Archive de Haïti

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Science

Strange Days…

Un nouveau pas vient d’être franchi dans l’immersion. Vous pouvez maintenant déambuler dans les rues haïtiennes dévastées par le tremblement de terre.

Tournez la tête où vous le souhaitez, regardez derrière vous, sur les côtés, fixez un immeuble détruit. Écoutez ces instants de vie haïtienne… Vivez, pendant quelques secondes, et via deux de vos sens, ce que vit un inconnu marchant dans une rue de l’île meurtrie.

Une expérience étrange, qui n’est pas sans rappeler le film de Katryn Bigelow, Strange days.

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Actualités, Société

L’impunité du désastre en Haïti

Voilà une catastrophe naturelle qui fait plaisir. Au fond personne ne pourra plus ignorer la tragédie haïtienne…

Je dis ça mais je sais très bien que ça n’est pas le cas. On n’oublie pas le tsunami parce que ceux qui font le monde (le 4ème pouvoir, les bonnes consciences du monde giecquisées etc…) vont poser leurs fesses l’été à Phuket, on n’oublie pas quelques pays d’Afrique parce que c’est flatteur d’aider ceux que l’on contrôle déjà…

Mais assurément on oubliera Port au Prince, parce que la poésie c’est franchement plus a la mode surtout, dans un monde où la morale est plus sournoise que jamais, surtout si la fameuse poésie a l’audace d’être phallique ou saphique.

On oubliera Haïti parce qu’à une époque où on défend les oursons de la banquise, les fourmis de Vladivostok et les rouges-gorges de Corrèze il est mal venu d’égorger des poulets avec les dents et tant pis pour les dieux vengeurs qui réclament ce sacrifice.

On oubliera Haïti parce qu’on a oublié l’occupation ricaine du début du siècle, parce qu’on a oublié les dictatures, les massacres, les guerres civiles, les ouragans, les inondations et l’évangélisation galopante et néfaste du pays.

Pourquoi n’oublierions-nous pas le tremblement de terre ? Parce que l’envoyé de l’ONU est mort étouffé ? Allons allons…

Mais il faut profiter de la situation, être matérialiste et utiliser l’élan de charité et de bonne conscience mondiale. Il faut se battre pour envoyer là-bas des vêtements, des vivres, des matériaux, des médicaments.

Il faut informer que les Haïtiens n’ont aujourd’hui pas besoin de millions, ils ont besoin d’expertise, de conseils, d’accords de coopération. Ils n’ont pas besoin du neo-colonialisme à la sauce onusienne avec sa MINUSTAH, ils ont besoin de gens qui leur font confiance et d’amis exigeants. Exigeants avec les Haïtiens de la rue mais surtout exigeants avec les dirigeants.

Le triste tableau du drame haïtien a peut être deux points positifs et une occasion historique. Premièrement les autorités devront reconcevoir intégralement Port au Prince et donc prendre l’exacte mesure de la situation. Deuxièmement les Chinois vont avoir toutes latitudes pour s’implanter là-bas comme ils le font depuis quelques temps à Saint Marc. Et les Chinois sont doués, ils ne font pas de morale, ils travaillent au développement des infrastructures et effectuent un réel transfert de compétences.

Pour ma part je n’oublierai pas, parce qu’avant ce sombre mardi je pensais déjà sans cesse à ce bout de nouveau monde littéraire, musical, artistique et sacré et que depuis mardi je souhaite à tous mes amis là-bas de voir leur famille saine et sauve et j’essaye de leur faire parvenir un peu de ma foi et de mon optimisme pour les temps difficiles à venir, temps auxquels, malheureusement, les Haïtiens sont habitués.

J’espère vraiment que les évènements actuels contrediront l’adage haïtien: « Bourik toujou rete bourik« ….

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Homo homini lupus, Vidéos

Police et gangs en Haïti

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René Préval à la Gonaïve

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Actualités

Elle marchait avec un zombie

Puissent Papa Legba, Maîtresse Ezilée et le dieu-serpent me garder de donner une fausse idée de ceux-là qui m’admettent à leurs mystères et m’accorder le pouvoir d’écrire sincèrement et comme il convient de leur religion, car toute foi vivante est sacrée.

William Seabrook, L’île magique.

I walked with a Zombie
La sortie d’un film est bien souvent l’occasion d’y aller de sa petite mise en perspective. Le dernier film de Juan Carlos Fresnadillo, 28 semaines plus tard, n’échappe pas à cela et Studio s’est proposé de faire une brève histoire du film de zombies. L’intention est bonne, à n’en pas douter, car le sujet est, en effet, central pour l’histoire du cinéma, au moins du cinéma fantastique. Néanmoins, on est surpris de trouver, concernant les deux films les plus anciens, de surprenantes erreurs.

Oh, je l’avoue, s’il ne s’agissait pas de vaudou, je ne n’aurais pas pris la peine de rectifier ce qui me semble erroné, mais, voyez-vous, le vaudou et moi, c’est une vieille histoire. Je ne saurais à quand la faire remonter, d’ailleurs. Ce que je sais, c’est que cela m’intéresse depuis longtemps. Suffisamment pour avoir lu pas mal de choses là dessus. Toujours est-il que lorsque Benoit Basirico aborde, dans Studio, White Zombie de Victor Halperin (1932) et I walked with a Zombie de Jacques Tourneur (1943), j’ai de suite ouvert les yeux tout grand et lu avec beaucoup d’attention.

Avant d’aller plus loin, je tiens à dire que je ne me lancerai pas, ici, dans une histoire du vaudou ni même dans celle de sa perception. Il est toutefois nécessaire de commencer légèrement en amont de la date du plus ancien de ces deux films. Il faut juste savoir qu’au début du siècle dernier, l’île d’Haïti, d’où nous viennent et le mot et le concept de zombie, a été occupée par les Etats-Unis. Ce lieu est donc l’objet d’un certain intérêt de la part du public américain d’autant qu’en 1929 paraît L’île magique, le récit de voyage en Haïti de William Seabrook, un homme assez trouble, par ailleurs… Cet ouvrage qui est une très grande réussite littéraire est un best-seller : l’année de sa sortie, 100 000 exemplaires sont vendus et il est très rapidement traduit et plutôt bien reçu par la critique. Paul Morand préface l’édition française et il n’a que louanges pour l’auteur, par exemple. C’est avec ce livre (et avec celui du lieutenant de l’USMC Faustin Wirkus, mais soyons simples) que le vaudou et le zombie entrent dans la culture occidentale. C’est donc dans ce contexte que le film d’Halperin s’inscrit.

Il faut tout d’abord bien comprendre que ce qui est alors désigné par zombie n’a que peu de chose à voir avec ce que l’on en fera très rapidement. En fait, sans vouloir être provocant, il est presque possible d’avancer que seuls les deux films dont il est question ici sont de véritables films de zombies.

Si j’insiste sur ce point, c’est que placer I walked with a Zombie (Vaudou) de Trouneur dans la liste qui suit est absurde :

Les zombies peuvent selon les films être assimilés à la maladie, la monstruosité, la folie, ou l’étranger. Ainsi, les zombies ont pu au fil du temps épouser divers statuts : les étrangers symptomatisant la peur du communisme (« La nuit des mort vivants »), des fous échappant aux codes de la civilisation (« Le jour des mort-vivant » où la société tente de les civiliser de nouveau), des malades (un virus qui se propage comme dans « 28 jours plus tard » et sa suite « 28 semaines plus tard »), des animaux (« Braindead »), des esclaves (« Vaudou » de Jacques Tourneur), des marionnettes (« L’Invasion des profanateurs de sépultures »). Dans tous les cas, les zombies représentent un inconscient collectif, la marge, un groupe d’individus à éliminer, et qui malgré les apparences, provoquent davantage une critique du corps social ainsi infecté que d’une apologie à l’extermination.

(c’est moi qui souligne)
Absurde, donc, disais-je. Tout d’abord parce qu’il n’y a pas d’esclave dans I walked with a Zombie, puis parce que les descendants d’esclaves, dans ce film, ne sont pas victimes de la zombification mais témoins (ils sont à l’image du chœur de la tragédie grecque — le même rôle que Glissant leur voit chez Faulkner, d’ailleurs), et enfin parce que la seule personne zombifiée est une femme blanche au sort tragique, mais à propos de laquelle il n’est nullement question d’extermination ou de haine ; pas même de peur (le trailer est assez trompeur)…


Tout aussi absurde ceci :

Historiquement, le premier film du genre est « Les Morts vivants » (Victor Halperin, 1932), correspondant à la définition de « Zombie » dans la mythologie vaudou. La lutte entre mort-vivants et vivants n’existe pas encore. Avec « Vaudou » réalisé par Jacques Tourneur en 1943, les zombies acquièrent une autonomie, libérés d’une emprise mythologique, bien qu’ils restent guidés par leurs instincts primaires.

En effet, le film d’Halperin ne va pas sans évoquer l’anecdote que rapporte Seabrook à propos de la Hasco (Haitian American Sugar Compagny) qui aurait employé indirectement des zombies pour couper la canne. La zombification est, là, une métaphore de l’esclavage. Mais dans le film de Tourneur, non seulement le pluriel à zombie est étrange puisqu’il n’y en a qu’un, mais la réflexion sur un prétendu affranchissement du mythe est dépourvue de sens. Nous sommes pour le film de Tourneur, avec le personnage de Jessica Holland, comme pour celui d’Halperin, avec celui de Madeleine Short, dans la grande tradition du récit de zombies. Cela évoque Hadriana dans tous mes rêves de Depestre pas les cadavres putrides démembrés à grands coups d’armes de guerre…

Je crois que Benoit Basirico a tout simplement dû confondre ces deux films avec d’autres et, ma foi, cela peut arriver à tout le monde et ce n’est pas bien grave, en revanche, ce qui me semble beaucoup plus dommage, c’est de continuer à croire à une continuité entre ces deux films et les autres films « de zombies ». White Zombie et I walked with a Zombie sont des films où le zombie n’est qu’un élément du vaudou et où il n’est en rien une menace, mais plutôt un objet de pitié, 25 ans plus tard — sacré hiatus, tout de même ! — Night of the Living Dead de Romero ne partage plus rien de tout cela. Peut-être s’inspire-t-il de Tourneur et d’Halperin, c’est très possible, mais l’inspiration n’est pas la continuité et White Zombie comme I walked with a Zombie sont des films qui sont tout autre chose que les simples précurseurs d’un sous-genre. Ce sont deux très grands films de l’histoire du cinéma.

Source : Studio.

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Ghost of Cité Soleil

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