Un an, un siècle


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D.B.


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Boeing Jet Intercontinenal


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Le Musée du Terrorisme

Réalité augmentée pour aéroports


L’autre matin, le 2 mars très exactement je reçois dans ma boite mail un message m’invitant à m’inscrire à une visite du musée du terrorisme. Ouah quelle bonne idée ! A l’heure où la culture n’est plus qu’un évènement, et le musée un lieu de transit vers la boutique de merchandising, le terrorisme peut sauver le monde de sa médiocrité.
Projet du collectif NoGoVoyages, le musée du terrorisme est une installation mi-réalité augmentée, mi-drogue hallucinogène, implanté dans les aéroports, une sur-couche d’information, le musée comme nuage d’images, de sensations, de son et d’informations en surimpression du monde réel.

Après l’ingestion d’une pilule matrixo-alice psychotrope, le visiteur est invité à déambuler dans l’aéroport équipé de lunette de réalité augmentée. Sa perception du monde est alors décalée, déstructurée, sa conscience étant complètement absorbé par le musée. La peur, la terreur, le terrorisme, dernier rempart contre le réel, s’insinuent dans le cortex cérébral. Les grands penseurs du terrorisme passent alors à l’action, Virillio, Baudrillard, Ballard, Ben Laden, Bush modifient la réalité par leurs discours, leurs actes, leurs absences.

Le musée du terrorisme est la réponse à l’obsession sécuritaire de notre civilisation, qui se transcende dans le monde-aéroport, paradigme de la terreur contemporaine. Véritable société du contrôle, nœud foucaldien de la surveillance/transgression ultime les plateformes de transport aérien projette vers l’avenir nos peurs et nos fantasmes.

Pourquoi un musée du terrorisme ? (Entry / Exit) Le mot “terrorisme” est-il valide ? Pourquoi est-il employé aussi fréquemment, dans des sens si différents (terreur organisée par un état, violence des opprimés…) ? Où situer les limites du sujet ? (Lost and Found) Pourquoi consacrer un musée à l’imaginaire de la terreur ? Qui utilise la terreur, quand, et dans quel but ? Qu’est-ce que le sentiment de terreur collective ? En quoi se distingue-t-elle de la terreur individuelle ? (Deep Tunnel Kafka) S’attaquer aux réseaux de transport revient-il à lutter contre la circulation des humains, est-ce viser le monde moderne en son cœur ? L’aéroport est-il le point le plus sensible pour l’imaginaire collectif ? Est-ce menacer la civilisation à l’endroit même où elle se connecte avec elle-même ? Est-ce une tentative de freiner le rêve universaliste d’une unité du genre humain ? (Habermas Elevator) Ou, au contraire, l’imaginaire occidental de la terreur est-il une manifestation de la faillite de l’universalisme ? Des activistes menacent-ils vraiment les réseaux de transmission de données, ces câbles de milliers de kilomètres de long, tendus sous les océans, qui permettent à la mondialisation de se faire ? (Speculative Bubble) Un dispositif viral remplacera-t-il la menace des réseaux organisés ? Est-il possible de semer la terreur avec une grippe, une peste ou un virus qui contaminerait les individus sans distinction particulière (idéologique, religieuse, ethnique, sexuelle, sociétale) ? (Derrida Corner) Quand peut-on parler de sécurité totale ? La diffusion des dispositifs de sécurité crée-t-elle une dilution et une permanence de la peur collective ? (Escape Chute) Dans un climat de vigilance extrême, comment ne pas suspecter tous les citoyens ? La peur du danger ne risque-t-elle pas d’être plus nocive que le danger lui même ? Un système basé sur la prévention et la simulation engendre t-il un risque de suspicion diffuse ? La surveillance est-elle autant crainte que désirée ? Comment transformer les lieux publics en autre chose qu’un espace de suspicion ? Jusqu’à quel point un dispositif de surveillance peut-il être une menace pour une société démocratique ? La généralisation de la surveillance peut-elle banaliser la peur des autres, de tous les autres, comme la télévision a pu banaliser l’ennui ? (Red Scan Box) Vivons-nous dans une société de contrôle? (Deleuze Post-Scriptum) L’ennemi est-il intérieur ou extérieur ? Peut-on vraiment maintenir une population en état d’alerte en extrapolant la terreur, en la rendant aussi probable que celle de respirer ? La menace invisible est-elle utilisée pour renforcer la cohésion d’un groupe hétérogène, des individus disparates, une nation, un état ? (Orwell Paradise Island) L’Occident véhicule-t-il l’idée d’une menace omniprésente en entremêlant danger réel et fantasmé ? La mythologie hollywoodienne contribue-t-elle à la fascination pour la destruction par ses mises en scène récurrentes de la destruction de l’Occident, et en particulier des Etats-Unis ? (Baudrillard Vortex) Le 11 septembre est-il la matérialisation d’un fantasme dystopique occidental ? (9/11 Hotel) Le véritable sujet du musée est-il l’imaginaire dystopique des villes globales ?

En cette nuit où les aéroports européens ferment les uns après les autres. Une nuit sans avion dans le ciel, sans âme coincée dans les jetlags. Une nuit sans vitesse, ni crash aérien plausible, le musée du terrorisme s’ajoute à notre réalité, sur-couche d’hypermonde dans un réel fissuré.

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USA = FAG NATION


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Ciel de cendres


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