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Les noms de Lovecraft et des créatures, dieux ou… choses issus de son imagination se sont répandus dans la culture populaire tels des tentacules ou des pseudo-podes sur les rebords de la fosse aux shoggoth (sans s). Cette diffusion, quoique relativement récente au regard des dates de rédaction de ses œuvres a été fort rapide puisqu’aujourd’hui on peut trouver presque partout des traces de l’œuvre lovecraftienne. Ce sont d’étranges traces de pas rappelant celles dont on se souvient encore aux alentours de Dunwich et qui mènent presque toute au jeu de rôle L’appel de Cthulhu de Chaosium.
L’amateur éclairé et le connaisseur véritable de Lovecraft ne se plaint nullement de cet état de chose. Bien souvent, surtout s’il est parmi les plus jeunes, c’est par ce biais qu’il a découvert les plaisirs inédits de la lecture des nouvelles ou des poèmes du gentleman de Providence. Même lorsque ce n’est pas le cas, il ne voit nulle raison de condamner une culture qui, pour ne pas être la sienne, n’en est pas moins proche tant par ses inspirations que par ses aspirations. Souvent il participe lui-même de bon cœur à ce grand jeu presque oulipien, à cette farce qui, pour ne pas être tout à fait cosmique, n’en est pas moins une forme de comédie (in)humaine. Cependant, la vulgarisation a ce revers d’être l’indicateur du passage de la culture populaire à la banalité un peu vulgaire dont il sera question plus bas.
Il se trouve que je suis avec un grand intérêt l’actualité lovecraftienne dans son ensemble. Un intérêt immense, même, mais souvent contrarié par d’autres obligations. C’est ainsi que je sacrifie bien souvent la lecture exhaustive à un survol rapide et que de cette lecture, je ne peux retenir que peu de choses dont je me fais l’écho ici. J’effectue donc une sorte de tri à moitié sur des critères rigoureux, à moitié sur ceux de la pure contingence et de l’accident. Mon regard a été attiré cet après-midi par un billet portant ce beau titre : « Je finirai comme Lovecraft ». Diantre ! Qu’était-ce là donc ? Les réflexions d’un homme au bord de la mort qui porte sur un monde déliquescent le regard lucide d’un humaniste égaré dans la modernité tardive à l’heure où il s’approche de la mort suite à un cancer des intestins ? Fallait-il s’attendre à lire, au contraire, à lire la prose enflammée d’un jeune parisien bien éduqué revenant d’une promenade vespérale, avenue de Flandres, et se mettant à réécrire Horreur à Red Hook ?
Ma lovecraftose me démangeait, tous mes sens étaient en éveil : j’avais faim de découvrir ce qui pouvait bien se trouver là-derrière. Quelle ne fut pas ma terreur, mon horreur, mon erreur quand je lu…
Je finirais comme Lovecraft
Je réalise de plus en plus que je n’aime pas les gens.Je ne peux même pas me balader dans la rue sans avoir une frénétique envie d’en buter un ou deux au passage. Non mais vraiment!
Je n’aime pas les pétasses qui rigolent comme des dindes aussi fort que possible pour se faire remarquer, je n’aime pas les sous cons (ouais ça existe!) qui ne peuvent pas s’empêcher de vouloir sauter tout ce qui bouge sous prétexte que ça porte une jupe ou des talons, je déteste les vieux qui se croient tous permis justement parce qu’ils sont vieux, je n’aime pas les gens qui te bousculent et ne pensent pas à s’excuser, je n’aime pas les gens qui sont persuadés que tu as forcément besoin de leur aide, je ne supporte pas ceux qui marchent très très doucement sur le trottoir alors que c’est blindé de monde un samedi, je trouve insupportable les gamins qui chialent à mort dans le bus ainsi que leurs parents qui gueulent encore plus fort en pensant que les dit gamins vont se calmer. Bon ok j’arrête sinon on en a pour deux jours et encore je suis gentille.
Et encore est-elle gentille ! Alors, moi aussi, je le serai — gentil, pas gentille — et je vous épargnerai d’aller plus avant. Tout ça pour ça, me direz-vous ; tout ça pour en arriver à une longue citation sans grand intérêt et pour nous laisser là, tous Gros-Jean comme devant, était-ce bien la peine ? Franchement, non, je ne le crois pas, mais j’avais pris l’engagement devant Dalhia d’écrire quelque chose de méchant et d’inutile… C’est chose faite, maintenant.
Un de mes amis m’a fait découvrir il y a quelque temps un jeu très amusant quoique s’appuyant presque exclusivement sur le hasard. Il s’agit de « La Brute ». Ce jeu permet d’opposer sa brute à d’autres brutes lors de combats féroces… et brutaux. A l’issue de chaque combat, on gagne de l’expérience, donc des compétences et des armes, lesquelles augmentent sa force pour de prochains combats. Idée intelligente, afin d’éviter le gros-billisme, le nombre de combats est limité à trois par jour.
J’ai donc créé ma brute et je fais, plus ou moins régulièrement, mes trois combats quotidiens. Je me suis rapidement rendu compte qu’il n’y avait que deux moyens de peser sur le hasard. Le premier en choisissant ses adversaires et le second en ayant le plus d’élèves possible, car leur mérite rejaillit sur le maître qui gagne de l’expérience en proportion des progrès de ses disciples.

Pourquoi parlé-je aujourd’hui de ce jeu ? Pas simplement pour recruter de nouveaux élèves, bien que ce soit une façon pour mes lecteurs de témoigner de leur amour pour moi… Non, je vois dans ce jeu l’illustration d’une certaine vision des lois d’airain de l’hérédité, une apologie du struggle for life darwinien et, enfin, une belle leçon de philosophie nietzschéenne — l’amor fati en flash sur ton écran…
En somme, allez-y voir et affrontez-moi, ce sera un geste aimable et je vous le rendrai au centuple en coups de massue sur la tête
Sans doute vous en êtes-vous déjà rendu compte : il se passe d’étranges choses sur schizodoxe.com. Tout d’abord, le nombre de billets postés a relativement baissé, notamment ceux qui sont écrits par moi, mais d’autres auteurs, de plus en plus nombreux, apportent leur contribution et participent à SDX depuis quelque temps. Et puis, peut-être l’avez-vous constaté hier soir ou dimanche, il y a, parfois, des erreurs d’affichages et vous avez pu entrapercevoir, sans doute, une autre présentation de SDX que celle qui existe depuis le début.
Tout cela a une raison simple et unique : SDX a plus d’un an, ce site approche les 3000 billets, il est temps qu’il mute, qu’il cesse d’être un blog personnel comme tant d’autres (tant d’autres dans la forme, car sur le fond, SDX a une certaine originalité, vous ne me le contesterez pas) pour devenir un véritable magazine en ligne où de nombreux collaborateurs pourront s’exprimer, mais où je resterai à la fois le maître et le principal auteur.
Cela, bien sûr, ne peut se faire rapidement, d’autant que ceux qui s’occupent de la mutation technique — Dalhia et JB — le font sur leur temps libre. Moi-même je perds un temps fou dans cette histoire, et c’est autant moins qui est consacré à l’écriture et aux lectures qu’elle implique (surtout que cela finit par porter sur mon moral…). Je crois, cependant, que dans quelque jour, une version encore inaboutie, mais suffisamment fonctionnelle sera installée de façon pérenne.
Un magazine en ligne et de multiples auteurs, disais-je. Cela signifie que l’information sera mieux hiérarchisée que dans la structure strictement linéaire et chronologique d’un blog. Elle sera peut-être, aussi, un peu plus diverse qu’au temps où j’étais le capitaine et le matelot de la barque SDX. Mais la nef des fous qui s’annonce n’aura qu’un seul maître à bord et je saurais maintenir l’unité de ton et d’approche qui fait l’originalité et l’identité de SDX.
Ce plus grand nombre d’auteurs ne se traduira pas nécessairement par un plus grand nombre de billets, mais ceux-ci seront plus fouillés, plus discutés entre nous, plus liés les uns aux autres, plus cohérents entre eux. Peut-être, toutefois, seront-ils malgré tout un peu plus nombreux, mais cela ne généra en rien la lisibilité, car, contrairement à ce qui se passe dans la première version, ils ne seront plus mélangés les uns aux autres et le billet contenant un clip vidéo ne pourra être confondu avec un autre contenant une longue analyse de fond. De plus, au lieu d’un seul flux RSS, il y en aura plusieurs, par catégorie, par auteur… on pourra même en créer un à partir des tags !
J’attends beaucoup de ce changement, je ne vous le cache pas. Plus de reconnaissance, c’est toujours agréable ; plus de revenus publicitaires, pourquoi ne pas rêver ; mais surtout, plus de lecteurs, plus de commentateurs, plus de personnes avec qui débattre, discuter… Mon rêve initial était que SDX devienne un jour une sorte de Wired francophone. Nous en sommes, pour le moins, encore très éloigné, mais il ne tient qu’à vous que cela se rapproche !
Encore une fois le patron m’a insulté, prié, supplié, menacé. Et j’ai fini par accepter. Je suis un lâche. Je me déteste. Voilà peut-être la clé pour comprendre mon engagement dans l’équipe de SDX et un semblant de réponse au « Why Blog » ?
OldCola nous met, moi et tous les rédacteurs de Schizodoxe, sur la liste des gens dont il aimerait savoir la raison pour laquelle ils écrivent sur un blog, c’est-à-dire, après tout, pourquoi ils écrivent, le moyen n’étant, selon moi, que secondaire — quelle idée ! En tout cas, cela m’inscrit dans une longue et prestigieuse chaîne de blogs !

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