de déplacements, plus de sécurité, et moins de frais en cette période de crise!

Télétravail d’autant plus pertinent, soit dit en passant, qu’il s’adapte parfaitement au monde des murs, barrières et bulles sécuritaires qui tend à apparaître.

La croyance  dans les capacités de défense de l’individu (ou d’un organisme privé) pourrait également sortir renforcée de l’exposition prolongée d’une population (ou d’entreprises) à des menaces diffuses et aléatoires.

Notion d’acteurs intelligents, confiance dans l’individu, autant de concepts difficiles à envisager en France, pays qui n’a pas fait confiance à ses médecins généralistes pour vacciner.

6 commentaires pour “ Le grippage de la machine

Homo homini lupus, Société

La criminalité augmentée

laughtingLu sur le site de la Gendarmerie Royale du Canada, cet article sur les potentialités de la réalité augmentée, tant par la police elle-même, que par les criminels. Vers une mutation du jeu du gendarme et du voleur ?

Applications policières de la technologie de la réalité augmentée

Par Thomas J. Cowper et Michael E. Buerger

La réalité augmentée (RA) constitue l’une des technologies émergentes les plus puissantes du 21e siècle. Les amateurs de sport sont témoins d’une application populaire de la RA chaque fin de semaine : les grandes chaînes télévisées qui amplifient leurs reportages des joutes de football professionnel en surimposant les lignes jaunes de premier essai sur le terrain. Il s’agit d’une application élémentaire, non interactive de la RA. Une autre forme connue de RA est l’écran de visualisation tête haute (VTH) utilisé par les pilotes de chasse.

Contrairement à la réalité virtuelle, où l’utilisateur est totalement plongé dans un monde virtuel généré par ordinateur, et à la virtualité augmentée, où des objets réels font partie d’une simulation virtuelle, la RA allie des objets réels et virtuels qu’elle affiche en temps réel à l’intention d’un utilisateur dans un environnement réel de façon à favoriser l’exécution de tâches ou de missions précises. Grâce à une perception de la situation accrue, l’utilisateur peut en théorie accomplir le travail de trois personnes non dotées de la RA.

La technologie de la RA aura un impact profond sur le travail policier, par les méthodes novatrices qu’elle offre pour la répression du crime et du terrorisme. Par contre, elle offre également aux criminels et aux terroristes de nouvelles possibilités d’exploiter et de perturber la société, et de lui porter préjudice. Pour mieux utiliser cette technologie, les policiers doivent bien en comprendre les capacités et les possibilités qui surgiront dans les décennies à venir.

La présente étude a pour but d’offrir aux policiers un aperçu de la RA. Nous entendons aborder les principes fondamentaux et les composantes de cette technologie, ainsi que les développements actuels qui pourraient améliorer la performance individuelle. Nous présenterons aussi les répercussions de la RA et certaines applications potentielles pour la police.

Voici quelques-unes de ces applications :

  • la reconnaissance du visage, de l’empreinte vocale et d’autres données biométriques de criminels connus afin de permettre leur identification instantanée;
  • l’intégration de capteurs chimiques, biologiques et d’explosifs afin d’avertir immédiatement les policiers d’une contamination locale et recommander les mesures de protection pertinentes pour eux-mêmes et le public; l’affichage tête haute de données à l’intention des agents en autopatrouille et de données sur la gestion de la circulation régionale afin de rendre la conduite plus sûre et plus efficace, surtout dans les poursuites et les interventions rapides;
  • des dispositifs optiques avancés offrant des fonctions de zoom et d’imagerie thermique et infrarouge pour la localisation et l’appréhension de criminels en fuite, de survivants de catastrophes enterrés ou dissimulés, ou de personnes portées disparues;
  • des dispositifs optiques avancés permettant aux enquêteurs de lire sur les lèvres à de grandes distances dans les situations où des dispositifs d’écoute ne sont pas pratiques;
    la création de scénarios de formation réalistes pour simuler des milieux de travail policiers dangereux, en faisant appel à du matériel pratique et à la participation collective des étudiants à la formation;
  • la supervision d’interventions dans des incidents critiques axés sur le contrôle de l’état physiologique du personnel, de façon à affecter les tâches dangereuses à ceux qui sont le plus aptes, mentalement et physiquement.

Pour consulter la version intégrale du rapport (figurant à la section law enforcement services), visiter le site : http:// www.fbi.gov/publications.htm

J’y ajoute, à l’usage des méchants, voleurs, tueurs et autre criminels de tous poils, mes propres applications :

  • dissimulation du visage du malfaiteur aux yeux, et à la barbe de tous ceux regardant le monde au travers de la RA (cf. GITS Stand Alone Complex);
  • la mise en mémoire de toutes les cartes du monde directement dans la vision (comme les pilotes de chasse), afin de suivre le meilleur chemin pour fuir les forces de l’ordre (cf. Mirror’s Edge);
  • la concordance des réseaux sociaux type facebook/myspace/twitter afin d’étudier l’emploi du temps et donc l’absence de la victime de son domicile;
  • Projection des phobies des hommes et des femmes des forces de l’ordre directement dans leur champ de vision pour les déstabiliser en opération;
  • utilisation de Google Street et de la géolocalisation des désastres pour rationaliser le pillage de zones sinistrées;

Il est sûrement possible d’en trouver bien d’autres, mais je m’arrête là pour le moment. Je suis en revanche preneur de vos suggestions.

18 commentaires pour “ La criminalité augmentée

Galeries, Homo homini lupus

Mange ton vieux !

Les vieux aussi font des Fatality !

Pas de commentaire pour “ Mange ton vieux !

Homo homini lupus, Kulchur

Tiger Team

tiger-team.jpg
L’histoire d’une équipe civile payée pour tester, par tous les moyens non violents, les systèmes de sécurité, voilà une série qui semble excellente, mais…
(Lire la suite…)

Un commentaire pour “ Tiger Team

Le coffre à Picsou, Politique

Fichage pour tous ?

Il y a quelques jours, sur le site du magazine du MIT, on pouvait lire ceci :

Imaginez un monde où sécurité rime avec surveillance, où le contrôle des conduites se substitue au contrôle d’identité. Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a tiré la sonnette d’alarme à propos de la banalisation de la biométrie. Dans un avis intitulé « Biométrie, données identifiantes et droits de l’homme », il pointe les risques et les dérives que peuvent engendrer l’usage de systèmes biométriques.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ces dérives ne sont pas nécessairement celles de gens mal intentionnés (ni même trop bien intentionnés, d’ailleurs), mais celles inhérentes à ces technologies. Plus les données sont massives, plus les chances qu’elles entrent en résonnance et s’éclairent les unes les autres, sans même qu’il y ait volonté de le faire, est grande. Quiconque a travaillé sur des bases de données sait bien que de leur structure même, jaillissent des questions auxquelles on n’aurait pas songé ; quand ce ne sont pas des idées nouvelles qui s’imposent d’elles-mêmes sans qu’on n’y puisse rien.

C’est un problème d’autant plus grave que la peur et les solutions sécuritaires semblent devenir la norme de sociétés occidentales de plus en plus pusillanimes, pour ne pas dire lâches. L’espoir d’un hypothétique risque zéro pourrait entraîner mécaniquement l’utilisation perverse des données recueillies aujourd’hui, à chaque fois, sous de bons prétextes.

Source : TechnologyReview.fr.

Pas de commentaire pour “ Fichage pour tous ?