6 avril, 2010
SDXLab | Le fantôme dans la machine | Zeitgeist | Société
En lisant l’excellent article de Fabrice Epelboin sur ReadWriteWeb, j’ai compris pourquoi Lady Gaga fascinait le monde (et moi même par la même occasion) : elle est la première véritable artiste de l’ère de l’internet. Sa naissance sur le web, sa fulgurante ascension, son succès planétaire. Epelboin montre bien comment la stratégie marketing 360° de Lady Gaga est proprement ahurissante, colonisant tous les espaces virtuelles disponibles. Des réseaux sociaux aux sites de partage vidéo, en passant par les plate-formes de téléchargement légal ou illégal. Lady Gaga est panoptique, omnipotente et omniprésente sur le net. Alors que Michael Jackson, le premier artiste de l’ère de la télévision était universel, ni blanc ni noir, ni homme ni femme, ni hétéro ni homo comme je l’ai déjà écrit ici même, Lady Gaga, elle, propose une expérience bien différente.
A l’universalité du roi défunt de la pop, Lady Gaga oppose une individualité quant au désir qu’elle suscite. Elle est un tweet, elle est un post sur Facebook, elle est un mp3 que l’on duplique à l’infini. Pour regarder Thriller en Mondovision toute la famille s’installait dans le salon devant le téléviseur. Pour le dernier clip de Lady Gaga, Telephone, on se rue sur youtube, sur son iphone, sur FB, pour profiter du plaisir en solo. Alors certes les discussions et les fan-trollings vont bon train autour de l’artiste, mais l’expérience à cela d’unique qu’elle est totalement individuelle, individualisée, virtualisée pourrait-on même ajouter. Car Lady Gaga va au delà du concept même d’artiste, elle est devenue un mème. Elle s’échange, se partage, se share, s’embed sur les réseaux sociaux, les app iphone, et autres « nouveaux » moyens de communication. Vendre de la musique ne semble plus être sa priorité. Elle a dépassé ce cap.
Mais quel nouveau schéma Lady Gaga va-t’elle apporter ?
Comme je l’ai écrit ici, la mort de Michael Jackson s’est jouée autour de son corps, un corps morcelé, revendiqué par le monde entier, de sa famille, aux médias en passant par ses fans. Lady Gaga, elle, complètement décorporalisée, ne peut prétendre à une eucharistie planétaire de son enveloppe charnelle (qui peut d’ailleurs la reconnaitre sans maquillage ni tenue extravagante ?). Qu’en sera-t’il alors quand elle mourra ? Sommes-nous en train d’assister à la naissance de la première star transhumaniste qui sera entièrement convertie en données numériques ? L’intelligence artificielle créée à partir de toutes les données fragmentées de sa personnalité (tweet, billets facebook, vidéo, etc), et d »une sauvegarde totale de sa carte neuronale, permettrait de garder à jamais vivante la chanteuse, de la faire fructifier pour les siècles des siècles. Imaginons par la même, une duplication de son corps à travers des clones de tout âge, de toute condition, offre démultipliée, elle me ressemble/elle est moi sans limite.
Par delà la légende MJ+, Lady Gaga 2.0 nous invite à comprendre bien au delà des schémas classiques du marketing, de la notoriété, de l’immortalité, de la mort et du succès.
6 avril 2010 à 12:38 LucCiter
Haou, c’est le retour à la grande époque de Schizodixe
6 avril 2010 à 14:15 DalhiaCiter
Et ça vous plait ?
6 avril 2010 à 20:21 A.g.Citer
L’universalité facilitée par le coté lisse, son brouillage physique par le maquillé et déguisement, l’absence réelle de message est elle une raison de réjouir ?
Sinon celle de voir dans les rues des zombies qui ne sentent pas la chair en décomposition.
12 avril 2010 à
[...] écrire vos articles, lady gaga, muzik, viral, web 2.0 by 2goldfish J’ai lu cet article sur Schizodoxe l’autre jour, parce qu’il parlait de Lady Gaga et d’immortalité 2.0 et que [...]
12 avril 2010 à 22:42 DalhiaCiter
Je suis d’ailleurs plutôt d’accord avec lui. Et avec moi.
3 mai 2010 à 18:38 MargeCiter
Ha, Lady Gaga pour l’éternité ! Ho joie !
Voir l’article de Courrier International ici…
16 mai 2011 à
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