Archive de climat
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Mohamed Nasheed est le président des Maldives. Pas les PDG du camp de vacances des Maldives : c’est aussi un pays, vous savez… Toujours est-il qu’après bien des séjours en prisons et bien des ennuis, le voilà à la tête de l’Etat, mais peu importe la politique.
Une des mesures intéressantes qu’il envisage et pour laquelle il a déjà ordonné quelques démarches est l’utilisation des profits du tourisme pour l’achat de terres. De beaucoup de terres. C’est que les Maldives ne sont qu’un chapelé de 1192 îles ou îlots répartis en 26 atolls (le mot vient de là-bas) tous aussi peu élevés au-dessus du niveau de la mer les uns que les autres.
En d’autres termes, s’il y a bien un réchauffement climatique durable, il y a de bonnes chances que tout cela devienne sous-marin, ce qui ne manquerait pas de poser quelques problèmes aux habitants, il faut bien l’admettre. Alors, Mohamed Nasheed songe à l’avenir et à l’endroit où les 350000 habitants de l’Etat dont il a la charge pourraient se réfugier…
Les Etats plus proches, géographiquement et culturellement, sont ceux à qui on a songé en premier lieu. Ainsi, l’Inde ou le Sri Lanka sont venus les premiers à l’esprit. Cependant, tant l’Inde que le Sri Lanka ne sont pas des pays sans problèmes et l’arrivée d’une population de 350000 musulmans n’irait pas sans poser de problèmes, d’autant que ce ne serait pas une simple migration, mais l’installation d’un Etat sur le territoire national d’un autre Etat. A ce titre, l’Inde, grâce à sa structure fédérale, pourrait offrir une certaine souplesse.
L’Australie, à cause des grands espaces laissés libres, intéresse aussi le président des Maldives, mais là, le problème culturel est encore plus prégnant. En fait, la grande question qu’une telle démarche pose est celle de l’essence d’un Etat. Est-ce un espace géographique indépendamment de qui s’y trouve (cf. mes récentes remarques sur les Etats-Unis) ou est-ce l’émanation juridique d’une communauté qui lui est antérieure et supérieure ? Ce n’est que si la seconde réponse est donnée qu’un tel projet a un sens.
En tout cas, le président Mohamed Nasheed est clair sur ses motivations :
Nous ne pouvons rien faire par nous-mêmes pour arrêter le changement climatique et nous avons donc à acheter une terre autre part. C’est une police d’assurance dans le cas où le pire arriverait. Après tout les Israéliens [ont commencé ainsi en achetant] des terres en Palestine. […] Nous ne voulons pas quitter les Maldives, mais nous ne voulons pas non plus devenir des réfugiés climatiques vivant dans des tentes pour des dizaines d’années.
Je ne sais pas pour vous, mais, personnellement, je trouve ces réflexions lucides et courageuses. Et puis, elles me permettent, je crois, d’en dire plus (et mieux) sur les événements actuels de Gaza que bien des spécialistes et le tout sans y toucher !
Appelés aux urnes hier dans le cadre d’un référendum, les quelque 39.000 électeurs des 80 villes et villages du Groenland ont décidé, avec une majorité écrasante et sans surprise, de faire avancer leur territoire vers l’indépendance. Selon des résultats officiels définitifs, 75,5% des suffrages exprimés ont voté en faveur d’un régime d’autonomie élargie de cette île de l’Arctique, sous hégémonie danoise depuis près de 300 ans.
Le Groenland vient donc de voter pour son autonomie, et s’oriente vers la voie de la modernisation et de l’indépendance. Cette île de 2 166 086 km2 pour 56 648 habitants est une des zones les moins peuplés au monde. Alors quel intérêt me direz-vous ? Et bien tout d’abord le futur état possède dans son sous-sol d’importante réserve énergétique (hydrocarbure et uranium) et minérale (or et diamants), de quoi faire vivre confortablement les natifs et de faire prospérer son économie. Économie qui en aura bien besoin, car si l’augmentation de la température à la surface de la Terre continue dans les proportions de ce dernier siècle, le Groenland va devenir, d’ici 100 à 200 ans (voir même plus tôt si la nature se force un peu), un havre de paix et une zone climatiquement bien agréable pour accueillir des populations chassées de leur pays par les vagues de chaleur. Nuuk nouvelle Costa del Sol du XXIIème siècle pour les réfugiés climatiques ?
Source : le Figaro.
Quand l’eau monte, le bateau s’élève (c’est, peu ou prou, la judicieuse remarque d’un penseur chinois dont j’ai oublié le nom). Donc, si le niveau de la mer augmente, il faudra bien que les villes et leurs habitants fassent de même et quelle meilleure façon qu’en les faisant flotter ?

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