Buy (un)american
Bien sûr, il en va de même du « achetez français »…
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1600, le monde change
Pour le retour de la catégorie invité SDX est tout particulièrement fier et heureux de vous livrer un entretien vidéo exclusif de Christina Pluhar sur sa passion du baroque :
http://www.schizodoxe.com/docs/entretien_pluhar.flvPour en finir avec le féminisme
Une insistance de Peggy Sastre qui me paraît particulièrement discutable : l’auteure affirme que selon la conception des sciences sociales, l’humain né dépourvu de tout déterminisme et de toute culture, c’est une « page blanche » qui se remplit au fur et à mesure. En gros, sa critique vise à décrédibiliser le reniement du patrimoine génétique très en vogue dans les sciences dites subtiles. Pour avancer son propos, elle utilise une théorie issue des sciences dures (autrement dit « sérieuses », n’est-ce pas?) dont les limites idéologiques avaient pourtant déjà été dessiné par la philosophie queer. Peggy Sastre écrit :»En octobre 2003, une équipe de l’UCLA identifie 54 gènes[1] expliquant les différences hommes et femmes, en particulier l’agencement différencié du cerveau. [...] En gros, depuis les années 70 les scientifiques pensaient que les œstrogènes et la testostérone était pleinement responsables des différences entre hommes et femmes. Se fondant sur des observations montrant que les personnes transgenres présentaient des taux hormonaux « normaux », Eric Vilain et son équipe ont alors eu l’idée d’analyser la production des gènes sur des embryons de souris, bien avant qu’elles ne développent leurs caractères sexuels. Ils trouvèrent 54 gènes se développant différemment selon les mâles (18) et les femelles (36). »[2]
Ces recherches sont très instructives, mais aussi très inquiétantes, d’un point de vue d’une analyse critique queer des sciences de la vie et de la médecine.
C’est ce genre de raisonnement que je trouve inquiétant, moi…
Heil Gengis ?
Il y a un mécanisme humain bien connu qui consiste à reprendre à son compte les insultes que l’on reçoit et de se faire une fierté de revendiquer une appellation infamante. Les cas sont trop nombreux pour qu’il soit nécessaire d’en citer un. Les communistes ont l’habitude d’appeler tous leurs opposants, plus ou moins vite, des fascistes ou des nazis. Cela a eu des résultats singuliers au temps où les anciens résistants étaient encore nombreux…
La Chine communiste ne déroge pas à la règle. Il suffit de se souvenir de la propagande antitibétaine à l’époque où le Tibet se révoltait. Sans doute que la Chine emploie le même type de vocabulaire à l’égard des minorités mongoles. Toujours est-il que dans la Mongolie voisine, des milliers de jeunes n’hésitent plus à se dire ouvertement nazis quand ils sont antichinois.
Est-ce uniquement le mécanisme que j’ai décrit qui mène à cela ? Sans doute que non, car il faut ajouter que ce n’est pas simplement contre la Chine et les Chinois qu’ils revendiquent cela, mais c’est aussi en tant que Mongols. C’est un véritable mouvement identitaire et xénophobe qui se constitue. Cependant, comme beaucoup de mouvements de ce type, il est formé de jeunes qui n’ont justement aucun repère identitaire et qui sont perdus aux franges de la mondialisation. Il écoute de la oï ou du rap et rêvent de tuer les Chinois, mais, au fond, ils ne diffèrent pas fondamentalement de toute cette jeunesse désœuvrée et déracinée qui s’agite dans la banlieue du monde.
Le danger de ces nazis mongols n’est pas qu’ils soient nazis, mais qu’ils se trouvent dans une telle position qu’ils puissent dire qu’ils le sont. C’est doublement dangereux. D’une part parce que cela témoigne d’une totale perte des repères et d’autre part parce que cela pourra donner d’excellents prétextes aux Chinois pour écraser leurs minorités mongoles.