Archive de darwinisme

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Science

L’évoféminisme au feu de la critique

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Une insistance de Peggy Sastre qui me paraît particulièrement discutable : l’auteure affirme que selon la conception des sciences sociales, l’humain né dépourvu de tout déterminisme et de toute culture, c’est une « page blanche » qui se remplit au fur et à mesure. En gros, sa critique vise à décrédibiliser le reniement du patrimoine génétique très en vogue dans les sciences dites subtiles. Pour avancer son propos, elle utilise une théorie issue des sciences dures (autrement dit « sérieuses », n’est-ce pas?) dont les limites idéologiques avaient pourtant déjà été dessiné par la philosophie queer. Peggy Sastre écrit :

 »En octobre 2003, une équipe de l’UCLA identifie 54 gènes[1] expliquant les différences hommes et femmes, en particulier l’agencement différencié du cerveau. [...] En gros, depuis les années 70 les scientifiques pensaient que les œstrogènes et la testostérone était pleinement responsables des différences entre hommes et femmes. Se fondant sur des observations montrant que les personnes transgenres présentaient des taux hormonaux « normaux », Eric Vilain et son équipe ont alors eu l’idée d’analyser la production des gènes sur des embryons de souris, bien avant qu’elles ne développent leurs caractères sexuels. Ils trouvèrent 54 gènes se développant différemment selon les mâles (18) et les femelles (36). »[2]

Ces recherches sont très instructives, mais aussi très inquiétantes, d’un point de vue d’une analyse critique queer des sciences de la vie et de la médecine.

C’est ce genre de raisonnement que je trouve inquiétant, moi…

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Science

Ronald Fisher, le mal aimé

Ronald FisherVoici ce que l’on peut lire à propos de l’eugénisme de Ronald Fisher dans les « Chroniques darwiniennes » du Nouvel Observateur par Michel de Pracontal :

Il existe un aspect de l’œuvre de Fisher sur lequel les scientifiques se montrent discrets : ses convictions eugénistes, qu’il défend de manière très argumentée dans The Genetical Theory of Natural Selection, son ouvrage majeur. Fisher estime en substance que dans la société moderne, les personnes qui se trouvent en haut de l’échelle sociale ont une supériorité intellectuelle et morale ; or, cette couche sociale «de plus grande valeur biologique» (d’après Fisher !) est moins prolifique, de sorte qu’elle risque d’être submergée par les classes prolétaires qui se reproduisent davantage.

Bien que cette argumentation soit un tissu d’âneries, Fisher, qui s’est montré génial par ailleurs, lui consacre de nombreuses pages.

Je suis à chaque fois fasciné par ce genre de raisonnement. Voilà l’affaire : un savant, dont on est forcé de reconnaître le génie et dont on admet volontiers ne pas avoir la moindre capacité à juger le travail, pense une chose qui déplaît et, du coup, on se sent le droit de taxer cela d’ânerie, mais de quel droit et sur quel critère ? Surtout que l’auteur reconnaît lui-même que Stephen Jay Gould — dont on sait par ailleurs la capacité à refuser tout débat — reconnaît la place centrale de l’eugénisme dans la pensée de Fisher :

…«la conspiration du silence» autour de l’eugénisme de Fisher est « une démarche à la fois inappropriée [...] et exagérément prudente. » Pour Gould, les positions élitistes de Fisher, pour erronées qu’elles soient, font partie intégrante de sa pensée et ne doivent pas être gommées, quel que soit l’embarras qu’elles suscitent dans le contexte du «politiquement correct moderne».

 »Conspiration du silence », ce sont de bien grands mots, quoique celui qui les dit est un expert en la matière, mais Pracontal qui le cite devrait rajouter qu’en France, les choses sont bien pires car en plus de se voir accusé d’être un âne par un journaliste, Fisher souffre de n’avoir pas été traduit en français alors que Gould si, et très largement. Pour le coup, c’est une « conspiration du silence » à laquelle l’auteur de ces « Chroniques darwiniennes » ne fait qu’ajouter sa caution morale.

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James Williams

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Voyage initiatique

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Le CNRS nous propose de suivre les pas de Darwin grâce à un site multimédia assez bien fait. En 14 étapes animées et accompagnées de la lecture d’un texte explicatif, on peut suivre Darwin tout au long de son périple sur le Beagle.

La genèse du maître ouvrage de Darwin, L’origine des espèces, étant très liée à ce voyage, partir du récit de celui-ci est commode, pertinent et une bonne idée pédagogique. Certes, on pourra trouver le récit de la rencontre avec les fuégiens passablement politiquement correct. J’apprécie tout particulièrement les guillemets à civiliser, au moins, on ne les entend pas dans la version audio…

Fin février, le Beagle arrive à hauteur de la Terre de Feu, à la pointe Sud du continent. L’heure de vérité a sonné pour le capitaine FitzRoy: les trois autochtones à qui il a donné une éducation en Angleterre ont-ils réussi à diriger la mission bâtie l’an passé et à « civiliser » leurs semblables? Le 5 mars, le navire jette l’ancre à Woollya. La mission est vide, une bataille semble avoir eu lieu… Un fuégien quasi-nu arrive sur un petit canot. C’est Jemmy Button, un des trois autochtones anglicisés. Il est complètement revenu à la vie sauvage et se montre assez honteux devant les membres de l’équipage. Il leur apprend que les deux autres fuégiens éduqués par FitzRoy se sont enfuis en volant ses affaires. Le pari du capitaine est perdu. Seule consolation: Jemmy a appris quelques mots d’anglais à sa tribu. Mais il ne veut pas retourner en Angleterre car il a maintenant une jolie femme à ses côtés. Les adieux sont émouvants…

Mais Darwin étant devenu une sorte de saint laïc, il n’y a donc pas vraiment lieu de s’étonner de la façon dont tout cela est présenté.

Toujours est-il que si vous avez un moment de libres, vous avez là l’occasion d’apprendre pas mal de choses à la fois sur ce qu’était la science en cette première moitié du XIXème siècle, mais aussi sur l’histoire de l’élaboration de L’origine des espèces.

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La fosse aux Shoggoth, Lecture

Lamarck et Lovecraft

sdx_screenshot_14On a pu lire le 7 juin dernier une très intéressante remarque sur le blog de Chris Perridas, H. P. Lovecraft And His Legacy. On lie souvent l’horreur lovecraftienne au darwinisme tel qu’il a été popularisé par Haeckel et on a incontestablement raison de le faire. Mais est-ce sa seule source en matière de biologie de l’hérédité ? Non, nous dit ici Chris Perridas.

Son hypothèse est la suivante. Dans sa jeunesse Lovecraft a eu l’occasion de fréquenter des professeurs de la Brown University parmi lesquels se trouvait Alphaeus Spring Packard, Jr. Ce professeur mort en 1905 était un néo-lamarckien et c’est par son influence que s’expliqueraient certaines nouvelles de Lovecraft dans lesquelles la transmission héréditaire des caractères acquis joue un rôle central (peu importe ici que cette transmission soit aussi présente chez Darwin que chez Lamarck). Perridas cite Les rats dans les murs qui en est un très bon exemple, mais il y a aussi La peur qui rôde qui me semble aussi valable pour illustrer le propos.

sdx_screenshot_15La première de ces deux nouvelles, Les rats dans les murs, montre que les pratiques cannibaliques de la famille de la Poer devenue Delapore ont modifié l’hérédité de ses membres tant et si bien que quand les conditions sont réunies, la pulsion cannibale ressurgit d’une affreuse manière dans la personne du dernier représentant de cette famille…

La peur qui rôde est assez semblable du point de vue de la lecture lamarckienne. Les Martense, une famille d’origine hollandaise, très isolée du fait de son refus d’entretenir des rapports avec les Anglais, dégénère d’une horrible façon. Là, l’évolution de cette famille est manifestement trop rapide pour être le fait de la sélection naturelle. De plus, la sélection naturelle retient les plus aptes, pas les plus fous. enfin, la peur de l’orage semble être, dans cette famille, un caractère acquis*.

OUTL012355Lovecraft n’a jamais caché que ses exigences scientifiques n’interféraient ni avec ses goûts littéraires ni avec son œuvre fictionnelle. Il serait cependant intéressant de faire une analyse comparée de la notion d’hérédité dans ses nouvelles, dans ses essais et dans sa correspondance**. En tout cas, la remarque de Chris Perridas nous oblige à réfléchir et nous donne envie de nous replonger dans ces deux textes !

* En passant, on notera avec profit que le présupposé de ces deux nouvelles n’est pas fantastique, mais scientifique. Lovecraft est essentiellement un auteur de science-fiction.

** Les yeux vairons des Martens dans La peur qui rôde feraient un excellent point de départ.

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45 minutes de Dawkins

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