Archive de énergie
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If it’s not on the menu, it’s not going to eat it
L’Energetically Autonomous Tactical Robot (EATR) est un robot mis au point par la Robotic Technology Inc. pour le marché militaire. Ce n’est pas le premier robot destiné à l’usage des forces armées des Etats-Unis, mais c’est le premier à posséder la capacité d’être autosuffisant du point de vue énergétique. En effet, EATR est conçu pour transformer de la matière biologique en énergie.
Dans un premier temps, certains médias ont rapporté de façon erronée que la matière biologique à partir de laquelle EATR pouvait produire de l’énergie incluait les cadavres humains dont on sait la propension à gésir de-ci de-là sur les champs de bataille. Cela est faux et le Docteur Bob Finkelstein précise bien que « si ce n’est pas sur le menu, ce ne sera pas mangé » et que l’homme n’est pas au menu.
Il faut dire que le respect des morts au combat est un des traits constitutifs du modèle occidental de la guerre. Il se trouve même précisé par l’article 15 de la convention de Genève. Cependant, on sait très bien que la mutilation des cadavres est aussi un trait commun des guerres qui durent. Que fera-t-on si le cas se présente où un robot « mange » ce qui n’est pas au menu ? Soit par accident (des débris humains dans une flaque d’essence), soit par l’intention du programmateur (un virus qui rendrait ces robots anthropophages), soit encore par une ratée de la programmation ou une adaptation de celle-ci aux réalités du champ de bataille (un robot dans le désert doit-il mourir de faim plutôt que de se nourrir d’un cadavre humain ?).
Cela ouvre d’étranges perspectives pour les spécialistes du droit de la guerre. D’autant que la vigueur avec laquelle le Docteur Finkelstein de Robotic Technology Inc. affirme que ces machines ne mangeront pas le corps des morts laisse deviner qu’il y a pensé…
Le Brésil a prévu de développer un sous-marin à propulsion nucléaire afin d’assurer la sécurité de gisements pétroliers récemment découverts au large de ses côtes. Ce projet pourrait bénéficier de la France comme l’a indiqué le président Nicolas Sarkozy. Plus largement, ce pays envisage, d’ici 2010, de dépenser 3,5 milliards de dollars à la modernisation de son armée.
Source : AP.
Il y a presque un mois paraissait dans le Los Angeles Times un article d’opinion de Michael Shermer, qui commence a être bien connu des lecteurs de ce site, je crois. En quelques lignes, l’auteur posait une réflexion intéressante sur la question des niveaux de civilisation et sur la place de la nôtre selon diverses échelles civilisationnelles.
Dans cet article, Michael Shermer part d’un constat que chacun fait : le pétrole n’est pas une énergie renouvelable à l’échelle humaine, on en consomme depuis un siècle, on en consomme de plus en plus, demain, la demande sera encore plus grande et tout notre modèle civilisationnel s’appuie sur son abondance et son faible coût, deux choses qui cesseront mécaniquement à plus ou moins long terme.
Selon lui, ce changement de paradigme ne peut être que global, il n’est pas concevable que l’on maintienne le même modèle sans pétrole ; à ce titre (et pas seulement d’ailleurs), les biocarburants sont au mieux un pis aller provisoire, au pire un leurre dangereux.
En 1964 l’astronome soviétique Nikolaï Kardashev a suggéré, dans un article concernant la recherche de civilisations extraterrestres, d’utiliser un radiotélescope pour détecter les signaux d’énergie venant des systèmes solaire où il serait possible qu’il y ait des civilisations classées en trois niveaux de développement : celles de type 1 peuvent exploiter toute l’énergie de leur planète natale ; celles du type 2 peuvent capter toute l’énergie de leur soleil ; celles du type 3, enfin, maîtrisent l’énergie de l’ensemble de leur galaxie.
En s’appuyant sur l’efficacité énergétique de l’époque, en 1973, l’astronome Carl Sagan a estimé que la Terre était du type 0,7 sur une échelle allant de 0 à 1. (aujourd’hui, nous serions plutôt à 0,72). Comme l’échelle kardashevienne, elle est logarithmique — c’est-à-dire que toute augmentation de la consommation d’énergie a besoin d’un bond en avant considérable dans la production d’énergie —, nous avons les moyens avant d’atteindre le type 1.
Les énergies fossiles ne nous emmèneront pas jusque-là. Les énergies renouvelables comme l’énergie solaire, éolienne ou géothermique sont un bon début, et couplées à l’énergie nucléaire, elles pourraient éventuellement nous mener jusqu’au type 1.
Mais une fois atteint ce niveau, l’échelle de Carl Sagan ne nous sera plus guère utile, sinon comme pensée philosophique de l’histoire. C’est dans ce but que Shermer offre une synthèse des étapes allant du type 0 au type 1, mais pas seulement. Citons les quatre dernières étapes (de celle où nous sommes à la dernière) :
Type 0,7 : les démocraties qui divisent le pouvoir en plusieurs institutions gérées par des personnalités officielles élues par certains citoyens. Les débuts d’une économie de marché.
Type 0,8 : les démocraties libérales donnent le droit de vote à tous les citoyens. Le marché commence à devenir un jeu à somme non nulle, un jeu économique gagnant-gagnant grâce au libre-échange avec les autres États.
Type 0,9 : le capitalisme démocratique – synthèse de la démocratie libérale et du marché libre – s’étend au monde entier grâce à l’action de mouvements démocratiques dans les pays en développement et par la constitution de grands blocs commerciaux tels que l’Union européenne.
Type de 1,0 : La globalisation étend au monde l’accès à l’Internet sans fil et toutes les connaissances numérisées sont accessibles à tous. Une économie globale avec la libéralisation des marchés où tous peuvent commercer avec chacun sans l’ingérence des États ou des gouvernements. Une planète où tous les Etats sont démocratiques et où chacun est libre.
Ce sur quoi Michael Shermer met veut mettre l’accent en décrivant ceci, c’est que toute cette évolution (pour les étapes précédentes, je vous renvoie à la source) n’a pu être accomplie que par des changements de paradigmes culturels, politiques et économiques plutôt que scientifiques. La science a suivi, elle n’a pas précédée (ce qui mériterait de profondes réflexions et de se replonger dans la lecture des grands philosophes de l’histoire).
Une fois le type 1 atteint, il faudra avoir recours à l’échelle de Kardashev et celle-là monte jusqu’aux étoiles…
Source : Los Angeles Times.
Puisque nous parlions de l’Islande et que, ma foi, nous en parlons souvent, je ressors un article assez passionnant qui s’interroge sur les raisons du succès de l’Islande, un pays qui, en 1901, avait un produit national par habitant égal à celui du Ghana aujourd’hui (ce qui laisse de l’espoir aux Ghanéens, si on veut être optimiste).
Comment l’Islande a-t-elle pu faire ça ? Pour faire courte une longue l’histoire, à partir de l’extension de la Home Rule en 1904 [l'autonomie par rapport au Danemark], l’Islande a accumulé du capital à un rythme assez rapide, toute sorte de capitaux, comme c’est le cas dans le capitalisme d’une économie de marché mixte, elle a aussi travaillé dur : le capital fiduciaire par l’épargne et l’investissement, le capital humain par l’éducation et la formation, les capitaux étrangers grâce au commerce, le capital financier par les opérations bancaires, et le capital social en suivant la voie de la démocratie, de la consolidation des institutions et de l’égalité. Le capital naturel a également joué un rôle, en premier lieu de riches zones pélagiques et, par la suite, l’hydroélectricité et l’énergie géothermique, mais la clef du succès de la mobilisation du capital naturel du pays a été l’accumulation antérieure du capital humain. Et le capital humain est probablement la plus importante des clefs de la croissance économique de l’Islande, en raison de familles moins nombreuses et de l’allongement régulier de la vie.
Mais tout l’article mériterait d’être traduit, s’il était moins long. J’encourage les anglophones à s’y plonger.
Source : Vox.