Archive de écologie
Vous explorez les archives pour écologie.
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Revenons un instant, si vous le voulez, à cette notion de principe de précaution. [...] Il y a eu un individu qui est monté à bord d’un avion, venant d’Europe aux Etats-Unis, avec des explosifs à bord. Fort heureusement ça n’a pas fonctionné. Du coup le Président des Etats-Unis prend mondialement et de manière drastique des mesures de précautions. Est-ce que l’on va le lui reprocher ? [...] On ne sait pas quelle est la taille de la menace, on l’imagine.
On imaginait une menace dramatique avec cette grippe, il était légitime de…
C’est intéressant de mettre sur le même plan les deux domaines : sécurité anti-terroriste et vaccination. Dans les deux cas, l’application du principe de précaution, s’il elle est absolument normale, est en passe de devenir désuète. Parce que les menaces terroristes existeront toujours, muteront parfois pour fusionner avec le grand banditisme ou la piraterie, occuperont l’ensemble du continuum allant d’une certaine forme d’incivilité à la mise en oeuvre d’armes de destruction massive en passant par les prises d’otages massives. Il en ira peut-être de même avec les épidémies-pandémies. Sans avoir fouillé plus avant la question, on peut imaginer que malgré les progrès de l’hygiène, le fait d’avoir des populations de plus en plus concentrées dans les villes et de plus en plus mobiles à l’échelle mondiale doit énormément jouer.
Vouloir parer toutes les menaces est chose impossible, et génératrice d’effets secondaires potentiellement nuisibles. Notamment en termes de coûts ou de restriction des libertés individuelles. Trouver une juste mesure est difficile, d’autant plus quand ce qui est concerné devient un enjeu politique.
La solution est sans doute dans les notions de « résilience » ou d’ « acteurs intelligents ». L’essor technologique, notamment dans le domaine des TIC, permet également d’envisager le développement de nouvelles façons de vivre et de travailler, à mêmes d’avoir un impact dans les dimensions sécuritaires, hygiéniques et écologiques. Comme, par exemple, les maisons autonomes ou le télétravail :
L’évolution du télétravail s’explique aussi par les craintes liées aux diverses épidémies(grippe A H1N1, grippe aviaire), aux attentats voire, aux catastrophes naturelles. Moins de déplacements, plus de sécurité, et moins de frais en cette période de crise!
Télétravail d’autant plus pertinent, soit dit en passant, qu’il s’adapte parfaitement au monde des murs, barrières et bulles sécuritaires qui tend à apparaître.
La croyance dans les capacités de défense de l’individu (ou d’un organisme privé) pourrait également sortir renforcée de l’exposition prolongée d’une population (ou d’entreprises) à des menaces diffuses et aléatoires.
Notion d’acteurs intelligents, confiance dans l’individu, autant de concepts difficiles à envisager en France, pays qui n’a pas fait confiance à ses médecins généralistes pour vacciner.

C’est une étrange guérilla à laquelle on se livre dans l’extrême nord de la Scandinavie. Là, en Finlande, Metsähallitus, organisation étatique finlandaise équivalant, grossièrement, à l’ONF française (Organisation Nationale des Forêts), mène des campagnes d’exploitation forestière de très grande ampleur. Les forêts ainsi coupées à blanc sont le lieu de vie des Samis, un peuple indigène vivant, pour ceux d’entre eux qui ne sont pas totalement déculturés, de l’élevage sédentaire de rennes. Or, ce peuple, anciennement nomade, n’a aucun titre de propriété sur ces terres. Seul un droit traditionnel d’exploitation leur est reconnu, non sans contestation, d’ailleurs.
Bien évidemment, la cause samie inspire la sympathie, mais tous les soutiens ne sont pas nécessairement bénéfiques. Ainsi, à y bien réfléchir, le soutien que leur apporte Greenpeace n’arrange rien. En effet, face à l’impératif économique de l’exploitation forestière, ce qui est suggéré par les activistes écologistes est… le tourisme. Pourtant, chacun sait que les dégâts occasionnés par le tourisme, s’ils sont moins spectaculaires que les coupes rases et le bruit des tronçonneuses dans les bois, sont certainement plus graves car il est un incroyable facteur de déculturation. Finalement, même s’ils ne se l’avouent pas, que ce soit Metsähallitus ou Greenpeace, tous sont d’accord sur un point : les Samis doivent disparaître.
J’imagine une autre solution au problème. Une solution inspirée d’Hernando de Soto. Pour l’économiste péruvien, les peuples indigènes sont pauvres essentiellement parce que ce qu’ils possèdent n’est pas reconnu. Si des droits de propriété étaient reconnus aux Samis sur leurs propres terres, c’est à eux que reviendraient les bénéfices de l’exploitation forestière et non à un conglomérat étatique. Ils pourraient ainsi accroître leur richesse et être maîtres de leur forêt et de leur destinée, n’être ni chassés par les tronçonneuses, ni ancillarisés par le tourisme, être libres, en somme…
Voici un documentaire partisan, mais éclairant sur le sujet :