Archive de Dubaï

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Lecture, Suburbia

Le ParK de Bruce Bégout

Bruce Bégout nous propose avec ce court texte, 150 pages, de visiter le ParK, paradigme ultime des centres de loisir. Car le Park est tous les parcs d’attractions du monde, toutes les villes ludiques type Las Vegas, le Park est la synthèse de toute l’architecture de loisir que le XXème siècle a engendré, et bien plus encore. Né de l’argent d’un oligarque russe et de l’inventeur de la neuro-architecture, le Park condense toutes les sortes d’amusement, les agrège et mixe Mickey et Auschwitz, Dubaï et les couloirs de la mort, Coney Island et Abou Ghraib. Car il n’est plus possible d’amuser, d’émerveiller, de terrifier les visiteurs (fortunés – le prix d’entrée étant fixé à 15 000 $ et le nombre d’entrées limité à 100 par jour) avec de simples montagnes russes. Non il faut révulser, choquer, anéantir le confort du spectateur, trop habitué au spectacle barbare du monde (de son œil télévisé).

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(…) si bien que l’architecture ne doit plus avoir pour but de constituer un abri, un refuge solide et durable contre les éléments et les événements, contre l’adversité, mais d’exposer l’homme au danger, de le mettre en péril, d’inverser l’hospitalité en hostilité. La beauté d’un bâtiment se jugera à sa capacité d’inquiéter ses résidents.

Récit purement descriptif, froid, chirurgical, ballardien cela va de soi, le ParK est un texte inhumain sur l’inhumanité, sur cet avenir que nous sommes en train de forger à coup de chaînes satellites, de centres commerciaux sacrés, de guerres communautaires et de suburbia sécurisée.

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Société, Suburbia

Dubaï, si loin, si proche


Record battu pour cette photographie panoramique de Dubaï. En effet elle est composée de 4 250 photos numériques, soit l’équivalent de 4 milliards de pixels. La profondeur est proprement hallucinante, le niveau de détail est impressionnant et l’immersion totale.

Ce panorama nous fait bien prendre conscience de l’immense chantier, tant physique que symbolique, que représente Dubaï. Gigantesque parc à thèmes de nos névroses modernes (LA Grande Crise en tête), la ville-monde se construit sur un tas de sable qui se dérobe presque immédiatement sous ses pieds.

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Société, Suburbia

Laboratoire du désastre

Ces derniers jours, Dubaï a fait la une de l’actualité après deux incidents. D’abord un ascenseur de Burj Khalifa, la tour humaine la plus haute du monde, est tombé en panne, obligeant les visiteurs à rester au somment pendant plusieurs minutes, sans possibilité de redescendre. Ensuite l’aquarium du Dubaï Mall, le plus grand du monde, s’est fissuré et le centre commercial s’est rempli d’eau sur plusieurs centimètres. Loin d’être une simple fuite, il s’agissait d’un véritable tsunami dans le hall.

Alors que la plupart des médias voient ces incidents comme le revers de la médaille de la réussite, voire de la mégalomanie de l’émirat, il faudrait peut-être envisager ces problèmes comme des composantes intrinsèques de l’identité de Dubaï. Ces désastres nous invitent à repenser la destinée de la ville-État. Dubaï est un laboratoire, comme je l’ai déjà évoqué, un laboratoire de notre monde en devenir, une prophétie de béton et de verre. L’événement de l’ascenseur peut nous permettre de comprendre comment les hommes vont devoir affronter, et s’adapter à leurs propres créations. Comment survivre à plus de 800m du sol, apprendre à chasser les oiseaux, à collecter l’eau, à s’affranchir de la terre, de ses dangers, de ses ennemis. L’on peut imaginer des États décidant de se couper du monde à travers des structures toujours plus hautes, toujours plus autonomes. Alors que des conflits entre étages de super-structures peuvent se déclencher à tout moment, cette panne d’ascenseur, à première vue anecdotique, est un laboratoire du comportement humain en de telles situations.

L’eau montant le long du mollet, atteignant bientôt le genou, la panique, la fuite. Faut-il abandonner une structure parce qu’elle a des défauts ? Ou bien faut-il s’adapter à ce risque pour se couper du reste du monde ? Créer des colonies indépendantes autonomes basées sur le risque, risque que ne veut pas prendre une bonne part de la population. Le danger comme dernier rempart de la liberté ?

Ainsi l’homme peut retrouver un état premier de survie, au sein même de ses constructions. La nature, devenue compatissante, complaisante, n’étant plus un danger, ne peut plus souder contre elle les nouveaux Hommes. Ceux-ci doivent retourner leurs propres erreurs structurelles et scientifiques pour s’offrir une nouvelle étape sur l’escalier dans leur évolution. Et Dubaï en est la première marche.

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Le ciel de Dubaï

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Burj Khalifa en grand

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Inauguration pour le toit du monde

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