Archive de MMA
Vous explorez les archives pour MMA.
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La domination du Cyborg continue. Cette fois, c’est la grande et belle Marloes Coenen, vétérante du MMA, qui s’est faite détruire, en trois rounds, par la reine du MMA féminin. Le combat a eu lieu le 30 janvier lors du Strikeforce : Miami.
Marloes, moins pétrifiée que Gina Carano en son temps, a opposé une belle résistance et déployé – en vain – tout son panel technique.
La haltière Néerlandaise, très grande grappleuse, strikeuse extrêmement rapide, a révélé chez l’impressionnante Brésilienne une capacité jusqu’alors inconnue. La Cyborg semble être une bonne encaisseuse. La Mark Hunt (combattant réputé pour sa surhumaine capacité à encaisser les coups sans tomber KO) féminine ? La perspective est effrayante, pour ses adversaires potentielles : elle est indestructible.
Les adversaires potentielles, justement, qui sont elles ? Gina Carano vaincue & vaquant à sa carrière cinématographique, Coenen détruite, qui reste-t-il ?
Mégumi Fujii est meilleure, techniquement, que la Cyborg. Elle est considérée comme la meilleure combattante P4P au monde.
P4P ? Pound for pound. Un excellent combattant de 50 kg se ferait sans doute pulvériser par un combattant médiocre de 120 kg. Pour déterminer qui est le meilleur combattant, ou la meilleure combattante, et comme on ne peut raisonnablement tous les faire s’affronter à cause de leurs différences de poids, on réalise une égalisation de poids imaginaire.
Donc, P4P, la meilleure combattante au monde, très technique, au palmarès impressionnant, c’est la japonaise Mégumi Fujii. Trop légère pour affronter la Cyborg. Il en va de même pour bon nombre de combattantes pesant aux alentours de 50 kg. Cyborg (64 à 74 kg) est tout simplement trop puissante.
A l’heure actuelle, deux adversaires crédibles pour la Cyborg viennent à l’esprit.
Erin Toughill, au physique évoquant un croisement entre Carano et Cyborg. Très bonne boxeuse, redoutée, redoutable, et pas le genre à être intimidée par la Cyborg.
Et Cindy Dandois. La judoka belge n’a qu’un combat à son actif en MMA. Une victoire, mais contre Marloes Coenen, la vétérante. Plus expérimentée, la Belge pourrait surclasser Cyborg dans le combat au sol.
Hors combattantes MMA, il aurait été intéressant de voir Lucia Rijker ou Laila Ali, entraînées en MMA, le temps d’un combat contre la strikeuse sud-américaine.
Prochain combat, sans doute Erin Toughill vs Cris Cyborg. Ca promet d’être saignant.
« Mais qu’est ce qu’ils ont contre les pneus ? « , s’était étonné un de mes proches en voyant un entrainement de MMA où une combattante tapait dans un pneu avec une masse. L’un des exercices type du MMA.
Le Japon vient de créer un nouveau type de combats.
Là, ce ne sont pas les pneus qui subissent, mais un autre artefact de nos civilisations machinisées, skycraperisées et sur-urbanisées. Le néon.
Corps ensanglantés, lacérés, intoxiqués, bêtes féroces évoquant ces films dans lesquels un barbare des temps antiques, magie du voyage dans le temps, apparaît à notre époque et entreprend de détruire tout ce qui se trouve sur son passage.

Le MMA est un sport, le sport du XXIème siècle, là où le combat de néons est une attraction douteuse, une caricature débile, une imitation dégénérée. Mais ils se rejoignent sur quelques points. Notamment le corps qui souffre, qui transpire et qui saigne. Dans un monde qui définit la Santé comme étant le bien-être, ils prônent la douleur, la souffrance, la rudesse. Dans des sociétés qui ont pris soin d’évacuer la violence, ils la revendiquent pour mieux la dompter. Dans des civilisations qui ont effacé de l’esprit des hommes les notions d’âpreté , de victoire ou de respect, ils les réintroduisent et les métabolisent. Dans des pays qui promeuvent l’aseptie, leurs pratiquants se roulent dans le sang.

Les propos de Dantec résonnent encore :
C’était comme un “underworld” qui émergeait à la surface du monde prétendûment “civilisé”, tel un tsunami, au milieu d’arénas de 50,000 personnes, au Japon. C’était le 21e siècle, dans toute sa splendeur paradoxale. C’était le retour de l’Âge des Héros au coeur du monde du titane et du silicium.
Ou ceux de David Kersan :
C’est paradoxalement de notre époque hypercool que jaillira une centaine d’autographes de foudre. Une centaine de noms gravés sur un ring sous des pluies de sueur, d’honneur et d’hémoglobine. D’Est en Ouest, du Nord au Sud, une centaine d’hommes dériveront de tous les horizons martiaux pour défendre une certaine idée de l’homme, de l’idée selon laquelle, pour reprendre Alain Finkielkraut, l’homme est une tâche à accomplir. Par le travail, par la sueur, par l’obstination, par l’acceptation de livrer son coeur et son âme au déluge de l’adversité. Dans la cage du MMA flotte l’atmosphère de ceux qui un jour, après des milliers d’heures de sacrifices, ont décidé, pour quelques minutes ou quelques centaines d’heures, de totalement s’abandonner.
Une centaine d’étoiles du Mixed Martial Art (MMA) comme nouvelle galaxie de l’univers martial global. Une centaine d’hommes libres qui ont décidé de devenir créateurs, de livrer leur avenir aux rapides du Réel, de le considérer comme une condition incarnée, un espace-temps où l’on doit faire ses preuves, où l’on doit se dépasser, par l’imperméabilité de leur âme aux tentations, aux revendications, par le respect et l’éclosion de leur corps et leur désir de s’accomplir en acceptant cette adversité panoramique, celle qui peut en une seconde, mettre fin à leur carrière.
Ces hommes ne demandent pas le retrait du réel. Ces hommes ont décidé d’incarner le réel, de l’habiter par l’état maximal de la puissance humaine, de devenir débiteur et créancier de leur propre effort, de leur propre sort, celui de devenir un vrai homme. En langage informatique, le MMA déployé à l’UFC ou au Pride par exemple, deviendrait peu à peu une sorte de nouveau système d’exploitation, sorte de Windows des valeurs en perdition dans le code source d’une société sans hommes, night-clubbeuse, ectoplasmique et revendicative où le sentimentalisme, la compassion coupable et l’amour du roller seraient les qualités les plus valorisées socialement, à l’inverse de la virilité, du sens de l’honneur, du courage qui deviennent l’apanage des « idiots », des « naïfs », voire des « primitifs ».
Du Pride à L’Ultimate Fighting Championship, du Cage Warriors au K-1 World Max, le MMA apparaît de plus en plus comme l’une des ultimes forteresses où l’homme s’écrit miraculeusement dans la trajectoire du courage, de la loyauté, de l’abnégation et de la force, dans le mystère de l’adversité, du rôle majeur qu’elle joue dans nos vies. Les valeurs portées par le MMA seraient ainsi une sorte d’anti-virus au nihilisme viral de notre modernité d’Esclaves.
Le sport d’un monde en crise ?

Mirko « Cro cop » Filipović prendrait sa retraite. C’est le bruit qui court. Il faut reconnaître que ses derniers combats n’ont pas été des plus brillants. Et qu’il commence, à 35 ans, à accuser le poids des années. Il n’en a pas toujours été ainsi.
Jeune, le Croate grandit dans une Yougoslavie en plein déchirement. Sa famille en pâtira indirectement ; son père, serbe, meurt d’un cancer, après avoir perdu son travail en raison de ses origines. Le jeune Mirko se lance dans les sports de combats, et développe un farouche attachement à sa terre natale. Deux traits qui guideront sa vie.
Très tôt, il met au point ce qui fera sa légende : son left high kick, LHK, « coup haut de la jambe gauche « . Furtivité du départ du coup, vitesse élevée, souplesse extrême et très grande puissance, travaillées pendant des heures à l’entraînement.
Parallèlement au sport, Mirko devient officier à l’ATJ Lučko, les forces spéciales antiterroristes de la police croate. En 1996, il débute une carrière de kickboxeur professionnel. Le marmoréen frappeur se fait un nom au K-1, compétition de combats pieds-poings japonaise. Où il se taille une solide réputation. Puis il enchaîne au Pride, la principale organisation de combats de MMA japonaise.
C’est ce que l’on pourrait appeler un striker pur. Son style de combat, c’est la frappe. Alors qu’au MMA une bonne part des combats se finissent au sol, Cro cop, Croatian Cop, le flic croate, suit une voie différente. Il mise sur sa science du combat debout. Il est extrêmement difficile à mettre au sol. Et son LHK fait merveille. Il sèche de nombreux opposants, jusqu’à se hisser parmi les trois meilleurs mondiaux. Il est prudent, frappe, s’éloigne, tourne autour de sa cible jusqu’au coup de jambe terrifiant. L’adversaire affaibli, celui que l’on surnommait le Tigre à ses débuts se rue sur sa proie et l’achève.
Une recette qui ne fonctionnera pas face à ses deux plus grands adversaires, les premier et deuxième du podium mondial du MMA heavyweight : Fedor « The last Emperor » Emelianenko et Antonio « Minotauro » Nogueira. Les combats des trois poids-lourds compteront parmi les plus grands et plus beaux combats de MMA. Cro cop a été l’adversaire le plus coriace que Fedor ait affronté, c’est l’un des rares combattants à être allé au bout des trois rounds face au Tsar du MMA.
Quel combat te demande le plus de temps d’entrainement ?
- La préparation pour chaque combat me prend environ 2 mois. A part pour Mirko Crocop, j’ai pris plus de temps. Je suis allé en Hollande pour étudier la boxe Thai. Pour ce combat, j’avais besoin de devenir un combattant plus universel dans un court laps de temps.
Mirko méritait vraiment une approche spéciale ?
- Définitivement ! Ce combattant était 2ème ou 3ème dans les classements mondiaux, et est apparu dans les finales du K1 GP.
Quelles sont ses forces ?
- Il peut marteler avec son kick gauche si fort que n’importe quel adversaire sera mis immédiatement ko. Sa boxe est aussi très bonne, et il se déplace très bien sur le ring. Mais le plus important était de trouver un antidote face à ses kicks.
Donc tu as appris la boxe Thai. As-tu étudié un autre art martial ?
- La boxe classique. Tous les autres je les ai appris avant le combat contre Mirko.
Interview de Fedor Emelianenko
Cro cop n’est-il qu’un bas du front, une bête féroce qui frappe des sacs huit heures par jour ? On peut penser la même chose de nombreux sportifs. Le quotidien d’un nageur olympique, c’est se gaver de glucides et faire des longueurs en comptant les pavés du fond de la piscine. Une vie assez restreinte et intellectuellement peu stimulante. Il n’en va pas de même avec Cro cop. L’homme est malin. Il s’est construit, très tôt, une apparence. Un personnage. A première vue, il est glacial. On dit de lui que quand il entre dans une pièce, l’atmosphère refroidit. Un effet voulu et recherché, selon cette interview pour le Playboy croate, qu’on ne lit que pour les articles.
PLAYBOY: What is more important to you – to look good, or dangerous?
CC: Dangerous! A man is dangerous or not if we look at his fighting abillity. Look of a person contibutes to that. You don’t feel the same if you’re going agains a block of muscels or a some soft guy. My metabolism and my body are like that that I don’t do anything in my trainings with a purpose to make my muscles bigger and to look better in front of the crowd. To train for MMA or K-1 is the most demanding training regime. You have to employ ALL muscles of your body on the most extreme way. You work on your neck, abs, legs…everything. Wrestling, sparring, working out in the gym. Your every muscle is working and that is why all the best fighter in the world are built good. Look at Nog and Silva. They are beasts, real animals.
PLAYBOY: Do you have the impression that regular people fear you?
CC: I didn’t notice that, there is no reason for that. Ecspecialy if you’re my friend. I have 5-6 friend with whom I hang out every day and they know I’m a big joker. People feel respect for me, just like towards any big sports man. But this is something special. It’s not the same to be amont the best in this sport and soccer. They play around with the ball, and I’m fighting for my life, and that is in every man’s subconscius, in his genes. People have always fought among themself and so long people exist there will be fights and wars. That’s just another dimension, and from that point of view people respect me. They see me as some kind of gladiator cause MMA is the most extreme sport in the world.
Et si le Tigre feint de s’en plaindre, en réalité, il adore en jouer. C’est un malheureux commentateur qui en fera les frais.
Les commentateurs, Cro cop les affronte aussi lors d’une émission en Croatie. L’animateur a l’indélicatesse d’insulter Minotauro peu après sa victoire sur le plus célèbre combattant croate. La réplique du vaincu est cinglante, dévastatrice.
N’importe qui d’autre se serait sans doute attiré les foudres des journalistes. Pas Cro cop. Et il démontre également une certaine maîtrise de l’art oratoire. Ses piques sont calculées, son discours est construit. Il en dose tout les éléments. Peu d’hommes pourraient en dire autant. Cro cop savait s’adresser à ses adversaires par média interposés, il mettra cet art au service d’un projet politique.
Celui que l’on aurait pu penser d’extrême-droite au vu de certaines de ses déclarations, oeuvre en candidat indépendant auprès du parti social-démocrate croate. Sous la cuirasse du Terminator des rings, perce le politicien rusé. Ne pouvant concilier politique et sport, le Croate stoppe ses activités parlementaires pour se concentrer sur le MMA. Le Pride disparu, le Tigre se reconvertit plus ou moins définitivement dans la principale organisation de combats de MMA, l’UFC. Comme pour beaucoup d’anciens du Pride, le bilan du passage est mitigé.
L’âge, des règles différentes, une cage au lieu d’un ring, des adversaires plus jeunes, autant d’éléments qui perturbent l’ancien du Pride. La recette crocopéenne commence à être connue, l’antidote au LHK s’est répandu. Et Cro cop n’a peut-être plus les capacités d’adaptation requises.
La versatilité, dans l’acception anglo-saxonne du terme, c’est le maître mot du MMA. Ce sport évolue à très grande vitesse. Les champions d’il y a quinze ans sont aujourd’hui totalement dépassés. Royce Gracie en personne, le héros des premières compétitions, a subi une lourde défaite lors d’un come-back face à Matt Hugues. On peut déjà discerner, en une quinzaine d’années, plusieurs générations de fighters. L’avenir est-il fait de combattants extrêmement techniques, tels Cung Le, ou de forces de la nature, de mutants indépassables et dominateurs comme Brock Lesnar ou Cris Cyborg ? Sans doute un mélange des deux.
Cro Cop est surclassé par les nouveaux arrivants. Ce décalage, il l’intériorisera dans sa chair lors de la pire défaite de sa carrière. Un KO monumental, par high-kick, justement, face à Gonzaga. Depuis l’évènement, le Tigre n’est plus que l’ombre de lui-même. Si son corps répond encore, il n’a plus la foi, la soif de vaincre. Cela se sent, et Cro cop le confirme dans ses déclarations.
I’ve been living a military life for 20 years now. Getting up at 6 am and having physically challenging task up to 8pm. I want a normal life. I’m entering a cage and thinking about fishing in Privlaka. You can’t win that way.
Un moral chancelant, c’est le point faible du Croate. Le combattant est aisément ébranlable. Il a déjà connu la démoralisation, les passages à vide. Le contraste avec l’allure de statue soviétique qu’il arbore sur les rings est saisissant.
Mais il a une vie hors des cages. Il a si bien construit son image qu’il s’est vu accorder le rôle principal dans un petit film d’action, le très médiocre Ultimate force.

L’arrivée des combattants de MMA dans le cinéma ou la série TV n’est pas nouvelle. Randy Couture, Gina Carano, Cung Le, Tito Ortiz, Don Frye… ont déjà goûté au jeu d’acteur. Dans des scènes d’action, la plupart du temps. C’est Sylvester Stallone, l’un de ces robustes acteurs des années 80 abonnés aux rôles physiques, qui devrait leur passer la flamme dans The Expendables. Au casting, rien de moins que Randy Couture, Minotauro et peut-être Machida…
Le MMA déteint sur le cinéma et devrait bousculer la perception qu’a le grand public du combat. Il assistera au déclin des affrontements debout, à coups de pieds et de poings, avec un adversaire qui attend sagement à distance. Il découvrira les prises de soumission, les combats au sol, les takedowns. Les grandes stars des films d’arts martiaux, de Chuck Norris à Bruce Lee, défendaient le cross-training et le mélange du meilleur de chaque discipline -ce qui deviendra le MMA.
Par opposition, c’est peut-être ce que le public adore chez Cro cop. Sa capacité à combattre debout avec facilité lui rappelle les films de kickboxing, l’emmène sur un territoire qu’il connaît.
Cinema, télévision ou politique, s’il arrête vraiment de combattre, Mirko a le choix. Il y a des chances pour qu’il ne se cantonne pas qu’à la pêche à Privlaka, et qu’on entende parler de « Cro cop » encore longtemps.