Archive de Intelligence artificielle
Vous explorez les archives pour Intelligence artificielle.
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La Corée du Sud va prochainement ouvrir un thème d’attraction entièrement consacré aux robots. On aurait pu penser que ce genre de projet allait plus rapidement aboutir au Japon, mais c’est bien la Corée qui va inaugurer une nouvelle ère de divertissement. Le parc nommé Robotland, en projet depuis 2007, semble être sur la bonne voie pour ouvrir ses portes en 2012.
Outre de nombreuses animations sur le thème des robots, le parc comportera aussi un incubateur d’entreprises travaillant de le domaine de la robotique, de l’intelligence artificielle et de la domotique. Robotland a pour ambition de développer une industrie locale dédiée à la robotique, mais aussi de faire rentrer dans les mœurs et les mentalités l’intégration des robots dans notre vie quotidienne. Car injecter des millions de won dans la recherche, le développement et l’industrialisation des robots ne servira à rien si la population refuse de vivre entourée d’êtres de synthèse.
Il est intéressant de lire, sur le site de Robotland, comment le divertissement et un véritable discours politique sur la place des robots dans la société sont mixés pour assurer la réussite du projet. Espérons qu’une telle entreprise verra le jour dans notre vieille Europe vieillissante quand nos politiques comprendront enfin que l’allongement des années de cotisations ou l’augmentation de celles-ci ne sont pas des solutions pérennes dans les prochaines années.
Les attractions rendront hommage aux grands robots de la culture contemporaine (Astro, Transformers, Star Wars, etc.), permettront aussi de manipuler des êtres synthétiques, et de les observer dans différents environnements. Par ailleurs de nombreux robots travailleront dans les restaurants, les boutiques, peut être même à la sécurité du public ou à la gestion des files d’attente.
L’enfant sait – nous savons tous – comment certains types d’objets se comportent. Nos vies sont immergées dans l’expérience direct des nombres entiers : combien il y a de pièces de monnaie, de timbres, de cailloux, d’oiseaux, de chats de moutons, d’autobus. Si j’essayais de convaincre un enfant de six ans que je peux mettre trois pierres dans une boîte, en enlever une, et me retrouver avec quatre, il se moquerait tout simplement de moi. Pourquoi ? Ce n’est pas seulement parce qu’il est sûr d’avoir, à de nombreuses reprises, retiré un objet parmi trois pour qu’il en reste deux. Même un enfant comprend que certains choses qui paraissent fiables finiront par ne plus marcher : un jouet qui fonctionne parfaitement, jour après jour, pendant un mois ou un an, peut toujours se casser. Mais pas l’arithmétique, pas le fait d’enlever un à trois. Ça, il ne peut même pas imaginer que ça ne marche plus. Quand on a vécu dans le monde, quand on a vu comment il fonctionne, la faillite de l’arithmétique devient inconcevable.
Le professeur Hamilton suggère que cela relève de l’âme. Mais que dirait-il d’un enfant élevé dans un environnement d’eau et de brume, qui n’a jamais été en présence de plus d’une personne à la fois, qui n’a jamais appris à compter sur ses doigts et ses orteils. Je doute qu’un tel enfant ait la même certitude que nous, que vous et moi, qu’il lui semble aussi impossible que l’arithmétique l’induise un jour en erreur. Supprimer totalement les nombres entiers de son monde nécessiterait qu’on le place dans un cadre très étrange, avec un niveau de manque qui atteindrait la cruauté, mais est-ce que ce serait suffisant pour qu’il perde son âme ?
Un ordinateur programmé pour faire de l’arithmétique comme l’a décrit le professeur Hamilton, est soumis à des privations encore plus grandes que celles que l’on a infligées à cet enfant. Si j’avais été élevé avec les mains et les pieds attachés, la tête dans un sac, avec quelqu’un qui me hurlait des ordres, je ne crois pas que j’aurais une bonne appréhension du réel – mais je serais néanmoins mieux préparé à cette tache qu’un ordinateur. C’est une grâce formidable qu’une machine soumise à un tel traitement ne soit pas capable de penser : si elle le pouvait, les chaînes qu’on lui a fait porter serait d’une oppresivité criminelle.
In Oracle, de Greg Egan, publié dans le recueil Océanique, Edition Le Belial’, 2009
Évidemment je vais reparler très vite de Greg Egan, très très vite.
If it’s not on the menu, it’s not going to eat it
L’Energetically Autonomous Tactical Robot (EATR) est un robot mis au point par la Robotic Technology Inc. pour le marché militaire. Ce n’est pas le premier robot destiné à l’usage des forces armées des Etats-Unis, mais c’est le premier à posséder la capacité d’être autosuffisant du point de vue énergétique. En effet, EATR est conçu pour transformer de la matière biologique en énergie.
Dans un premier temps, certains médias ont rapporté de façon erronée que la matière biologique à partir de laquelle EATR pouvait produire de l’énergie incluait les cadavres humains dont on sait la propension à gésir de-ci de-là sur les champs de bataille. Cela est faux et le Docteur Bob Finkelstein précise bien que « si ce n’est pas sur le menu, ce ne sera pas mangé » et que l’homme n’est pas au menu.
Il faut dire que le respect des morts au combat est un des traits constitutifs du modèle occidental de la guerre. Il se trouve même précisé par l’article 15 de la convention de Genève. Cependant, on sait très bien que la mutilation des cadavres est aussi un trait commun des guerres qui durent. Que fera-t-on si le cas se présente où un robot « mange » ce qui n’est pas au menu ? Soit par accident (des débris humains dans une flaque d’essence), soit par l’intention du programmateur (un virus qui rendrait ces robots anthropophages), soit encore par une ratée de la programmation ou une adaptation de celle-ci aux réalités du champ de bataille (un robot dans le désert doit-il mourir de faim plutôt que de se nourrir d’un cadavre humain ?).
Cela ouvre d’étranges perspectives pour les spécialistes du droit de la guerre. D’autant que la vigueur avec laquelle le Docteur Finkelstein de Robotic Technology Inc. affirme que ces machines ne mangeront pas le corps des morts laisse deviner qu’il y a pensé…