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Société, Suburbia

Laboratoire du désastre

Ces derniers jours, Dubaï a fait la une de l’actualité après deux incidents. D’abord un ascenseur de Burj Khalifa, la tour humaine la plus haute du monde, est tombé en panne, obligeant les visiteurs à rester au somment pendant plusieurs minutes, sans possibilité de redescendre. Ensuite l’aquarium du Dubaï Mall, le plus grand du monde, s’est fissuré et le centre commercial s’est rempli d’eau sur plusieurs centimètres. Loin d’être une simple fuite, il s’agissait d’un véritable tsunami dans le hall.

Alors que la plupart des médias voient ces incidents comme le revers de la médaille de la réussite, voire de la mégalomanie de l’émirat, il faudrait peut-être envisager ces problèmes comme des composantes intrinsèques de l’identité de Dubaï. Ces désastres nous invitent à repenser la destinée de la ville-État. Dubaï est un laboratoire, comme je l’ai déjà évoqué, un laboratoire de notre monde en devenir, une prophétie de béton et de verre. L’événement de l’ascenseur peut nous permettre de comprendre comment les hommes vont devoir affronter, et s’adapter à leurs propres créations. Comment survivre à plus de 800m du sol, apprendre à chasser les oiseaux, à collecter l’eau, à s’affranchir de la terre, de ses dangers, de ses ennemis. L’on peut imaginer des États décidant de se couper du monde à travers des structures toujours plus hautes, toujours plus autonomes. Alors que des conflits entre étages de super-structures peuvent se déclencher à tout moment, cette panne d’ascenseur, à première vue anecdotique, est un laboratoire du comportement humain en de telles situations.

L’eau montant le long du mollet, atteignant bientôt le genou, la panique, la fuite. Faut-il abandonner une structure parce qu’elle a des défauts ? Ou bien faut-il s’adapter à ce risque pour se couper du reste du monde ? Créer des colonies indépendantes autonomes basées sur le risque, risque que ne veut pas prendre une bonne part de la population. Le danger comme dernier rempart de la liberté ?

Ainsi l’homme peut retrouver un état premier de survie, au sein même de ses constructions. La nature, devenue compatissante, complaisante, n’étant plus un danger, ne peut plus souder contre elle les nouveaux Hommes. Ceux-ci doivent retourner leurs propres erreurs structurelles et scientifiques pour s’offrir une nouvelle étape sur l’escalier dans leur évolution. Et Dubaï en est la première marche.

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Burj Khalifa en grand

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Inauguration pour le toit du monde

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Burj d’en haut

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Nettoyage aérien

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Société, Suburbia

Seul dans un I.G.H.

ighALONE2Vivre seul dans une tour de 32 étages ? Tel est devenu le quotidien de Victor Vangelakos. Ce capitaine des pompiers originaire du New Jersey est en train d’en faire l’expérience. Dans sa tour prénommé Oasis Tower One Victor vit seul. Personne. A aucun étage. La tour n’est que pour lui. Les ascenseurs ne montent et ne descendent que pour lui. Victime de la crise immobilière, de la perte des emplois des autres propriétaires et de la frilosité d’acheteurs potentiels, la tour ne s’est pas remplie, et s’est même peu à peu vidée, laissant seul Victor et sa famille. Maintenant ils se sentent comme des réfugiés dans leur propre immeuble. la fontaine est arrêtée, les lumières s’éteignent les unes après les autres. Un matin une chaise de jardin a été retrouvée dans la fosse de la piscine. Quelqu’un les a appelés par l’interphone une nuit. L’immeuble de Grande Hauteur est désespérément vide. La famille Vangelakos qui a économisé toute sa vie ne veut pas être relogée. Ils n’en n’ont ni l’envie ni les moyens. Toute une vie de labeur et un silence de mort en récompense pourrait-on dire.

It’s like time froze here six months ago.

Lonely Highrise

Victor semble trouver le temps long et l’espace infini dans sa tour vide. Perdu au bout de la péninsule floridienne, Cape Meyers, à la porte des Everglades, et à un saut de Cap Canaveral, cette famille vit les derniers jours du temps, alors que la conquête spatiale revient à l’ordre du jour avec la catastrophe climatique, et que la suburbia se vide de ses habitants. Avant-poste millénariste, espace intérieure en friche, vacuité de la sensation, l’Oasis Tower One enterre un siècle d’I.G.H. et célèbre un avenir solitaire dans nos cités abandonnées.

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