Archive de Congo
Vous explorez les archives pour Congo.
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Contrairement à ce qu’affirment certains lieux communs tenaces, le cannibalisme n’est pas et n’a sans doute jamais été une pratique courante en Afrique noire. L’image du Noir avec un os dans le nez qui danse autour de la marmite où se trouve un explorateur à casque colonial et une starlette blonde nous vient de la RKO et du cinéma hollywoodien, pas des récits de voyageurs et encore moins du témoignage des anthropologues.
En revanche, en Afrique comme dans toutes les régions du monde confrontées à une famine extrême, le cannibalisme de subsistance peut exister. Le cas le plus général est, alors, de mentir et de se mentir sur la nature de ce qui est mangé. De ce point de vue, le cas du crash du vol 751 des forces aériennes uruguayennes en 1972 est très à part puisque là, des hommes ont débattu, discuté et réfléchi avant de se décider, pour survivre, de se nourrir des cadavres de leurs amis. De même, ce qui a pu se passer au sein de l’armée japonaise en 44-45, en Papouasie.
Toujours est-il que ramener la chair humaine à du cochon (y compris en mêlant les deux viandes) par exemple est une pratique courante dans ce type de situation, la Chine de la Révolution Culturelle (je ne parle pas ici du cannibalisme rituel des Gardes Rouges) ou l’Ukraine des années 30 en témoignent. Mais en Afrique, il y a eu une tout autre méthode.
Le cannibalisme consiste, pour un homme, à en manger un autre, mais si un homme n’est considéré que comme un singe, sa chair n’est plus que de la viande de brousse. C’est précisément ce qui s’est passé au Congo il y a quelques années, avec les Pygmées. Là, les armées engagées dans la guerre civile ont véritablement traité les pygmées comme ils l’auraient fait de singes, en les chassant pour se nourrir.
C’est que pour beaucoup en Afrique, les pygmées ne sont tout simplement pas des hommes. Cela n’a rien à voir avec le racisme tel qu’on peut l’entendre en Occident, c’est quelque chose de très différent et de très troublant parce que les auteurs de ces faits n’ont absolument pas conscience de faire quelque chose, de mal. Faudra-t-il leur dire, comme l’on fait les écologistes pour qu’ils épargnent la faune, qu’il leur faut garder des pygmées en vie pour faire venir les touristes ? En tout cas, cette histoire est l’occasion de se poser bien des questions sur l’universalité de nos évidences.
Source : SMH.

Pour la première fois, un accouplement de gorilles face à face a été observé et photographié. Cela a eu lieu au Congo dans le cadre d’une recherche menée par l’Institut Max Plank.
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Nous avions évoqué le débat qu’il y a entre conservateurs et libéraux (au sens anglo-saxon) autour du cas des bonobos et de l’utilisation polémique qui est faite des connaissances parcellaires que l’on a sur cet animal au regard de la masse de documents consacrés aux chimpanzés. Il continue par une réplique de Larry Arnhart sur son blog Darwinian Conservatism, à la réponse de Frans de Waal sur eSkeptic à l’article de Ian Parker paru dans The New Yorker. Tout ça donne beaucoup à penser…
Les chimpanzés sont méchants et les bonobos sont gentils. Voilà ce qui ressort, pour beaucoup trop de gens, de la lecture, un peu rapide, des écrits de Frans de Waal. En effet, ce dernier a, au travers de deux livres particulièrement marquants, illustré deux thèses :
Rajoutez à cela que les chimpanzés ont des mâles dominants alors que les bonobos ont des matriarches honorées par tous et bienveillantes pour chacun, et vous avez un parfait tableau aux couleurs vives qui semble tout droit sortir des rêves d’un gourou californien des années 70.
D’ailleurs, certains vont jusqu’à vanter les mérites de cette bonobo way of life pour l’homme. Sally Jewell Coxe, fondatrice de la Bonobo Conservation Initiative, va jusqu’à suggérer, en plaisantant, certes, que les bonobos pourraient être les premiers singes à découvrir la marijuana (et à s’habiller de tissus indiens en se parfumant au patchouli, non ?). Susan Block, quant à elle, résout le problème de la guerre dans le monde en disant juste qu’il « n’est pas aisé de faire la guerre en plein orgasme »… Ce sont là de puissantes analyses et de profondes pensées qui montrent une grande connaissance de l’âme humaine, donc, n’en doutons pas…
Cependant, la réalité est sans doute tout autre. En effet, longtemps, on a eu une vision semblable du chimpanzé et ce ne sont que des découvertes relativement récentes (dont celles de Frans de Waal, d’ailleurs) qui ont démontré que loin d’être l’être à l’image du Bon Sauvage de Rousseau, le chimpanzé était plutôt à celle de l’homme dans l’état de nature chez Hobbes ou du vagabond d’avant l’orage chez Vico. Or, l’observation scientifique des bonobos n’a commencé qu’il y a très peu de temps. Les travaux sur ce sujet sont extrêmement peu nombreux. Même Frans de Waal, dont on fait la référence sur les bonobos, les a étudié seulement en captivité et infiniment moins que les chimpanzés (en captivité eux aussi, mais il pouvait pondérer et comparer avec les études faites en milieu sauvage). En somme, il est bien possible que le malaise de ce pauvre musicien surpris avec un t-shirt « chimps » à une bonobo’s party devienne quelque chose d’assez difficile à comprendre dans quelques années…
Source : The New Yorker via Darwinian Conservatism.