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Ellroy n’a pas la langue dans sa poche

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Kiss Me Deadly

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Chroniques, Musique, SdxJzz

Dolores par Bohren und Der Club of Gore

Une rue abandonnée de Los Angeles, au petit matin alors que le ciel est orangé, entre pollution et fantasmagorie. Une femme perdue dans la cité tentaculaire, de la violence, de la luxure, du désespoir et la mort au bout du chemin. Voilà comment peut être résumé la musique de Bohren und Der Club of Gore. Alliance incestueuse entre le jazz et le doom, ce club est fait de basse, de piano électrique, d’images de femmes fatales, de films noirs. Dolores, encore une fois sortie chez IPECAC, fait montre du même souci d’exactitude et de raideur cadavérique du groupe allemand que ses précédents opus. Point ici de rythme, ou de mélodie, tout le disque n’est qu’une descente en enfer, un enfer jazzy, feutré, fait de rideaux rouges, de nain qui danse et de belle blonde perdue dans les ténèbres et la confusion. Car oui, c’est du coté du cinéma qu’il faut chercher les influences de Bohren und Der Club of Gore. David Lynch, Otto Preminger, Sunset Boulevard, tout cet univers noir, meurtrier, lancinant et mélancolique donne aux différents disques de la formation sa tonalité désespérée. Éloge de la lenteur, du crime et de la fumée cigarette, Dolores est un disque douloureux, passionnant, profond et fantastique.

Encore une bande originale pour le film que vous avez dans la tête. Un film noir, bien entendu.

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Dolores, Bohren und Der Club of Gore, IPECAC, 2008.

Le site officiel de Bohren und Der Club of Gore.

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Chroniques, Le coffre à Picsou

The pusher ou le crime comme activité économique

La remarquable série danoise The pusher nous rappelle que la délinquance est une activité économique comme les autres, et comme telle a un coût d’opportunité.

Point de tourment métaphysique chez les protagonistes, pas de châtiment ni de remords : le seul problème avec le meurtre, sous-produit de l’activité principale du deal de drogues, est qu’il génère des cadavres bien encombrants, et l’obligation de nettoyer les lieux souillés.

Comme nous sommes en Scandinavie pas de gunfights, mais une utilisation déviante d’objets du quotidien permet de se débarrasser du concurrent encombrant : on voit bien ici que l’interdiction de la vente d’armes à feu permet de mettre fin à la violence… au vu de la série, il est étonnant que les outils de bricolage soient encore en vente libre en Scandinavie, et qu’une députée socdem avisée n’ait pas déjà obtenu la prohibition totale des marteaux et autres scies.


Devant la banalisation du mal, le spectacle de la violence extrême infligée en quasi-impunité, il est permis de se demander si loin de toute moraline un accroissement du coût d’opportunité de nos entrepreneurs du crime soit en amont par un durcissement marqué des châtiments prévus par le Code pénal, soit en aval par une meilleure répression fiscale de ces enrichissements sans cause ne serait pas justifié.

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Chroniques

Le dernier baiser, p. 123

Un immense écrivain est mort. Dans le bruit assourdissant de la crise, en silence, James Crumley s’est éteint. Le 17 septembre, à l’hôpital de Missoula, il avait 68 ans.
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Le vieux camé alcoolo au visage buriné a inscrit son nom à l’encre noire aux côtés des géants du Montana : James Lee Burke, Brautigan, Jim Harrison, Carver… Avant de porter des chemises à fleur et une barbe de bucheron, Crumley récoltait le coton au Texas dès l’âge de douze ans. Il s’engage dans l’armée de 1958 à 1961. Il en tirera son premier roman Un pour marquer la cadence en 1969, l’un des plus beaux romans inspirés de la guerre du Vietnam.

Viennent alors Milo Milodragovitch et C. W. Sughrue, les deux privés qu’il va trimballer toute son œuvre, une douzaine de romans et nouvelles aux titres alléchants : Le canard siffleur mexicain, Le bandit mexicain et le cochon, La danse de l’ours, Les serpents de la frontière… Mon favori, Sughrue, est un pur produit des profondeurs du Montana. Vétéran déglingué sous influence, trop bon pour être flic, il traîne sa poisse dans des affaires qui finissent trop souvent par le dépasser. La première phrase de sa première aventure Le dernier baiser plante le décor :

« Quand j’ai finalement rattrapé Abraham Trahearne, il était en train de boire des bières avec un bouledogue alcoolique nommé Fireball Roberts dans une taverne mal en point juste à la sortie de Sonoma, en Californie du Nord; en train de vider le coeur d’une superbe journée de printemps. »

Quant à la 5ème phrase de la 123ème page, la voici :

« J’ai rempli nos verres et Trahearne a levé le sien dans un rayon de soleil faiblard qui se faufilait entre les feuilles d’un eucalyptus. Il a regardé les bulles monter comme des bijoux flottants.

— C’est drôle, il a fait.

— Quoi ?

Et c’est là qu’il m’a raconté son histoire sur les femmes nues et le soleil. Et aussi qu’il était bâtard. »

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Kulchur

HBO s’occupe du cas Ellroy

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Rien ne semble arrêter HBO dans son ambition effrénée de lancer de nouveaux projets. La chaîne va cette fois s’attaquer à la trilogie Underworld USA de James Ellroy en lançant l’adaptation des deux premiers romans de cette trilogie, American Tabloid et The Cold Six Thousand (traduit par American Death Trip chez nous).

OMG…

Encore un truc qui ne pourra jamais passer en France.

En tout cas, adapter Ellroy, surtout cette trilogie, voilà qui risque de ne n’être évident ni très politiquement correct étant donné la personnalité des « héros »…

Source : DVDrama.

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