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Jesus est un homme comme les autres

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Société, Suburbia

Laboratoire du désastre

Ces derniers jours, Dubaï a fait la une de l’actualité après deux incidents. D’abord un ascenseur de Burj Khalifa, la tour humaine la plus haute du monde, est tombé en panne, obligeant les visiteurs à rester au somment pendant plusieurs minutes, sans possibilité de redescendre. Ensuite l’aquarium du Dubaï Mall, le plus grand du monde, s’est fissuré et le centre commercial s’est rempli d’eau sur plusieurs centimètres. Loin d’être une simple fuite, il s’agissait d’un véritable tsunami dans le hall.

Alors que la plupart des médias voient ces incidents comme le revers de la médaille de la réussite, voire de la mégalomanie de l’émirat, il faudrait peut-être envisager ces problèmes comme des composantes intrinsèques de l’identité de Dubaï. Ces désastres nous invitent à repenser la destinée de la ville-État. Dubaï est un laboratoire, comme je l’ai déjà évoqué, un laboratoire de notre monde en devenir, une prophétie de béton et de verre. L’événement de l’ascenseur peut nous permettre de comprendre comment les hommes vont devoir affronter, et s’adapter à leurs propres créations. Comment survivre à plus de 800m du sol, apprendre à chasser les oiseaux, à collecter l’eau, à s’affranchir de la terre, de ses dangers, de ses ennemis. L’on peut imaginer des États décidant de se couper du monde à travers des structures toujours plus hautes, toujours plus autonomes. Alors que des conflits entre étages de super-structures peuvent se déclencher à tout moment, cette panne d’ascenseur, à première vue anecdotique, est un laboratoire du comportement humain en de telles situations.

L’eau montant le long du mollet, atteignant bientôt le genou, la panique, la fuite. Faut-il abandonner une structure parce qu’elle a des défauts ? Ou bien faut-il s’adapter à ce risque pour se couper du reste du monde ? Créer des colonies indépendantes autonomes basées sur le risque, risque que ne veut pas prendre une bonne part de la population. Le danger comme dernier rempart de la liberté ?

Ainsi l’homme peut retrouver un état premier de survie, au sein même de ses constructions. La nature, devenue compatissante, complaisante, n’étant plus un danger, ne peut plus souder contre elle les nouveaux Hommes. Ceux-ci doivent retourner leurs propres erreurs structurelles et scientifiques pour s’offrir une nouvelle étape sur l’escalier dans leur évolution. Et Dubaï en est la première marche.

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Science

L’évoféminisme au feu de la critique

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Une insistance de Peggy Sastre qui me paraît particulièrement discutable : l’auteure affirme que selon la conception des sciences sociales, l’humain né dépourvu de tout déterminisme et de toute culture, c’est une « page blanche » qui se remplit au fur et à mesure. En gros, sa critique vise à décrédibiliser le reniement du patrimoine génétique très en vogue dans les sciences dites subtiles. Pour avancer son propos, elle utilise une théorie issue des sciences dures (autrement dit « sérieuses », n’est-ce pas?) dont les limites idéologiques avaient pourtant déjà été dessiné par la philosophie queer. Peggy Sastre écrit :

 »En octobre 2003, une équipe de l’UCLA identifie 54 gènes[1] expliquant les différences hommes et femmes, en particulier l’agencement différencié du cerveau. [...] En gros, depuis les années 70 les scientifiques pensaient que les œstrogènes et la testostérone était pleinement responsables des différences entre hommes et femmes. Se fondant sur des observations montrant que les personnes transgenres présentaient des taux hormonaux « normaux », Eric Vilain et son équipe ont alors eu l’idée d’analyser la production des gènes sur des embryons de souris, bien avant qu’elles ne développent leurs caractères sexuels. Ils trouvèrent 54 gènes se développant différemment selon les mâles (18) et les femelles (36). »[2]

Ces recherches sont très instructives, mais aussi très inquiétantes, d’un point de vue d’une analyse critique queer des sciences de la vie et de la médecine.

C’est ce genre de raisonnement que je trouve inquiétant, moi…

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Science

Des êtres

Denis-Diderot-webLe texte qui suit a pour but d’illustrer une idée que je tiens tout particulièrement à partager en cette année anniversaire de L’origine des espèce de Darwin. Elle est simple et se résume en peu de mots : les idées d’évolution et de sélection n’étaient ni neuves ni particulièrement choquantes et c’est faire un très mauvais travail d’historien (mais un excellent travail de propagandiste) que de dire le contraire en présentant Darwin comme un homme seul affrontant son époque.

Cette vision est véhiculée de concert par certains prodarwiniens et par les antidarwiniens, les uns comme les autres voulant créer une rupture là où il n’y en a pas afin de se placer soit d’un côté soit de l’autre.

En lisant les lignes qui suivent, on peut voir que la physique épicurienne qui postule l’existence d’atome chutant presque parallèlement, mais se rencontrant néanmoins par hasard du fait d’une légère inclinaison, le clinamen, implique que les êtres créés sont plus nombreux que les êtres possibles dans ce monde et qu’il y a donc une sélection opérée par la nature.

D’autre part, le présupposé atomiste (erroné) de cette philosophie implique l’existence d’une échelle des êtres selon leur degré de complexité justifiant ainsi leur hiérarchie dans l’espace et dans le temps, qui sont deux dimensions interchangeables

Mais laissons la parole à Diderot :

La nature n’a fait qu’un très petit nombre d’êtres qu’elle a variés à l’infini, peut-être qu’un seul par la combinaison, mixtion, dissolution duquel tous les autres ont été formés.

On appelle êtres contradictoires ceux, dont l’organisation ne s’arrange pas avec le reste de l’univers. La nature aveugle qui les produit, les extermine. Elle ne laisse subsister que ceux qui peuvent coexister supportablement avec l’ordre général.

Les éléments en molécules isolées n’ont aucune des propriétés de la masse. Le feu est sans lumière et sans chaleur ; l’eau sans humidité et sans élasticité ; l’air n’est rien de ce qu’il nous présente. Voila pourquoi ils ne font rien dans les corps où ils sont combinés avec d’autres substances.

Il faut classer les êtres depuis la molécule inerte, s’il en est, jusqu’à la molécule vivante, à l’animal-plante, à l’animal microscopique, à l’animal, à l’homme.

La chaîne des êtres n’est pas interrompue par la diversité des formes. La forme n’est souvent qu’un masque qui trompe; et le chaînon qui paraît manquer réside peut-être dans un être connu, à qui les progrès de l’anatomie comparée n’ont encore pu assigner sa véritable place.

Le papillon est ver, chenille et papillon. L’éphémère est chrysalide pendant quatre ans. La grenouille commence par être têtard. Combien de métamorphoses nous échappent ! J’en vois d’assez rapides : pourquoi n’y en aurait-il pas, dont les périodes seraient plus éloignées ? Qui sait ce que deviennent les molécules insensibles des animaux après leur mort ?

La manière de classer les êtres avec exactitude ne peut donc être que le fruit des travaux successifs d’un grand nombre de naturalistes : elle sera pénible et très lente. Attendons et ne nous pressons pas de juger.

En nature, durée n’est qu’une succession d’actions: étendue est la coexistence d’actions simultanées : dans l’entendement, la durée se résout en mouvement, par abstraction, et l’étendue se résout en repos: mais le repos et le mouvement sont d’un corps.

Je ne puis séparer, même par abstraction, la localité et la durée, de l’existence : ces deux propriétés lui sont donc essentielles.

La végétation, la vie ou la sensibilité et l’animalisation sont trois opérations successives. Le règne végétal pourrait bien être et avoir été la source première du règne animal ; et avoir pris la sienne dans le règne minéral ; et celui-ci émaner de la matière universelle hétérogène.

Diderot, Element de physiologie, Physiologie, chapitre 1er, Des êtres, pp.1263-1266 du tome I des oeuvres de Diderot dans l’édition parue en 1994 chez Robert Laffont et pp. 107-109 de l’édition de Paolo Quintili parue chez Honoré Champion en 2004.

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Le chaînon manquant

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James Williams

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