Archive de caméra
Vous explorez les archives pour caméra.
Vous explorez les archives pour caméra.
Un nouveau pas vient d’être franchi dans l’immersion. Vous pouvez maintenant déambuler dans les rues haïtiennes dévastées par le tremblement de terre.
Tournez la tête où vous le souhaitez, regardez derrière vous, sur les côtés, fixez un immeuble détruit. Écoutez ces instants de vie haïtienne… Vivez, pendant quelques secondes, et via deux de vos sens, ce que vit un inconnu marchant dans une rue de l’île meurtrie.
Une expérience étrange, qui n’est pas sans rappeler le film de Katryn Bigelow, Strange days.
SurveillanceSaver est comme son nom l’indique un économiseur d’écran. Mais là où l’idée est géniale, c’est qu’il est connecté à près de 400 flux vidéo de caméra de surveillance à travers le monde.

Par un procédé magique, SurveillanceSaver permet de récupérer, via Google, des flux vidéos provenant des quatre coins de la planète. Et votre écran devient une fenêtre vers l’extérieur.
Au début, c’est assez déroutant. Ces longs plans fixes, sur des rues, des immeubles, paraissent presque faux, irréels, mais on finit par apercevoir des passants, des vaguelettes au long du ponton, des ouvriers sur le toit d’une maison en construction. Et on se prend à épier ces petits moments de vie. Les séquences, pour ce que j’ai pu observer, sont aléatoires, aucun séance de voyeurisme ne ressemble à une autre. L’excitation est intacte à chaque fois que votre écran se met en veille.
Des lieux nous sont familiers, ils reviennent de temps en temps, mais pour la plupart (on parle ici de près de 400 caméras, personne ne laisse son économiseur d’écran tourner aussi longtemps) c’est à chaque fois un nouveau voyage.
L’on en vient à espérer que quelque chose arrive, quelque chose de grave, d’horrible. Que la bonne marche du monde s’enraye pendant quelques secondes, que pendant une fraction d’infini une silhouette apparaisse et nous plonge dans un univers de violence et d’interdits. A l’instar de Jeffrey Beaumont dans Blue Velvet de David Lynch, voyeur archétypal du cinéma contemporain, il nous est offert la chance de voir la vie d’autrui sans être vu. Fantasme absolu de la société de l’information, tout à chacun peut être vu, observé, épié. Le corollaire d’une acceptation tacite des citoyens à l’intrusion de la vidéo surveillance dans leur vie privée.
Pied de nez à l’emprisonnement sécuritaire de cette classe moyenne qui se calfeutre de plus en plus dans ses bunkers pavillonnaires, ce système globale de surveillance généré via Google (qui a dit Big Brother ?) nous transforme tous en super flic du net, à l’affût d’un délit, d’un taggeur, d’un crime, d’un meurtrier.
Mais rien ne se passe, et le monde tourne toujours rond sur notre écran LCD widescreen.
A télécharger d’urgence : SurveillanceSaver.

Anna Barriball expose dans le métro de Londres. Des phrases banales, dites mille fois, sont imprimées dans la police des messages officiels et exposées le long des couloirs… Au moins, les Soviétiques savaient décorer leur métro, eux…
Source : Londonist.