Archive de Nancy Pelosi
Vous explorez les archives pour Nancy Pelosi.
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La France fut un des rares pays dans lequel l’eugénisme n’a jamais vraiment pris. C’est sans doute son catholicisme qui la protégea quand, au coeur des années 30, les théories eugéniques atteignirent leur zénith. Aux Etats-Unis, en Scandinavie et en Allemagne, elles allaient avoir les conséquences que l’on sait.
Du catholicisme et de son emprise sur la société, aujourd’hui, il n’en reste plus grand chose. Par contre, l’Etat est adoré de la population. « Aide-toi et l’Etat t’aidera ! », osait fièrement un Jean-Noël Jeanneney. Le phénomène n’est pas près de s’inverser, au contraire, crise oblige.

Aux Etats-Unis, la crise est l’occasion pour l’Etat d’accroitre son influence. Et la domination démocrate se fait sentir dans le domaine de la Santé avec le Health Care Bill (HCB). C’est un premier pas possible vers une étatisation de la Santé. Parmi les opposants au projet, Sarah Palin. La belle s’est lancée dans une critique sévère du projet démocrate, allant jusqu’à évoquer avec sa délicatesse coutumière des « tribunaux de la mort ». Réplique immédiate des défenseurs du HCB : on n’en trouve pas trace dans leurs projets. Soit. Mais quand les Anglais goûtèrent aux délices du Welfare state dans les années 40, peu d’entre eux s’imaginaient que, 60 ans plus tard, le gouvernement ficherait les parents qui ne donnent pas cinq fruits et légumes par jour à leurs enfants. Ou que l’on utiliserait des détecteurs de mensonges pour déterminer si untel ne ment pas quand il dit avoir besoin d’aides sociales.

SDX avait déjà abordé ici et là la problématique de l’eugénisme et du Welfare state. Il en ressortait la volonté d’adapter non pas les services sociaux à l’humain, mais l’humain aux services sociaux. C’était une des interprétations possibles de la sortie de Pelosi. Si la firme privée n’a a priori qu’une ambition, celle d’être rentable et de servir le client, l’Etat, lui, peut nourrir d’autres desseins*. Comme le métissage. Et ce n’est surement pas le catholicisme qui empècherait les Etats-Unis de revenir à leurs vieux démons eugénistes.

Un second écueil affleure sur la route du navire Amérique. La nomination comme « Tsar de la science » – conseiller scientifique du président-, de John Holdren. L’homme avait participé à un ouvrage d’anticipation écologique dans les années 70, dans lequel était préconisée une série de mesures assez radicales :
-Avortements forcés
-Stérilisations massives
-Dislocation des familles et partage des enfants
-Stérilisations des indésirables…
Le tout sympathiquement chapeauté par une police armée internationale.
En d’autres termes, la rencontre de l’eugénisme, du malthusianisme et d’une certaine écologie dans le coeur d’un ingénieur social américain.

C’est peut-être tout ceci qui est en jeu dans la bataille du HCB. Il y a, c’est indéniable, des dizaines de millions d’Américains qui souffrent. Mais faire appel à l’Etat pour résoudre le problème, c’est lui donner un pouvoir immense. Un pouvoir bien plus important que celui que possédait les guerriers ou les despotes. L’Etat va grossir, les difficultés qu’il est censé régler (troubles climatiques, demandes d’aides sociales et de soins…) vont se cumuler, s’entremêler et se renforcer. Tel un navire à l’inertie gigantesque, il va foncer toujours plus avant, décennies après décennies, vers des écueils qui, loin de n’être que des vues de l’esprit, affleurent déjà devant lui. Et par copiage mal compris, la France va s’empresser d’importer les solutions américaines. Il y a fort à parier que le catholicisme ne sera sans doute pas, le cas échéant, en mesure de faire barrage**.
* Il ne faut pas faire l’impasse sur l’existence de fondations privées promouvant l’eugénisme, telle la Fondation Rockefeller. Ou sur les sectes. Il y aura un eugénisme privé.
**Le fait que la Sécurité Sociale, d’après ce site, se soit portée partie civile lors du procès Perruche est très intéressant.
Le 25 janvier dernier, sur ABC, lors d’une interview donnée à George Stephanopoulos d’ABC News par Nancy Pelosi, on a pu entendre l’échange suivant :
Stephanopoulos : Plusieurs centaines de millions de dollars pour développer les services du planning familial. En quoi est-ce un stimulus [pour l’économie — elle défend l’interventionisme d’Obama] ?
Pelosi : Eh bien, les services du planning familial doivent réduire leurs coûts. Ils réduisent les coûts. Les États sont dans une terrible crise budgétaire maintenant et une partie de ce que nous faisons pour la santé des enfants, l’éducation et de certains de ces éléments est d’aider les Etats à répondre de leurs besoins financiers. Une d’entre elles — l’une des initiatives que vous avez mentionnées — la contraception, réduira les coûts pour les États et le gouvernement fédéral.
Stephanopoulos : Donc pas des excuses pour cela?
Pelosi : Pas d’excuses. Non, nous avons à faire face aux conséquences du ralentissement de notre économie.
Nancy Pelosi, l’une des personnalités les plus importantes du parti démocrate et Speaker de la Chambre des représentants — ce n’est pas rien — fait donc directement le lien qu’avaient fait, avant elle, tant de tenants du Welfare State à savoir que l’Etat a un droit de regard sur tout ce qu’il paie et s’il paie l’éducation ou les soins apportés aux enfants, alors, il a son mot à dire qui doit avoir des enfants.
Je ne m’attarderai pas plus longtemps sur cette nouvelle puisqu’elle n’est, pour les lecteurs de SDX, tout sauf une nouvelle. Je renvoie les lecteurs à mes messages quasi prophétiques (je m’envoie des roses, personne ne le fera pour moi
) à propos de certains passages du Gène égoïste de Richard Dawkins ou des propositions d’un élu de Louisiane, John LaBruzzo ou encore, au tout début de SDX, à propos du débat entre Melanie McDonaghon et Randall Parker (ici et là).
D’ailleurs, à propos de prophétique, quand je disais que la présidence d’Obama allait être un étrange cargo pour ceux qui l’attendaient…