Archive de Hellfest

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Le coffre à Picsou, Société

Poisson d’avril en juin

Forget the jar of Vaseline
Hey rich-bitch boy
I’m not gonna be your queen

Type O Negative, I like goils

Voici ce que l’on peut lire sur Le blog de Jean-Frédéric Poisson :

Monsieur Jean-Frédéric POISSON, député des Yvelines, alerte Madame le Ministre de l’Intèrieur sur le déroulement de festivals résolument attentoires à l’ordre public. En effet, la commune de Clisson (Loire-Atlantique) accueille chaque année le festival Hellfest, rassemblant des groupes de musiques hard-core et métal, aux chansons valorisant le satanisme et aux messages prônant des comportements objectivement illégaux et chargés d’un poids symbolique délétère.

Le député UMP Poisson a deux mérites : l’un est de s’adresser à Madame le Ministre, ce qui prouve qu’il prend encore un peu la langue française au sérieux et l’autre, de s’attaquer à la subventionite aiguë des municipalités. Je suis bien d’accord avec lui, la commune de Clisson ne devrait pas subventionner la Hellfest (cela dit, venant d’un élu du gouvernement qui organise les raves parties aux frais du contribuable, c’est tout de même piquant), mais quelle est cette idée bizarre de « poids symbolique délétère » ? Sinon la marque que son respect de la langue française ne s’étend pas au style (ou alors, c’est une allusion à un concept philosophique que j’ignore, il est docteur en cette matière, moi non) ?


(je dédie cette vidéo à ce camarade de M’dame Boutin)

Et donc, tout le bien que je pouvais dire de Poisson s’arrête ici, car, il s’agit bien, pour lui, d’une croisadounette et s’il dénonce les subventions, ce n’est pas parce qu’elles sont le fruit d’un vol, ni parce qu’elles sont un instrument politique de contrôle de la culture :

J’ai interpellé ce jour Madame le Ministre de l’Intérieur en déposant une question écrite. Un tel courant ne peut plus demeurer impuni et la restauration de l’état de droit devient aujourd’hui indispensable.

Je demeure plus que jamais déterminé sur ce dossier et je m’engage à trouver des solutions afin de prévenir et d’interdire l’influence de ce genre de courant.

Ayant découvert le tout dernier groupe à la mode (Kiss, peut-être ?) Poisson part en guerre contre le metal et le satanisme.

Oh, je ne disconviens pas que les textes de certaines chansons ne sont ni plus ni moins que des sortes d’appels au meurtre ou à la torture (pour peu que l’on comprenne les hurlements du pignouf chevelu qui sature les enceintes en braillant comme un cochon qu’on égorge avec une tronçonneuse thermique), pas plus que je ne nie que des satanistes ont commis des délits ou des crimes, mais il y aurait une formidable malhonnêteté à dire que c’est autre chose qu’anecdotique.

Ce qui ne l’est pas, anecdotique, en revanche, ce sont les profanations de cimetières (ou d’églises), mais, jusqu’à preuve du contraire, lorsqu’elles sont le fait de satanistes et qu’elles prennent place (comme dans l’immense majorité des cas) dans des lieux catholiques, cela ne semble pas vraiment mobiliser l’Etat dont Poisson est un suppôt.

Poisson navigue entre deux eaux (ce qui n’est pas étonnant, les députés étant des êtres amphibies), celle d’un libéralisme de façade et celle d’un véritable étatisme. Comme la plupart de ses contemporains, il juge que c’est à l’Etat de décider ce que les gens doivent penser. Il n’aime pas le satanisme (moi non plus ; même les satanistes ne s’aiment pas, pour tout dire), alors, il veut l’interdire. Décidément, il est comme un poisson dans l’eau dans ce début de XXIème siècle où l’Etat qui renonce à tout ce qui est régalien, pour devenir une sorte de mère abusive… Et maman, elle veut pas que fiston écoute de la musique qui fait du bruit.

Source : Le blog de Jean-Frédéric Poisson.

PS : je propose, pour les commentaires, un concours informel dont la victoire reviendra à celui qui trouvera la vidéo de metal la plus barrée (avec l’identification de l’album illustrant le présent billet comme question subsidiaire) :)

26 commentaires pour “ Poisson d’avril en juin