Vivre debout ou pisser à genoux ?
La plupart des sociétés traditionnelles sont machistes. Le Japon n’échappe pas à la règle, il en est même un très bel exemple avec ses femmes-enfants et ses filles-poupées tout entières soumises au mâle à la voix rauque, le samouraï, le yakuza. Cependant, cette domination apparente du mâle (je dis bien apparente — il y aurait beaucoup à dire sur la force des femmes dominées dans ce type de société) semble voler en éclat au Japon, là où, justement, elle semblait particulièrement forte.
Il y a deux signes à (r)évolution. Le premier est le changement de comportement des mâles japonais dans les toilettes, le second porte sur l’attitude générale d’un nombre croissant de jeunes hommes au Japon à l’égard de leur apparence.
Je ne vais pas me lancer dans une dissertation de fond sur la physiologie de la miction chez le mâle humain, mais chacun sait qu’il a tendance à se livrer à ce besoin fièrement dressé de toute sa hauteur, ce qui ne va pas, parfois, sans dégâts latéraux aux alentours, ce qui oblige la maîtresse de maison à des soins ménagers désagréables et humiliants (concernant l’aspect statistique de la chose, je vous renvoie à cet article).
Insatisfaites de cet état de choses, les Japonaises ont donc fait pression pour que cela change. Comment cela ? Tout simplement en obligeant les hommes à une position humiliante, mais plus commode pour rester dans le droit chemin. Le fait que les mâles japonais semblent se plier de bonne grâce à cela dénote clairement que le machisme de cette société n’est plus qu’un souvenir.
Autre signe du passage à la domination féminine est la multiplication des herbivores. Des herbivores ? Oui, des herbivores, ceux qui s’abstiennent de consommer de la chair dans un pays où l’acte vénérien est joliment appelé « relation des chairs » — je ne crois pas que cette métaphore troublera les Occidentaux que nous sommes. Ce sont donc des abstinents, mais des abstinents qui s’assument, qui croient à la possibilité de l’amitié entre homme et femme — mouarf ! —, qui prennent soin d’eux, de leur corps, qui se désintéressent de presque tout mis à part de leur personne et qui, en fin de compte, paraissent faibles et lâches tant aux yeux de leurs pères que des femmes (je songe à Yapou, soudainement). Voilà qui ne va pas améliorer la démographie japonaise…
Attention, fumer tue ; manger tue ; vivre tue ; mourir tue.