Archive de Norvège
Vous explorez les archives pour Norvège.
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Il y a, selon l’Unesco, environ trois millions d’épaves dans l’eau. Un chiffre considérable, qui doit aussi bien comptabiliser le sloop que le cuirassé. Moins d’un millier de ces épaves valent les moyens nécessaires à la découverte et à l’extraction des richesses contenues dans leurs entrailles. Particulièrement quand les épaves ont la mauvaise idée de se situer à plusieurs kilomètres de profondeur.
Mais on peut rechercher et explorer une épave pour beaucoup d’autres raisons qu’un hypothétique trésor. Les plongées sur le Titanic en sont un excellent exemple.
Quand ce dernier sombra en 1912, plusieurs navires acquirent une certaine célébrité. Soit parce qu’ils s’étaient portés au secours des malheureux, tel le Carpathia. Soit parce que leur comportement a suscité des interrogations, comme pour le SS California. Ou encore le SS Mount-Temple. Ce bâtiment, de 8790 tonneaux de jauge brute, eut par la suite le douteux honneur d’apparaître une seconde fois sur les radars de l’Histoire en tant que victime d’un des célèbres croiseurs auxiliaires du Kaiser, le SMS Möwe. Il fut capturé et coulé dans l’Atlantique en 1916. Les Allemands étant des gens rigoureux, ils notèrent les coordonnées du drame.
Ce qui n’a pas manqué de susciter la curiosité d’un « Canadian fossil preparation technician », Darren Tanke. Qui semble fasciné par la cargaison du Mount-Temple. A savoir des ossements de dinosaures qui devaient être acheminés au British Museum’s Natural History Department lors du dernier voyage du cargo. Le technicien est persuadé de parvenir à retrouver l’épave grace aux indications allemandes et à récupérer les os.
Reste à réunir les fonds. Si la légende du bâtiment coulé, l’apport historique ou la perspective de documentaires fabuleux peuvent justifier les investissements pour des plongées sur les Titanic, Yamato ou Bismarck, voire pour des renflouages comme dans le cas du CSS Hunley ou du Vasa, il en va différemment dans le cas de fossiles gisant à 4000 mètres de profondeur.
Une autre incitation commence à aiguillonner les bailleurs de fonds vers les fonds marins – et les épaves qui s’y trouvent. La préoccupation environnementale. British Petroleum en fait les frais avec ses tuyaux percés actuellement. Mais le gouvernement norvégien pourrait lui aussi goûter aux délices de la chasse aux épaves pour raisons écologiques cette année.
En 1945, un U-Boat Type IX, le U-864, quitte la Norvège pour le Japon. A son bord, de l’équipement militaire – et 67 tonnes de mercure. A l’affût, le HMS Venturer. Le sous-marin britannique parvient à torpiller le bâtiment allemand alors que les deux sous-marins sont en plongée. C’est le seul cas (officiel) de torpillage d’un sous-marin par un autre en plongée. Le U-864 est littéralement coupé en trois morceaux par la torpille britannique.
Problème : les 1857 containers de mercure contenus dans l’épave allemande se dégradent. A tel point que, 60 ans plus tard, pour éviter un très grave problème environnemental, le gouvernement norvégien est obligé de prendre des mesures. Dans un premier temps, la récupération de l’épave est considérée comme trop dangereuse, tant en raison de l’état de dégradation des containers à mercure qu’à cause du danger représenté par les torpilles allemandes. Il est envisagé d’ensevelir l’épave.
Jusqu’à ce que la société Mammoet Salvage BV, qui avait renfloué le Koursk, affirme être capable de récupérer la portion de l’épave mise en cause en toute sécurité. Les négociations seraient en cours. Le U-864 pourrait être renfloué dans l’année. Peut-être le morceau sera-t-il transformé en musée ? Ce serait le troisème U-Boat Type IX à finir ainsi, après le U-505 et le U-534.
Les plongées ou renflouages « écologiques » pourraient peut-être être amenés à se multiplier. Après tout, même l’épave de l’USS Arizona continue à fuir et du carburant pourrait également résider en grandes quantités dans l’épave du HMS Royal Oak. A l’inverse, l’immersion calculée de vieux navires est parfois pratiquée pour offrir aux faunes et flores aquatiques des récifs artificiels, et pour développer la plongée sous-marine.
Peut-être qu’une plus grande maîtrise des plus ou moins hautes profondeurs pourrait en résulter, avec des résultats intéressants sur le long terme.