Archive de prothèse
Vous explorez les archives pour prothèse.
Vous explorez les archives pour prothèse.

Vous vous souvenez peut-être du documentaire de NationalGeographic consacré aux Arts martiaux ? Une équipe de scientifiques, bien dotés en capteurs, passaient au crible différentes disciplines martiales.
Ils ont récidivé, et cette fois-ci avec le MMA, Mixed Martial Arts.
Des résultats… Etonnants. A tel point qu’un des scientifiques étudiant les capacités de Randy « The Natural » Couture s’exclame :
Vous n’êtes pas humain !
Et les combattants de MMA risquent de le devenir de moins en moins.
Je ne parle pas que des prises de produits dopants. Je ne parle pas non plus de prothèses, comme celle qui équipe Barry Bonds.
Ce qui tend peut-être à apparaître, ce sont de véritables interventions chirurgicales ayant pour but non de soigner, mais d’améliorer l’efficacité au combat. C’est le thème d’un article de Courrier international intitulé « La chirurgie fait durer le combat » :
L’été dernier, Davis a donc contacté un chirurgien plasticien de Las Vegas pour qu’il lui renforce les arcades. Frank Stile, le chirurgien, a curé l’os autour des orbites, retiré le tissu cicatriciel présent autour des yeux pour le remplacer par du collagène issu de cultures cellulaires. Maintenant, quand Davis recevra un coup au visage, il risquera moins de saigner… du moins en théorie.

Nous ne sommes qu’au début de notre aventure, disait, en substance et avec fierté, l’UFC (la principale organisation de combats de MMA) lors de la commémoration de son centième évènement.
Blessée durant les attentats de Londres en 2005, Kira Mason vient de faire faire un bond en avant à la science, et se voit ainsi propulsée dans le futur des prothèses médicales. Amputée d’un bras, elle vient de subir la pause d’un membre artificiel bionique de toute nouvelle génération. La partie mécanique de son nouveau bras gauche fait véritablement corps avec la partie organique de son anatomie. Un tige métalique est directement implantée dans son os, et sa peau et sa chaire adhérent sans problème ni rejet au membre cybernétique. Basé sur ce que la nature fait depuis la nuit des temps pour les bois des cervidés, les chirurgiens plastiques ont réussi cette exploit afin de redonner une vie normale à cette femme, qui était tellement blessé lors des attentats qu’il a fallu recourir à ses empreintes dentaires pour l’identifier. Elle qualifie son nouveau bras de « fabuleux ».
Le bras est entièrement articulé, une batterie fournissant l’énergie nécessaire à la prothèse pour se plier, bouger les doigts et donc tenir des objets. Kira Mason a retrouvé une vie normale. Une vie normale du futur.
Source : BBC News.
Tanya Vlach a perdu son œil gauche dans un accident de voiture. Artiste pluridisciplinaire de la région de San Francisco, où sa famille est installée depuis cinq générations, elle a fait de son malheur une œuvre d’art et le sujet d’une réflexion sur l’hybridation de l’homme et de la machine.
Féministe, proche des idées de Donna Haraway (l’auteur du célèbre Manifeste cyborg), elle voit dans le devenir cyborg de l’homme — ou plutôt de la femme — un espoir de libération. Non seulement la réparation des atteintes, mais aussi l’amélioration.
Elle a remplacé l’œil qu’elle a perdu par une banale prothèse, maintenant, elle veut y mettre une caméra (un peu comme l’héroïne du déplorable Doomsday).
L’idée de base du cyberpunk était que les machines et les hommes allait se connecter. Que des hommes auraient des membres robotiques, des puces implantées boostant leur performance, des cartouches fichées dans la nuque pour parler le chinois, connaître — au boulon près — la structure d’un sous-marin nucléaire ou, simplement lui permettre de ressentir des sensations inédites.
C’était aussi l’idée que par ces interfaces, l’homme pourrait évoluer dans un monde purement virtuel et agir dans la mémoire des ordinateurs comme un personnage de jeu de rôle dans un labyrinthe lors d’une partie d’AD&D…
Nous sommes bien loin de tout cela et même temps si proche. Dans un récent article de Discover, on nous expose l’état d’avancement des travaux de Philip Kennedy de Neural Signals :
Johnny Ray, décédé il y a six ans, a été le patient de Kennedy, son sujet de recherche, et le premier cyborg de l’humain, muni d’implants cérébraux qui lui permettaient de communiquer directement avec un ordinateur.
Kennedy est le directeur scientifique de Neural Signals, une entreprise qu’il a fondée en 1987 pour développer une Interface Cerveau-Ordinateur, ou BCI [Brain-Computer Interface], mais il préfère le terme de « prothèses neurales. »
Quel que soit leur nom, les dispositifs créés par Kennedy et quelques autres parviennent à décoder les intentions consciente transmises par les signaux neuronaux. Pour ceux qui ont perdu une jambe ou dont la colonne vertébrale est brisée, ces signaux peuvent contrôler un ordinateur, un fauteuil roulant ou des jambes prosthétiques. Ceux qui souffrent de « locked-in syndrome« , ceux dont le corps est immobilisé par des troubles catastrophiques comme la sclérose latérale amyotrophique (SLA [maladie de Charcot]) ou des accidents vasculaires cérébraux et qui sont incapables de parler ou de communiquer leurs besoins, ces dispositifs peuvent traduire les signaux neuronaux afin d’épeler des mots sur l’écran d’un ordinateur. Le langage parlé par l’intermédiaire d’un synthétiseur vocal sera bientôt disponible.
Bien que son travail actuel vise les personnes les plus gravement handicapées et coupées du monde, Kennedy estime que les prothèses neurales peuvent avoir, aussi, des applications pour les bien-portants. En fait, il s’attend une nouvelle étape technologique de l’évolution qui ferait des cyborgs une branche de l’arbre de la famille humaine.
»En nous connectant étroitement avec les ordinateurs, nous mènerons le cerveau humain à un nouveau niveau », dit-il. « Si nous pouvons offrir au cerveau un accès rapide à une mémoire illimitée, à une capacité de calcul illimitée, et une capacité de communication sans fil instantanée, nous allons produire un être humain avec une intelligence fantastique. Nous fondons de grands espoirs sur la démonstration d’un tel lien entre le cerveau et la machine »
On voit très bien dans ce texte le passage qui va de la volonté de ramener l’homme frappé d’infirmité à la normalité, jusqu’à celle d’améliorer l’homme normal (le cas d’Oscar Pistorius faisant, en quelque sorte, l’intermédiaire, puisqu’en voulant le rendre simplement normal de handicapé qu’il était, on l’a rendu supérieur sous certains aspects).
Source : Discover.