Archive de biopunk
Vous explorez les archives pour biopunk.
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L’artiste australien Stelarc, que certains qualifient de post-humain, ou bionique, ou biopunk, va installer un micro dans l’oreille qu’il a sur le bras, pour retransmettre via Internet, et donc dans le monde entier, ce que son bras entend. Ah oui pour ceux qui ne connaissent pas Stelarc, l’artiste a une oreille sur l’avant-bras gauche, une vraie oreille.
Voici comment il définit son oreille fabriquée à partir de cellules souches :
A partir des cellules souches, on peut faire en principe pousser n’importe quel organe, mais pour l’instant, on n’a pas été capable d’identifier les marqueurs qui correspondent au foie, au poumon. Nous avons essayé d’en construire une à partir de cellules vivantes de donneurs humains, de cellules provenant d’une tumeur cancéreuse et de cellules de souris. On avait façonné une oreille en polymère d’après mon oreille. Les cellules alimentées par des nutriments, poussaient sur le modèle qui se biodégradait au fur et à mesure ; ce qui reste, c’est un bout de tissu vivant qui a la forme d’une oreille. Le problème, c’est qu’on n’arrive à obtenir qu’une petite oreille, qui fait le quart de la taille d’une oreille normale et sa durée de vie est très courte, une semaine maximum ; ensuite elle s’infecte. Ça ne correspondait pas à ce que je voulais, c’est-à-dire une oreille plus grande, stable, construite sur mon corps. L’oreille que les chirurgiens ont implantée dans mon bras est une sorte de structure poreuse qui permet aux cellules de la peau de pousser à l’intérieur, l’oreille finissant ainsi à faire biologiquement partie de mon bras.
Dieu seul sait ce que l’on entendra par cette oreille, mais le repositionnement d’un organe peut changer notre rapport au monde et à nos perceptions de celui-ci. Sans parler de la confusion de notre regard face à cette anomalie anatomique. Stelarc continue son exploration du corps humain, de ses limites mais aussi de ses innombrables potentialités encore inexplorées.
Cette semaine un homme a retrouvé la vue et s’est remis à marcher dans la lumière. Il a beaucoup été question dans les médias de cette avancée technologique du à la société Second Sight, qui a permis à ce britannique de 73 ans de recouvrer, partiellement, la vue, après 30 années passées dans les ténèbres. Sur son œil ont été posées des électrodes qui stimulent le nerf optique en fonction des informations visuelles envoyées par une camera située dans une paire de lunette, qu’il n’a plus qu’à enfiler pour voir. Le tout est géré par un micro-processeur qu’il porte sur lui et qui traduit ce qu’il « voit » en données transmissibles par le nerf optique. Au delà de la prouesse d’un tel procédé, il peut maintenant distinguer la clarté de l’obscurité, le blanc du noir, il est intéressant d’observer la séparation qu’il est ici fait de l’organe et de sa fonction. En effet l’œil ici ne voit pas, c’est bien le cerveau. Ainsi on pourrait tout aussi bien lui transmettre d’autres informations que celles produites par ses lunettes-yeux. Même si tous les non et mal voyants ne veulent pas tous recouvrer la vue, cette technologie ouvre des perspectives bien plus grandes que la guérison d’un handicap. Imaginons ces yeux bioniques couplés avec des systèmes de réalité augmentée, la vue serait alors découplée de la réalité tangible, et l’on pourrait naviguer à loisir dans un nouvel environnement mi-réel, mi-synthétique. Ceci est tout l’enjeu de Ghost In The Shell Stand Alone Complex, et de son Laughing Man, le terroriste que vous ne pouvez voir avec vos yeux.
Ironie de la chose, c’est en Grande-Bretagne, pays de la CCTV par excellence et par mentalité, qu’un homme a vu la lumière grâce à une caméra vidéo.

Si comme Fry vous voulez savoir à quel métier vous êtes destiné, la méthode du DIY est maintenant applicable au puce RFID. La preuve :
Source : BoingBoing.

One of the central works in the exhibition “Design and the Elastic Mind” at the Museum of Modern Art in New York (until 12 May), Victimless Leather, a small jacket made up of embryonic stem cells taken from mice, has died. The artists, Oron Catts and Ionat Zurr, say the work which was fed nutrients by tube, expanded too quickly and clogged its own incubation system just five weeks after the show opened.
Alors que certains exposent des chiens agonisant, d’autres font dans le bioart et mette en scène des cellules souches et appellent ça « Cuir sans victime », puisqu’il s’agit de créer une peau artificiellement. Malheureusement pour l’ »artiste », la « peau » est sortie de sa cuve telle un shoggoth en colère et il a fallu la tuer (ne me demandez pas comment). Mon Dieu, mais qu’ont-ils fait à l’art ?
Source : The Art Newspaper.

Ce livre a été présenté sur France Culture il y a quelques jours et il semble particulièrement intéressant.
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