Archive de Guantanamo
Vous explorez les archives pour Guantanamo.
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Barack Obama s’est engagé lors de sa campagne électorale à fermer le centre de détention de Guantanamo Bay sur l’île de Cuba. Le collectif zerOgroup propose d’imaginer l’avenir de Cuba après la fin de l’embargo américain et propose de transformer Gitmo (le surnom de la prison qui ne veut pas dire son nom par les militaires américains) en cœur névralgique de la nouvelle économie touristique de masse de l’île caraïbéenne.
Plusieurs prospectives sont envisagées, partant de ces observations de l’ile communiste :
Cuba est une destination majeure pour le tourisme sexuel
Cuba est localisé au cœur de la zone des spots de « Springbreak » américain
Cuba est une destination attractive pour les touristes qui veulent s’essayer à « l’illégalité »
Cuba est le lieu des cigares et du rhum contrefaits et d’autres marchés noirs.
Cuba a été la destination principale pour le jeu et l’alcool pendant la prohibition américaine et est maintenant encerclé par des pays où ces activités sont légales.
L’ancienne base américaine possède déjà toute les infrastructures pouvant être réhabilitées pour accueillir le tourisme de masse : 3 aéroports, une zone portuaire, des routes stabilisées, un golf et des fast-foods. L’investissement apporté à la base serait d’un faible coût vis-à-vis de la rentabilité du projet. De plus le nom, Guantanamo, est une marque en soi, véhiculant tout un tas de symboles, de la guerre contre le terrorisme à la torture « légale », en passant par l’opposition au régime castriste et une certaine idée de l’Amérique nationaliste. Toute personne passionnée par l’imagerie militaro-autoritaire pourrait y trouver son compte. Bunkers, camps d’entraînement, salles d’interrogatoire, rayon X, toute l’infrastructure de surveillance et de punition peut être réappropriée par les touristes et ses propres projections mentales et integrée dans l’imaginaire de la culture springbreak, fortement alcoolisée et sexualisée. En alliant ultratechnologie sécuritaire et économies du vice, Cuba et GITMO pourraient devenir le nouveau cœur touristique de la région.
Evidemment, ce genre de prospective tient plus de la fiction politique et économique que de la réalité ou des engagements d’Obama, mais ce projet s’inscrit parfaitement, et de manière lucide dans les tendances actuelles du tourisme de masse, de la spécialisation géographique, et la mondialisation des échanges.
On assiste à une réunion entre l’économie touristique et l’économie illégale. Las Vegas s’est bâtie sur cette idée. La Bulgarie et le Kosovo sont des zones « noires » sur la carte européenne. La Thaïlande est une vase zone de tourismes borderline pour toute l’Asie (jeux et prostitution dans un cocktail tropicale) et la Costa del Sol est devenue la zone où la criminalité est la plus importante en Europe, de part la convergence du trafic de drogue européen et l’intensification de l’économie touristique.
L’alliance du tourisme de masse, de la criminalité mafieuse et des envies déviantes des consommateurs crée de nouvelles zones qui abolissent l’histoire et la géographie ; des zones en réinvention perpétuelle, affranchie des états, du droit et de la morale.
J’avoue ne pas trop comprendre ce que l’on reproche à Omar Khadr, un natif de Toronto de 16 ans. On l’accuse d’avoir jeté, en 2002, en Afghanistan, une grenade sur des soldats des forces spéciales américaines, tuant l’un d’entre eux, le sergent Christopher Speer, et en blessant gravement un autre. C’est peut-être tout à fait exact et si leurs camarades de combats avaient achevé Omar Khadr ou l’avaient laissé mourir de ses blessures, cela n’aurait, peut-être, pas été très fair-play, mais, en revanche, parfaitement compréhensible.

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