Archive de bateau
Vous explorez les archives pour bateau.
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L’Oasis of The Seas va effectuer son voyage inaugural dans la mer des Caraïbes en décembre. Passons les superlatifs le caractérisant, et penchons-nous sur ce que ce navire peut dévoiler de notre avenir.
Une enclave flottante pour État submergé.
Avec le réchauffement climatique, de nombreux pays avec une façade maritime potentiellement submersible pourraient avoir besoin de ce genre de paquebot pour déplacer/exiler/interner une partie de leur population. Que ce soit par la force, ou par obligation, ces navires réaménagés vont accueillir des réfugiés climatiques tels des Exodus luxueux du XXIème siècle. Bidonvilles flottants pour des pays pauvres comme le Bangladesh, ou véritable suburbia high-tech flottante pour des pays riches (Danemark, Hollande, Japon), ces « pays naviguant » vont poser des problèmes quant à leur ravitaillement, à leur port d’attache (néo-colonisation des escales ?), à leur économie nomade et même à leur impact sur l’environnement.
Zone de quarantaine flottante / Zone sûre flottante
Avec la pandémie de grippe H1N1 qui guette, la résurgence de tout un tas de fléaux plus ou moins génocidaires, certains gouvernements vont avoir envie de mettre en quarantaine plusieurs centaines de leurs ressortissants. Quoi de mieux qu’un paquebot. Évidemment ce genre de mesure s’appliquerait principalement à des personnalités (politiciens, footballeurs, élites médiatiques et financières) qui peuvent bénéficier de toute l’attention dont ils ont droit eu égard à leur rang. Quelques jours sur un paquebot de luxe en attendant les résultats de leur test à la peste noire en sirotant un martini, quoi de plus hype ? En poussant la logique plus loin, on peut imaginer aussi des populations s’isolant des foyers infectieux, en parcourant les mers et les océans, afin d’éviter la contagion. Divers gouvernements et chefs d’États navigueraient loin de leurs pays centralisés, traitant les affaires par liaisons satellites alors que les morts sont ramassés à même les rues, des stars offriraient au monde leur spectacle en streaming, dans un zone sûre de l’Océan Pacifique (Rihanna chantera d’ailleurs à l’inauguration du Oasis of the Seas en décembre depuis les Caraïbes).
TAZ défiscalisée / Zone de Non-droit
Alors que la Crise™ continue de déferler sur nos côtes économiques, que les déficits se creusent plus vite que la Mer Rouge devant Moïse, de nombreux contribuables des pays industrialisés vont décider, sous le poids des nouvelles fiscalités vertes, anti-Crise™, et j’en passe, de s’exiler fiscalement. Et quoi de mieux qu’un bateau battant pavillon panaméen naviguant dans les eaux internationales ? Il suffit de payer un droit d’installation, de ne participer qu’aux frais de gestion du navire, et ensuite ils peuvent profiter de la belle vie pour de nombreuses années. Certains retraités ont déjà fait le choix de vivre ad mortem dans une luxueuse cabine d’un de ses palais flottants. Sans droit de succession, sans impôt locaux. Les occupants peuvent ainsi choisir qui a le droit de venir sur leur havre de paix. Législation anti-enfant, voire eugéniste, apartheid social et/ou racial, toutes les combinaisons sont envisageables.
En poussant la logique plus loin, ce genre de navire pourrait aussi accueillir tout un tas d’activités illégales dans de nombreux pays : alcool, tabac (eh oui on y arrive), drogues, prostitutions, pédophilies, jeux d’argent, meurtres pour loisir, etc. Dédouanées des juridictions partisanes, ces paradis flottants peuvent offrir à ses hôtes des plaisirs interdits sur terre. Et ce, en toute impunité.
Autres scénarios, catégorie inclassable
Bien sûr des éléments extérieurs peuvent égayer cette croisière. Imaginons une transposition du roman I.G.H. de J.G Ballard sur ce luxueux jouet flottant. Les premières classes et les secondes classes pourraient s’affronter dans une guerre de tranchée de coursives. Abandonnée à la violence de ses occupants, errant dans les mers du sud, les différentes tribus le composant, Bronzés, Vieilles-Peau, Hippie-Yuppies et autres, se livrant à une guérilla éternelle autour des piscines, sur les ponts inférieurs et supérieurs, crucifiant les prisonniers à l’heure du cocktail, faisant des actes de pirateries sur des bateaux venus à leur secours.
Une épidémie de zombisme se déclare un matin d’avril. Près de la moitié des occupants sont infectés durant la première semaine. Pendant un mois, le navire est laissé à la merci des hordes de mort-vivants qui déciment les quelques passagers encore sain. La compagnie et l’armateur ne disent rien aux autorités, espérant régler le problème eux-même avant que leur action en bourse ne s’effondre. Peine perdue, une vidéo amateur d’une orgie cannibale au pied du mur d’escalade est postée sur Youtube par un skipper croisant le navire près d’Haïti. Le monde est effaré de voir 6000 zombies libres, perdus au milieu de l’Atlantique.
Ce qu’il y a de bien avec internet, et plus précisément avec Wikipedia, c’est qu’on peut passer des heures à divaguer, à sauter d’information en information. Tout le monde a pu en faire l’expérience.

Ainsi, en recherchant des données sur l’intéressant film Midway, suite officieuse du grand Tora Tora Tora, j’ai découvert l’anime japonais Zipang. Il reprend l’idée du film Nimitz, retour vers l’enfer, à savoir l’irruption, suite à une anomalie incompréhensible, d’un navire de guerre moderne dans une grande bataille navale du passé. Si, dans le film, c’était un porte-avions américain qui se retrouvait à la veille de l’attaque de Pearl Harbor, dans Zipang, c’est un croiseur/destroyer japonais du XXIè, le Mirai, qui apparaît lors de la bataille de Midway.

L’irruption du croiseur/destroyer des Forces d’autodéfense (un classe Kongo très amélioré et légèrement futuriste) ne passe pas inaperçue. Le bâtiment va très vite devenir un enjeu des deux belligérants. D’autant que sa puissance de feu dévastatrice est à elle seule capable de changer le cours de la guerre dans le Pacifique.
Dans Nimitz, retour vers l’enfer, se posait la question des perturbations susceptibles d’être causées au cours de l’Histoire, un classique de ce genre de productions. Mêmes interrogations chez Zipang, à ceci près que les 241 membres d’équipage du bâtiment sont japonais… C’est ce qui fait le sel de l’anime.

Car ce sont les enfants d’une société ouvertement pacifique qui sont plongés dans l’un des plus violents conflits de l’Histoire. Ce sont les fils d’un Japon travaillé par son américanisation et par sa nostalgie de l’Empire qui vont connaître le monde de leurs grand-parents. Ce sont surtout les habitants d’un pays vaincu, écrasé.
Une défaite suite à une guerre absurde, c’est ce que ne supportera pas Kusaka, un énigmatique officier de la marine impériale, recueilli par le Mirai. A cheval entre deux mondes, il va transformer l’Asie des années 40 en un gigantesque jeu d’échec, dont l’objectif final est la création d’un Japon idéal. Un grand échiquer où l’on croise l’amiral Yamamoto et le Général Vandegrift, et dont le Mirai est la plus puissante pièce.

Servi par un graphisme soigné, Zipang marque par sa gestion du temps, qui n’est pas sans évoquer La ligne rouge. Une lenteur qui contraste avec la tension extrême générée par les doutes qui assaillent les protagonistes à chacun de leurs pas. Le maître-mot de la série est : réalisme. Quasi-réalisme des scènes de bataille, exactitude des faits historiques (du moins ceux qui n’ont pas été altérés), soin apporté au développement de personnages crédibles…
Fans d’uchronies, connaisseurs de la Guerre du Pacifique, amateurs de kriegspiels, amoureux du Japon, experts en combat naval, regardez Zipang sur Schizodoxe.