Actualités | Actualités | Société
L’impunité du désastre en Haïti
Voilà une catastrophe naturelle qui fait plaisir. Au fond personne ne pourra plus ignorer la tragédie haïtienne…
Je dis ça mais je sais très bien que ça n’est pas le cas. On n’oublie pas le tsunami parce que ceux qui font le monde (le 4ème pouvoir, les bonnes consciences du monde giecquisées etc…) vont poser leurs fesses l’été à Phuket, on n’oublie pas quelques pays d’Afrique parce que c’est flatteur d’aider ceux que l’on contrôle déjà…
Mais assurément on oubliera Port au Prince, parce que la poésie c’est franchement plus a la mode surtout, dans un monde où la morale est plus sournoise que jamais, surtout si la fameuse poésie a l’audace d’être phallique ou saphique.
On oubliera Haïti parce qu’à une époque où on défend les oursons de la banquise, les fourmis de Vladivostok et les rouges-gorges de Corrèze il est mal venu d’égorger des poulets avec les dents et tant pis pour les dieux vengeurs qui réclament ce sacrifice.
On oubliera Haïti parce qu’on a oublié l’occupation ricaine du début du siècle, parce qu’on a oublié les dictatures, les massacres, les guerres civiles, les ouragans, les inondations et l’évangélisation galopante et néfaste du pays.
Pourquoi n’oublierions-nous pas le tremblement de terre ? Parce que l’envoyé de l’ONU est mort étouffé ? Allons allons…
Mais il faut profiter de la situation, être matérialiste et utiliser l’élan de charité et de bonne conscience mondiale. Il faut se battre pour envoyer là-bas des vêtements, des vivres, des matériaux, des médicaments.
Il faut informer que les Haïtiens n’ont aujourd’hui pas besoin de millions, ils ont besoin d’expertise, de conseils, d’accords de coopération. Ils n’ont pas besoin du neo-colonialisme à la sauce onusienne avec sa MINUSTAH, ils ont besoin de gens qui leur font confiance et d’amis exigeants. Exigeants avec les Haïtiens de la rue mais surtout exigeants avec les dirigeants.
Le triste tableau du drame haïtien a peut être deux points positifs et une occasion historique. Premièrement les autorités devront reconcevoir intégralement Port au Prince et donc prendre l’exacte mesure de la situation. Deuxièmement les Chinois vont avoir toutes latitudes pour s’implanter là-bas comme ils le font depuis quelques temps à Saint Marc. Et les Chinois sont doués, ils ne font pas de morale, ils travaillent au développement des infrastructures et effectuent un réel transfert de compétences.
Pour ma part je n’oublierai pas, parce qu’avant ce sombre mardi je pensais déjà sans cesse à ce bout de nouveau monde littéraire, musical, artistique et sacré et que depuis mardi je souhaite à tous mes amis là-bas de voir leur famille saine et sauve et j’essaye de leur faire parvenir un peu de ma foi et de mon optimisme pour les temps difficiles à venir, temps auxquels, malheureusement, les Haïtiens sont habitués.
J’espère vraiment que les évènements actuels contrediront l’adage haïtien: « Bourik toujou rete bourik« ….

















15 janvier 2010 à 14:13Le problème c’est que l’on va voir une nouvelle privatisation à outrance du pays. Une thérapie de choc va être imposé à la population, sous l’égide de l’ONU, du FMI, des USA et même de l’Europe. La population va se retrouver sous tutelle internationale (ce n’est pas déjà le cas ?) et les vautours du tout libéral ne vont pas tarder à venir se payer sur la bête. Sans parler de la manne humanitaire…
J’ai honte de le dire mais Naomi Klein a vu juste avec sa théorie de la Shock Doctrine…
Citer
15 janvier 2010 à 20:50Ah ah ah
Citer
16 janvier 2010 à 0:40Ou la oula.. Effectivement, si Haïti en vient à nous faire lire sur SDX des dénonciations à la Joffrin du toubab colonisateur et des apologies de Naomi Klein, c’est une vraie catastrophe.. Sinon, suis toujours dégouté de voir ces gens qui nous crachent à la gueule à la moindre occasion ramper comme des larves et nous insulter parce qu’on ne les aide pas encore assez. Qu’ils aillent donc se faire foutre putain.
Citer
16 janvier 2010 à 10:10Le pire du désastre haïtien est dans l’esprit des schizodoxiens.
Citer
16 janvier 2010 à 10:24Haiti, île misérable perdue aux milieux des caraïbes où tous ces voisins (en dehors de cuba, paradis socialiste) ont su tirer leur épingle du jeu en devenant « paradis » pompes à frics pour touristes (vous remarquerez que ceux sont les mêmes bobos qui vont aux Caraïbes ou en Indonésie poser leurs culs blancs sur le sable) et/ou paradis fiscaux, serait dans cet état lamentable par la faute, comme vous semblez le laisser entendre , du « néocolonialiste », de l’homme blanc occidental donc, de son ONU, de ses journalistes, de ses bobo-écolos. Même sous le coup de votre peine et si votre douleur vous égare, faudrait quand même pas pousser mémé dans les orties.
Et puis, le légendaire altruisme des chinois me fait bien marrer. Quand ils auront fini de racheter les terres agraires haïtiennes qu’ils cultiveront pour nourrir en premier lieu leur gigantesque population, ils auront fait de l’ haïtien, leur nouveau serf… et puis leur fabuleux transfert de compétences n’a jamais eu jusqu’ici qu’un seul sens, « sinopète » plutôt que « sinofuge ».
Citer
16 janvier 2010 à 13:29Le texte initial est sans doute maladroit sur bien des points, mais franchement, souhaiter à ce pays qu’il devienne un sac à foutre touristique, un 51ème état passé en 30 ans du catholicisme-vaudou au protestantisme, de la francophonie (avec une bien belle maîtrise de la langue) à l’anglophonie ou encore qu’il reste le « réceptacle » de la peine du monde via les médias, les reporters et les ONG sur lequel on s’apitoie ponctuellement et on balance quelques millions de $ c’est le pire que l’on puisse vouloir.
Les chinois, pour lesquels je n’ai aucune espèce d’affection particulière, ont cet avantage qu’ils ne font pas de morale (je l’ai dit plus haut) et dans un pays où les valeurs morales existent en majorité (les chimères ne sont pas la majorité), où les populations urbaines sont encore liées à leur terre et à leurs villages d’origine, où les dieux cohabitent avec les hommes et avec Dieu, je pense que l’attitude chinoise peut ne pas être mauvaise. Haïti ça n’est pas l’afrique…
Et pour répondre à SDX, lors des premières heures, j’ai pensé à ces potomitans brisés, ces houmfors à jamais détruit et à tous ces autels décorés et préparés qui ne serviront plus. Baron Cimetière a commencé à danser, il ne s’arrêtera pas de si tôt et risque bien de devoir boire des litres de Rhum avant de se calmer.
Anton, à part des artistes en France, aux USA et des évangélistes anglophones dans les rues de Port au Prince, qui avez-vous vu ramper pour demander de l’aide et cracher à la gueule de l’occident pour son intervention trop lente ? Parce qu’en l’occurrence vous n’avez pas vu d’Haïtiens. Car comme « est grec celui qui parle grec et connait homère », est haitien celui qui parle créole haitien, français et est catholique.
Citer
16 janvier 2010 à 14:54Citer
16 janvier 2010 à 16:27Je ne connais pas Haïti, ni les problèmes que cette nation pouvait avoir avant ce tremblement de terre, ni les politiques qui y ont été menées jusqu’ici. Je disais simplement qu’il peut sembler bizarre que ce bout d’île qui a été très tôt indépendant, n’ait jamais su profiter de sa situation géographique, devenir une terre de tourisme, un pavillon de complaisance ou un paradis fiscal alors que ses voisins l’ont fait.
Et si j’étais Haïtien aujourd’hui, il me semble que j’aurais tout intérêt à devenir anglophone et à me tourner vers les USA, plus proche géographiquement et première nation du monde pour m’y former et pour commercer plutôt que de rester tourné vers la France, vieux pays en perte de vitesse et bien éloigné.
Citer
16 janvier 2010 à 18:11Seabrook (William Buehler), L’Ile magique. En Haïti, terre du Vaudou, Paris, 1997 [1929], p. 75.
Citer
16 janvier 2010 à 19:48L’extrait d’une lettre d’un ami haitien, qu’il m’a fait parvenir il y a quelques mois… Peut-être qu’elle permet de mieux comprendre certains aspects de la vie haitienne:
»On se pose toujours des questions. On ne fait jamais confiance. On a des doutes sur tout. On est tous des pessimistes. On ne s’entend jamais. Difficile à croire en cette phrase sur notre drapeau qui dit « L’union fait la force ». C’est à se demander si la phrase n’est pas la raison même de tous ces sentiments et ces interrogations qu’on a vis-à-vis de l’autre. On représente tout le contraire du message qu’elle fait passer. […] Négritude… Aigritude… Inaptitude… sont ils synonymes? Peut-on juste classer le peuple haïtien comme une bande de noirs aigris et inaptes? […] Difficile à croire qu’aujourd’hui, la MINUSTAH nous surveille encore, chez nous, parce qu’on est un peuple bien « spécial », et qu’on est incapable de gérer notre situation nous mêmes. […] Oui, on admet être haïtien, mais il faut aussi admettre que des fois ça fait mal de l’assumer. »
Citer
17 janvier 2010 à 12:05Parce qu’il y a une différence autre que la préférence personnelle ?
Citer
17 janvier 2010 à 13:25Cela va de soi. La différence esthétique n’est pas que subjective. A moins de tomber dans le relativisme.
Citer
17 janvier 2010 à 21:49Ce que j’aime le plus sur sdx, c’est que l’on ne sait jamais si c’est du lard ou du cochon
Citer
18 janvier 2010 à 22:08Ce qui nous sauve est que l’on puisse adhérer à un autre courant esthétique sans tomber dans le relativisme.
Citer
18 janvier 2010 à 22:11Ah ?! Je pensais que c’était le cochon avec son lard, une sorte d’intégrité du mammifère que j’apprécie.
Citer
19 janvier 2010 à 19:46l’unité du mammifère comme preuve définitive de la vacuité du relativisme, là je m’incline …
Citer
30 janvier 2010 à 15:31On en viendrait à souhaiter une sorte de système universel – une gouvernance mondiale, n’ayons pas peur des mots qui fâchent – qui puisse permettre, à l’instar des individus temporairement inaptes à gérer leur propre existence, de placer sous tutelle les pays tels qu’Haïti. Et pour qu’une telle chose soit possible, il faudrait vraiment qu’une sorte de menace globale plane sur la planète entière, par exemple un réchauffement climatique catastrophique mais pas inéluctable – car se priver d’une certaine marge de manœuvre serait stupide, nous dirons donc que ce réchauffement est d’origine humaine afin d’avoir une prise sur les événements et ainsi éviter tout désespoir suicidaire – qui extrairait par la bande Etats, Nations et collectivités de la défense exclusive de leurs intérêts respectifs, certes légitimes mais hélas trop fréquemment antagonistes, et ainsi donner naissance à un intérêt supérieur, seule condition qui puisse légitimer un tel système universel. Évidemment, un tel projet ne peut être laissé à une bande branques narcissiques, vaniteux, avides ou pire, imprudents.
Citer
30 janvier 2010 à 18:04Ouais, il y’a déjà eu un projet comme çà il n’y a pas longtemps. Avec des blonds aux yeux bleus destinés aux commandes. Bizarre que ça n’ait pas pris. Ou plutôt tant mieux.
Citer
31 janvier 2010 à 12:01J’ai bien aimé ce qu’a dit Ron Paul à propos de ce drame. D’ailleurs, j’aime bien ce que dit RP en général.
Citer