La presse se fait régulièrement l’écho d’agressions lors desquelles la victime a été rouée de coups alors qu’elle était au sol. Parfois filmées et diffusées notamment sur le Net, elles provoquent le dégoût. Comment peut-on donner des coups de pied dans la tête d’un homme au sol, s’interrogent les spectateurs. L’agression filmée laisse l’impression qu’un palier vient d’être franchi dans l’horreur, mais que c’est heureusement un cas isolé.
Il n’en est rien. En réalité, dans une bonne part des agressions, la victime est mise à terre et frappée au sol. Et les premiers combats de ce que l’on appellera le MMA, ces combats à l’origine avares en règles, ne firent que confirmer ce que certains savaient déjà.
Lors d’une agression de ce type jugée dans un tribunal, le procureur avait souligné :
Les coups de pied à la tête sur une personne au sol, c’est la loterie. On peut perdre un oeil, avoir la mâchoire fracturée. Ou alors un simple hématome. Ou encore la tétraplégie. Ou l’hémiplégie. Ou rien du tout. Ou la mort.
Loterie ? Peut-être qu’effectivement rien ne saurait expliquer pourquoi certains meurent et d’autres vivent. Comme avec ces accidents où des gens chutent de trois étages et survivent et d’autres tombent de quelques marches et se tuent. Peut-être aussi existe-t-il quelques éléments de réponse.
Il existe en sport de combat des « encaisseurs », catégorie de combattants popularisée au cinéma par le personnage de Rocky Balboa. Des sportifs capables de supporter des dommages qui mettraient KO des combattants professionnels, et qui mutileraient ou tueraient sans doute des personnes plus faibles.
Ils fascinent les foules. Parmi les plus célèbres du MMA et du K-1, citons le Minotaure et Mark Hunt. Les deux hommes ont encaissé des agressions d’une violence inouïe. Notamment sous forme de coups à la tête.
Le docteur Matt Pitt fournit sur Sherdog un éclairage intéressant sur ces intrigantes aptitudes. La clef de la résistance au coups aurait pour origine les SCM, sterno-cleido-mastoïdiens :
What allows one fighter to absorb a man-killing blow to the face and dooms another to crumple before it? The answer is straightforward and multi-syllabic: the sternocleidomastoid muscles.
The sternocleidomastoids (SCM) — one on each side of the neck — are paired muscles, composed of the sternomastoid component that runs from the sternum to the mastoid process of the skull, immediately behind and below the ear, and the cleidomastoid muscle that runs from the clavicle to the mastoid. When flexed, the SCM rotates the head toward the opposing side. Flexing both SCMs in alternation shakes the head “no,” as one might if waving off an overly concerned ringside physician. Flexing them simultaneously flexes the neck forward and extends the head — in the right circumstance resisting the force of a blow to the face. It’s why fighters often seem to be ducking into a punch.
One can look in a mirror and flex his SCMs, looking a bit like Lou Ferrigno after someone has seriously pissed off Bruce Banner. The muscles are prominent. Unfortunately, they are also isolated; no other significant muscle supports them in resisting backward movement of the cranium.
Une explication peut-être partielle, centrée sur les KO debout, mais intéressante. Musclez vos SCM !
Vous ne savez pas si vous préférez les sports collectifs au sports individuels ?
Vous hésitez entre le rugby et le handball ?
Le MMA vous attire mais vous faites déjà du football ?
Rassurez-vous, vous pourrez tout faire en même temps !
Grace au FightFootball, inspiré d’un des sports favori des Romains et apprécié des légionnaires, selon la publicité.
On a pitié de l’arbitre…
Créée en Italie, la Fight Football League vise à développer un sport inspiré d’un jeu romain, le Harpastum. C’est assez simple. Deux équipes de chaque côté doivent tenter de marquer en envoyant un ballon dans les filets adverses. Jusqu’ici, rien que du très classique…
C’est en regardant d’un peu plus près le détail de l’équipement des joueurs que l’inquiétude commence à naître. Les participants portent des gants de MMA (Mixed Martial Arts), l’un des sports de combat les plus rugueux. En effet, il est permis d’éliminer physiquement ses adversaires, qu’ils portent le ballon ou non. Les joueurs blessés ne sont d’ailleurs pas remplacés, répondant parfaitement à la fameuse règle du « bah, tant pis pour toi… » visiblement largement appliquée dans ce sport. Mais attention, il y a des … heum… règles : seuls les combats en un contre un sont autorisés et il est interdit de frapper un adversaire à terre, et pour info, un joueur KO est éliminé.
Pour l’instant ce « sport » n’existe qu’en Italie et c’est peut-être aussi bien qu’il n’en sorte pas.
Il est des documents exceptionnels. Des créations qui vous laissent l’impression d’avoir acquis l’une des clefs de fonctionnement du monde. Il est des praticiens brillants qui, partant d’un sujet relativement aride, vous éblouissent et dont les leçons vont bien au-delà du sujet d’origine. Des vulgarisateurs qui non seulement répondent à des interrogations qui vous étreignent de longue date, mais vous enrichissent en bien d’autres domaines.
Et l’un de ces hommes a donné une conférence qui, par bonheur, a été filmée et mise en ligne. Une vidéo magnifique, sur la violence, mais pas seulement. Une véritable leçon de vie.
Pourquoi un adolescent peut-il dévier. La violence est un comportement, et aucun comportement n’est inné. L’être vivant est une construction en relation avec l’environnement et les contraintes qui s’y attachent. Le résultat dépend du contexte sensoriel et émotionnel dans lequel se trouve l’enfant. La vie est violence parce qu’elle est créativité.
Le passage à l’acte est le résultat d’une rupture brutale. La réaction violente est primaire et se traduit par 3 possibilités : agressivité, fuite, offrande. La violence et l’ensemble des troubles psychiatriques sont des comportements adaptatifs de défense d’un territoire, c’est-à-dire la représentation que l’on a de soi et des autres. La destructivité est un aboutissement.
On ne choisit pas un comportement violent, mais il permet d’être acteur. Les conséquences de ce comportement réflexif fait que nous sommes à la fois des êtres addictifs et des êtres de valeur et que nous pouvons dissocier l’émotionnel de la représentation.