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Retour à District 9
(attention des bouts de spoiler sont présents dans cet article)
District 9, au delà des qualités du film, surprend par son traitement du corps, des corps. Comme pour faire contre-poids à la débauche de technologie, tant dans les effets spéciaux que dans son propos (les armes, les véhicules, le vaisseau-mère), Neill Blomkamp s’empare des corps, les torture, les explose, les mutile, les marchande. Car le film ne parle que de cela : d’une économie du corps. Les « mollusques » ne sont qu’une masse, un peuple de corps indistincts, les mercenaires du MNU de la chair à canon, les trafiquants nigériens des barbares cannibales, et summum du corps-sujet le « héros » du film, Wikus Van De Merwe. Salaryman mutant, monnaie d’échange organique, pièce détachée sur pattes, repas du soir, Wikus, avec sa coupe de cheveux de cadre moyen, son corps de gringalet, sa moustache furtive est un homme normal prit dans la tourmente des évènements. Et son corps est l’enjeu de tout le film.
Explosion de chair, déchiquetage de membres, découpe à la scie, torture électrique, une palette proprement hallucinante est utilisée par le réalisateur pour mettre en pièce les hommes et les crevettes. En outre le concept même de façonnage du corps est accompli par Wikus lui-même, infecté par un liquide ET, il se transforme peu à peu, à la manière de la Mouche de Cronenberg, en créature venue d’ailleurs. Perdant peu à peu son corps d’humain, il peut intégrer en lui la technologie alien et l’utiliser. Il vit dans sa chair l’invasion extra-terrestre. Son calvaire, au sens biblique du terme, lui permettant alors de comprendre la technologie et le biologie des autres.
Film un peu bancal, District 9 se rattrape par la cruauté de traitement des corps, le marchandage fait autour de l’organisme de Wikus, l’indifférence faite au corps des mollusques. Grand film gore, dans ce qu’il y a de plus noble dans le terme, District 9 expérimente un cinéma viscérale que l’on ne voit plus guère dans nos contrées (sauf du coté de Rob Zombie, Paul Verhoven ou David Cronenberg), un cinéma des membres, du viscère, du liquide visqueux et du sacrifice. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que Peter Jackson ait apposé son nom sur l’affiche. Dans ses premiers films gores, le corps était au centre de son cinéma. Qu’il soit extra-terrestre et grossier (Bad Taste), mort-vivant (Braindead), en tissu (Meet the Feebles), le corps était l’horizon du film, son intérieur la frontière à explorer. Blomkamp systématise lui aussi cette exploration du corps. Et cette scène où Christopher, l’alien rebelle, découvre les expériences faites par les humains du MNU dans le sous-sol du quartier général sur ses compatriotes, en est le pivot.



















24 septembre 2009 à 8:15Un peu bancal ? Dans quel proportion ?
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24 septembre 2009 à 11:44Un certain manque de rythme, le coté documentaire qui à la longue énerve un peu, le manque de recul, un scénario un peu faiblard. Ces quelques défauts ne gachent pas la fête et le film est globalement réussi. Blomkamp ne tombe jamais dans les écueils de ce genre de film (premier film, horreur, fiction/réalité), beau boulot en somme.
J’attends avec impatience la suite de la carrière de Blomkamp.
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24 septembre 2009 à 13:21Hum…, je suis nettement plus enthousiaste que vous. C’est vrai que le film s’étale un peu sur le passage contamination/recherche de wikus, maintenant jamais d’ennuis réel. Le scénario est faiblard par le coté sud africain et parallèle avec l’apartheid mais vu l’origine du cinéaste on ne pouvait pas y couper et on est loin d’un affligeant atomik circus par exemple. Les effets spéciaux sont très bien faits, les images de synthèses sont très bien raccrochées au réel. La conclusion bien inquiétante.
Sur l’économie du corps, malheureusement la réalité est bien plus horrible que le film -les mollusques en moins-, peut être qu’aborder un des derniers tabou encore résistant est une bonne chose.
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24 septembre 2009 à 13:29Ne vous méprenez pas, j’ai adoré, le film est super et bien au dessus de la majorité de la production cinéma du moment. Si seulement il avait pu réaliser Halo…
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7 novembre 2009 à 4:30je suis d’accord avec cette critique. malgré un scénario très limite, voire neuneu, la brutalité du film a quelque chose de poignant, renforcé par l’aspect visuel très réussi ; ça m’avait pas fait ça depuis Robocop!
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