Archive de langage
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Si l’expérience scientifique est un questionnement fait à la réalité du monde, il suffit de savoir poser la question pour avoir la réponse que l’on souhaite ou que l’on espère. C’est cela qu’il y a de si génial et de si formidable à la science expérimentale. Une expérience réussie ressemble souvent à ceci :
Oui, je sais, je sais, je caricature infiniment, je suis injuste, etc., mais reconnaissez qu’il y a du vrai non ?
Prenons un exemple tout simple est récent. Il s’agit d’une équipes de psychologues canadiens étudiant le racisme. Voici le premier moment d’une expérience en deux temps :
Des dizaines d’étudiants de diverses ethnies (mais non noirs) de l’Université York au Canada ont été joués en pensant qu’un participant blanc (en fait un acteur) de leur groupe a répondu d’une manière raciste après qu’un participant noir (un autre acteur) lui ait accidentellement heurté le genou. Pour être plus précis, l’étudiant blanc a été entendu disant soit: « typique, je déteste quand les noirs font ça » ou: « *ègre [*igger — je ne vois pas comment traduire autrement] maladroit ». Dans des conditions contrôlées, aucun commentaire n’a été fait.
La toute première remarque que je me suis faite est tout simplement que face à une réaction stupide, en général, on se montre indifférent, c’est le mieux qu’il y a à faire. Quand une personne est victime d’une petite agression verbale faisant suite à un tort infime quelle a causé sans volonté de nuire, la seule chose à faire, me semble-t-il, est d’échanger un sourire de sympathie avec elle, éventuellement, mais certainement pas de prendre au mot l’ »agresseur » qui, visiblement, ne cherche rien d’autre.
Je ne vois donc pas en quoi il y aurait là du racisme. Même si l’on poursuit le raisonnement de nos psychologues, le fait que les témoins choisissent, par la suite, plus souvent le blanc (agresseur) que le noir (victime) pour accomplir une tâche quelconque, dans le cadre de cette expérience, ne me semble rien prouver. A moins de supposer que les diverses ethnies représentées dans l’échantillon fassent leur choix par rapport à la proximité « raciale » qu’elles se supposent avoir au blanc et au noir, je ne vois pas de raisons racistes à ce choix. J’imagine plutôt que beaucoup de gens ont tendance à choisir les forts plutôt que les faibles et à juger — à tort selon moi — que le fait d’insulter quelqu’un est une marque de force et celui d’ignorer les insulte un signe de faiblesse. Comme disait Renaud Camus, je crois, « on les dit lâches, mais ils sont civilisés ».
Plus parlant selon moi est la comparaison entre l’indifférence relative à l’égard des propos à connotation raciste et le fait que, confrontés à un questionnaire, beaucoup d’étudiants de la même université (un échantillon de comparaison) affirment haut et fort leur condamnation totale et intransigeante du racisme. Sans doute faut-il voir dans l’un et l’autre camp le même raisonnement : il s’agit de se ranger dans le camp le plus fort et dieu sait qu’au sein des universités anglo-saxonnes le politiquement correct en matière de racisme est puissant et permet d’insulter librement sans craindre de réactions.
L’auteur de science-fiction Stephen Baxter estime dans Libération que dans 20 ans environ, les réseaux radioastronomiques terrestres seront capables d’obtenir des informations sur de possibles vies extraterrestres. Depuis le lancement du programme SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence) en 1959 par Frank Drake et Carl Sagan, des centaines de stations radios traquent d’éventuels signaux électromagnétiques extraterrestres dans le cosmos, sans résultats. Stephen Baxter explique que de nouveaux instruments permettent aujourd’hui d’affiner et d’accélérer les recherches, comme le réseau de téléscopes Allen en Californie qui devrait être équipé de 350 antennes de 6 mètres de diamètre d’ici 2010. Il pourra scruter simultanément un millions d’étoiles sur plusieurs fréquences.
Si, à tout hasard, nous parvenions à détecter des signaux, comment les interpréter ? Quelle méthode de « traduction » utiliser ? John Elliott du « Computational Intelligence Research Group » de l’Université de Leeds développe un programme qui permettrait d’apporter des éléments de réponse. Ce dernier archive et analyse les syntaxes d’une soixantaine de dialectes terrestres. En les comparant, le chercheur fait un constat simple : « un langage, provenant de Terre ou d’une autre planète, doit posséder une structure, sans quoi il serait inefficace et incompréhensible. » Par la reconnaissance inter-espèce de séquences rythmiques et de hiérarchies de « termes fonctionnels », tels que les conjonctions de coordinations, le logiciel d’Elliott permettrait de comprendre, dans les grandes lignes, une construction grammaticale, sans forcement en connaître la signification. Appliquée à un potentiel signal extraterrestre, la base de données d’Elliott offrirait, selon lui, de précieuses informations sur le degré d’intelligence de l’émetteur et poserait les premières bases d’une future traduction. Si les ET existent, reste à espérer qu’ils utilisent le Bescherelle Galactique du Dr Elliott.
Source : Ufofu, The Telegraph.
Un petit tour sur le site du collectif Sauver les Lettres permet de se rendre compte du drame que vit aujourd’hui l’enseignement du latin en France.
Entre les rentrées 1999 et 2007, le nombre d’élèves ayant opté pour des cours de latin a baissé de plus de 72 000. Pour être très précis, sur la même période, le nombre d’élèves scolarisés dans le secondaire a augmenté.
Du côté du collectif on constate (et se félicite ?) d’une augmentation de l’enseignement du grec, en comptant 7887 élèves inscrit de plus sur la période. Disons qu’avec une unité de mesure aussi petite, une baisse des effectifs signifierait une disparition pure et simple de l’enseignement de la langue d’Homere au sein du système français.
N’ayant pas trouvé de données géographiques sur ces statistiques, je ne peux malheureusement pas affirmer que l’enseignement des langues anciennes est désormais uniquement lié à certaines zones plus favorisées, traditionnelles ou bourgeoises. Jusqu’à preuve du contraire, j’aurais du mal à m’ôter cette idée de la tête (je précise que les artifices tels que l’engagement de ceux qui, tentant par quelques escarmouches et avec bravoure de faire choisir les langues anciennes à leurs collégiens, ne constituent qu’une rangée d’arbustes cachant la forêt d’immense arbres morts).
On peut parfois citer Ovide, à défaut d’être d’actualité, il est encore utile: Ignoti nulla cupido.
Cette disparition pourrait peut-être évitée, si seulement on expliquait à ceux qui ne choisissent pas ces disciplines que tout simplement elles existent.