Swing Girls

Jupe courte, socquettes, sanglier mort et swing !


swing_girlsfeat
405402586209lzzzzzzzC’est bien connu, les jeunes japonaises s’ennuient. Surtout quand il fait chaud. Pour tromper l’ennui, elles mettent des jupes courtes, photographient tout ce qui passe, gèrent leur acné par plans quinquennaux, passent leurs vacances en cours de rattrapage et, lorsqu’elles sont contrariées, poussent des brames qui feraient pâlir d’envie tous les mâles alpha de la grande famille des cervidés.

Et lorsque Tomoko, Tanaka, Yoshie et Sekiguchi décident, pour échapper aux cours de maths d’été du terrible professeur Ozawa (et après des péripéties toutes plus poilantes les unes que les autres), de former un big band, il faut bien avouer que ce n’est pas gagné d’avance. Car il faut apprendre. Déjà par quel bout on souffle, dans la trompette ou dans le saxophone. Puis à jouer ensemble. Il faut, évidemment, trouver des instruments, que les héroïnes ne se procureront qu’après avoir subi un parcours initiatique drôlatique qui se terminera par le décès malencontreux d’un énorme sanglier.


(Louis Armstrong, What a wonderful world)

Et même avec des instruments, il faut encore apprendre à faire du jazz. Apprendre le jazz, c’est apprendre le swing. Mais pour le swing, les cours seront-ils utiles à nos héroïnes ? Ils ne seront rien, en comparaison de la révélation qui leur tombera… d’un signal sonore de passage piéton.


(musique non identifiée, et pour cause…)

Swing girls, réalisé en 2004 par Shinobu Yaguchi, est passé quasi inaperçu en dehors du Japon (où l’actrice principale, Juri Ueno, a été récompensée). Ce qui est dommage. Car, en dehors de la leçon de vivre, du parcours initiatique et toutes les conneries psychanalytiques à la con, c’est un sacré bon moment, fétichiste à souhait, bercé de swing et d’une ambiance très légèrement masochiste à tendance femdom.

Détail attachant : la légende veut que les actrices, qui jouent réellement dans le film, aient appris la musique pendant le tournage. Il est permis d’en douter, en savourant la scène du concert final, où les Swing Girls atteignent un niveau plus qu’honorable, scène réitérée IRL, puisqu’à la sortie du film, le big band se produisit au cours d’une tournée promotionnelle. A moins… qu’il n’y ait effectivement dans ce film quelque chose de réellement profond ?


(avec, dans l’ordre, Moonlight Serenade (Glenn Miller), Mexican Flyer (Ken Woodman), Sing Sing Sing (Louis Prima)).

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Rôle positif


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Schrödinger’s Cat Strikes Back


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エスカレーション


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Minister sum, ergo non cogito

« Je suis ministre, je ne sais rien faire… »


Minister sum, ergo non cogito

sdx_screenshot_011« Je suis ministre, je ne sais rien faire », bêlait Louis de Funès, grimé en Don Salluste. Combien de nos ministres pourraient s’exclamer aujourd’hui, et en toute bonne foi, « Je suis ministre, je ne pense pas » ? Minister sum, ergo non cogito, aurait dit l’autre. Michèle Alliot-Marie, l’une des plus illustres représentantes de cette espèce en voie de remaniement, vient en tous cas de prouver à nouveau que, en plus de confondre allègrement corrélation et causalité, elle était tout à fait apte à écrire des décrets avec les pieds. Et encore, les gauches.

Les récentes émeutes à Strasbourg, en marge du sommet de l’OTAN, qui s’étaient soldées par plusieurs incendies criminels et des déprédations par dizaines, ont amené MAM à réfléchir sur les manifestations. Et à découvrir un phénomène fort curieux : les casseurs sont cagoulés. Immanquablement. Black-blockeux, anarchistes, autonomes ou autres : la cagoule (et non la Cagoule) est de rigueur. Ergo : interdisons la cagoule et tout ira pour le mieux.

Ce raisonnement qui ne manque pas de subtilité devrait donc donner naissance, dans les prochains jours, à un décret, dont l’un des principaux articles sera rédigé comme suit :

« Tout participant à une manifestation publique, en dissimulant volontairement son visage dans le but de ne pas être identifié, est puni de l’amende prévue pour les contraventions de 5e classe » (soit 1 500 euros)

Et là, miracle ! du jour au lendemain, toutes les manifestations se dérouleront pacifiquement, sans cagoule ni haine, sans voile ni violence. Naturellement ! Et les forces de l’ordre arrêteront, sans heurt, les quelques résistants qui auront osé porter la cagoule. La cagoule comme révélateur de la délinquance ! Il suffisait d’y penser ! Quand on imagine qu’avant ce texte, la police devait coincer des délinquants violents ! des voleurs ! des pilleurs ! des incendiaires ! Quelle difficulté à les repérer…

Naturellement, l’application de ce texte n’ira pas sans quelques dommages collatéraux, ne serait-ce que parce qu’une « manifestation publique », c’est large, et que le « but de ne pas être identifié », c’est assez anodin. Quelques exemples ? Un carnaval est une manifestation publique à l’occasion de laquelle on se déguise avec, notamment, des masques. Au trou, les carnavaliers ! Certaines processions religieuses, au sud de la France, exigent que l’on soit couvert. Au violon, les bigots ! Et les femmes musulmanes ? A l’ombre ! et les traditionnels masques vénitiens des détracteurs de la pollution ? Aux lions !

Mais la fin justifie les moyens, et grâce à ce décret, tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ou plutôt tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, si seulement MAM et consorts avaient, ne serait-ce qu’identifié les problèmes (1°) et pensé à la portée de leur texte (2°). La rédaction lâche et indistincte de textes vagues est, malheureusement, l’un des procédés régulièrement utilisés pour accroître le contrôle public. Et je préférerais savoir nos ministres stupides (Beati Pauperes Spiritu) qu’aussi avides de contrôle.

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Pression


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