… in Haiti
Un nouveau pas vient d’être franchi dans l’immersion. Vous pouvez maintenant déambuler dans les rues haïtiennes dévastées par le tremblement de terre.
Tournez la tête où vous le souhaitez, regardez derrière vous, sur les côtés, fixez un immeuble détruit. Écoutez ces instants de vie haïtienne… Vivez, pendant quelques secondes, et via deux de vos sens, ce que vit un inconnu marchant dans une rue de l’île meurtrie.
Une expérience étrange, qui n’est pas sans rappeler le film de Katryn Bigelow, Strange days.
La chience aux sciensons ?
Petit best of des chansons scientifiques publiées sur SDX au cours du temps :
Une machine peut-elle penser sans avoir l’appréhension du réel ?
L’enfant sait – nous savons tous – comment certains types d’objets se comportent. Nos vies sont immergées dans l’expérience direct des nombres entiers : combien il y a de pièces de monnaie, de timbres, de cailloux, d’oiseaux, de chats de moutons, d’autobus. Si j’essayais de convaincre un enfant de six ans que je peux mettre trois pierres dans une boîte, en enlever une, et me retrouver avec quatre, il se moquerait tout simplement de moi. Pourquoi ? Ce n’est pas seulement parce qu’il est sûr d’avoir, à de nombreuses reprises, retiré un objet parmi trois pour qu’il en reste deux. Même un enfant comprend que certains choses qui paraissent fiables finiront par ne plus marcher : un jouet qui fonctionne parfaitement, jour après jour, pendant un mois ou un an, peut toujours se casser. Mais pas l’arithmétique, pas le fait d’enlever un à trois. Ça, il ne peut même pas imaginer que ça ne marche plus. Quand on a vécu dans le monde, quand on a vu comment il fonctionne, la faillite de l’arithmétique devient inconcevable.
Le professeur Hamilton suggère que cela relève de l’âme. Mais que dirait-il d’un enfant élevé dans un environnement d’eau et de brume, qui n’a jamais été en présence de plus d’une personne à la fois, qui n’a jamais appris à compter sur ses doigts et ses orteils. Je doute qu’un tel enfant ait la même certitude que nous, que vous et moi, qu’il lui semble aussi impossible que l’arithmétique l’induise un jour en erreur. Supprimer totalement les nombres entiers de son monde nécessiterait qu’on le place dans un cadre très étrange, avec un niveau de manque qui atteindrait la cruauté, mais est-ce que ce serait suffisant pour qu’il perde son âme ?
Un ordinateur programmé pour faire de l’arithmétique comme l’a décrit le professeur Hamilton, est soumis à des privations encore plus grandes que celles que l’on a infligées à cet enfant. Si j’avais été élevé avec les mains et les pieds attachés, la tête dans un sac, avec quelqu’un qui me hurlait des ordres, je ne crois pas que j’aurais une bonne appréhension du réel – mais je serais néanmoins mieux préparé à cette tache qu’un ordinateur. C’est une grâce formidable qu’une machine soumise à un tel traitement ne soit pas capable de penser : si elle le pouvait, les chaînes qu’on lui a fait porter serait d’une oppresivité criminelle.
In Oracle, de Greg Egan, publié dans le recueil Océanique, Edition Le Belial’, 2009
Évidemment je vais reparler très vite de Greg Egan, très très vite.
Amitié électro-active pour affection de membranes
Le funktionide est un ami mou. Le designer allemand Stefan Ulrich propose de vous offrir un ami, un vrai, qui respire, prend soin de vous, vous réconforte, dort près de vous et vous réchauffe la nuit. Ses muscles synthétiques, sa membrane réactive, ses polymères électroactifs, ses systèmes cognitiques d’interaction, font du funktionide un ami artificiel à la pointe de la technologie. Mais hélas pour le moment, le funktionide n’est qu’un projet, un doux rêve synthétique. Entre le barbapapa et le pod de eXistenZ (décidément ce film n’en finit pas d’inspirer le monde des designers) cet ami mou, basé sur des technologies et des matériaux existants, pourrait voir le jour très prochainement, si un industriel y voyait le fort potentiel commercial que cette « créature » aurait auprès des geeks, hikikomori et autres puceaux de notre monde contemporain hyper-connecté.
Et voici les vidéos du projet plus qu’intriguant de Stefan Ulrich :
A l’étrangeté de l’objet, il a ajouté une inquiétante volupté à ses images, qui transpirent le mal être et la nostalgie par tous les pores bioniques de son ami mou.
Sorte de soft-porn avec une limace anonyme, ces vidéos rendent assez justement le partie pris étrange du designer.
Proche de l’esthétique du photographe Charlie White, cette intrusion de cet ami mou dans un décor contemporain, banal, souligne encore plus sa triste besogne d’amitié silencieuse, unilatérale et égocentrique.
Mashup d’aéronautique et d’apocalypse
Si comme moi vous aimez les accidents d’avion, les carcasses de ces majestueux oiseaux à moitié englouties dans les tourbières de leurs zones d’impact, les feux iridescents provenant du kérosène porté à ébullitions. Si pour vous la catastrophe aérienne est le point nodal de notre fantasme d’auto-destruction par l’alliance de la haute technologie aéronautique et du tourisme de masse, alors ce site est pour vous. En temps réel vous pourrez suivre la progression de dizaine d’avions au dessus de nos têtes. Savant mashup alliant la visualisation googlienne du monde et l’information aérienne, le site Radar Virtuel vous invite à observer ces vaisseaux futuristes naviguer dans le ciel de nos rêves de vol les plus fous.
Et peut être verrez vous, au détour d’un refresh compulsif une catastrophe arriver.
Gonflé, dégonflé

Pour continuer dans la thématique des trucs mous, voici le JSEL.
Outre une parenté esthétique avec les pods de eXistenZ, ce projet de locomotion viable par une membrane comprimée/détendue (Jamming Skin Enabled Locomotion) ouvre de nouveaux horizons pour le mouvement robotisé. Laissant de coté le déplacement par des membres, il est ici question de modification de masses, d’air déplacé et de membranes molles.