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La molécule du père

Rameau

LUI. — C’est apparemment qu’il y a pour les unes un sens que je n’ai pas ; une fibre qui ne m’a point été donnée, une fibre lâche qu’on a beau pincer et qui ne vibre pas ; ou peut-être c’est que j’ai toujours vécu avec de bons musiciens et de méchantes gens ; d’où il est arrivé que mon oreille est devenue très fine, et que mon cœur est devenu sourd. Et puis c’est qu’il y avait quelque chose de race. Le sang de mon père et le sang de mon oncle est le même sang. Mon sang est le même que celui de mon père. La molécule paternelle était dure et obtuse ; et cette maudite molécule première s’est assimilé tout le reste.

MOI. — Aimez-vous votre enfant ?

LUI. — Si je l’aime, le petit sauvage ! J’en suis fou.

MOI. — Est-ce que vous ne vous occuperez pas sérieusement d’arrêter en lui l’effet de la maudite molécule paternelle ?

LUI. — J’y travaillerais, je crois, bien inutilement. S’il est destiné à devenir un homme de bien, je n’y nuirai pas. Mais si la molécule voulait qu’il fût un vaurien comme son père, les peines que j’aurais prises pour en faire un homme honnête lui seraient très nuisibles ; l’éducation croisant sans cesse la pente de la molécule, il serait tiré comme par deux forces contraires, et marcherait tout de guingois, dans le chemin de la vie, comme j’en vois une infinité, également gauches dans le bien et dans le mal ; c’est ce que nous appelons des espèces, de toutes les épithètes la plus redoutable, parce qu’elle marque la médiocrité, et le dernier degré du mépris.

Un grand vaurien est un grand vaurien, mais n’est point une espèce. Avant que la molécule paternelle n’eût repris le dessus et ne l’eût amené à la parfaite abjection où j’en suis, il lui faudrait un temps infini : il perdrait ses plus belles années. Je n’y fais rien à présent. Je le laisse venir. Je l’examine. Il est déjà gourmand, patelin, filou, paresseux, menteur. Je crains bien qu’il ne chasse de race.

Diderot, Le neveu de Rameau in Œuvres, vol. 2, Paris, 1994, pp. 681-682.



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19 commentaires pour “ La molécule du père ”

  1. Déterminisme, prédestination et fatalisme. La pensée de Diderot était cohérente: qu’il est bien difficile d’être déterministe sans être au moins un peu fataliste.  

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  2. thierry: Déterminisme, prédestination et fatalisme. La pensée de Diderot était cohérente: qu’il est bien difficile d’être déterministe sans être au moins un peu fataliste.

    Si mes souvenirs de 1ère sont bons, cette oeuvre est essentiellement satirique , donc à prendre au second degré  exclusivement.
    Ce qui me plaît chez Diderot, c’est son humanisme délicatement dissimulé sous une fine couche de cynisme.
     »L’homme est le terme unique d’où il faut partir et auquel il faut tout ramener. »

     

      

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  3. A mon avis, le lien causal entre état-providence et eugénisme est très « capilotracté »:
    Par exemple l’action en justice de la sécu dans l’affaire citée aurait pu être tout aussi bien celle de n’importe quelle compagnie privée d’assurance et ce,  pour les mêmes motifs.
    A la rigueur, en assimilant  l’état providence à la volonté du plus grand nombre on pourrait aboutir à la mise sur pied d’un’ eugénisme de masse mais serait-ce plus  imputable à  l’état qu’à la pression populaire ?
    Beaucoup de choses poussent à l’eugénisme dans nos sociétés occidentales et l’état n’y peut vraiment pas grand chose , tout au plus dit-il parfois tout haut ce que beaucoup pensent tout bas:
    - Le faible nombre d’enfants: quand on a moins de quantité, on aspire à plus de qualité
    - Notre manie viscérale de l’efficacité
    - L’individualisme généralisé qui conduit mécaniquement à cantonner l’enfant dans un rôle d’objet plus que de sujet (ne généralisons pas tout de même, je connais de bons parents et j’espère d’ailleurs en faire partie)
    Au fond , l’eugénisme c’est peut-être la prochaine grande conquête des démocraties occidentales ?
    Cordialement tout de même  (je sens que les réactions vont être saignantes …)  

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  4. Oups, je suis toujours d’une distraction affligeante , merci au ouaibmasteur de déplacer mon post  vers le sujet du paquebot, si possible, et avec toutes mes excuses pour le dérangement  

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  5. Electron: Si mes souvenirs de 1ère sont bons, cette oeuvre est essentiellement satirique , donc à prendre au second degré  exclusivement. Ce qui me plaît chez Diderot, c’est son humanisme délicatement dissimulé sous une fine couche de cynisme.  »L’homme est le terme unique d’où il faut partir et auquel il faut tout ramener. »

    Vos souvenirs sont à la fois bons et mauvais. C’est une œuvre satirique (bien que ce soit plus une satyre qu’une satire), mais tout n’y est pas à prendre au second degré, loin de là ; ce passage en témoigne.

    Au fait, qu’entendez-vous par humanisme ?

      

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  6. Electron: Oups, je suis toujours d’une distraction affligeante , merci au ouaibmasteur de déplacer mon post  vers le sujet du paquebot, si possible, et avec toutes mes excuses pour le dérangement

    Yep, je m’en occupe !

      

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  7. Electron:  Au fond , l’eugénisme c’est peut-être la prochaine grande conquête des démocraties occidentales ?

    Oui hélas …

    LES SEXES DE L’ESPÈCE HUMAINE
    Le sexe des humains est déterminé, comme chez
    tous les mammifères, d’abord par l’association
    aléatoire des chromosomes sexuels X et Y au
    moment de la fécondation, puis par le développement
    chez l’embryon, sous l’effet d’hormones des organes
    sexuels (ovaires, testicules, organes secondaires externes) .
    A la naissance, il y a cinq sexes biologiques et
    divers intersexués. A côté des deux sexes standards,
    les plus fréquents, fonctionnellement masculin (XY)
    ou féminin (XX), trois autres sexes biologiques plus
    rares ou féminin (XX), trois autres sexes biologiques
    plus rares (20000 cas en France) sont nommés
    merms (XY fonctionnellement féminin), ferms (XX
    fonctionnellement masculin) et herms (XX et XY,
    hermaphrodites).
    Les intersexués sont encore plus nombreux
    (200 000 cas en France soit 17 sur 1000 naissances)
    d’apparence masculine ou féminine, mais souvent stériles.
    L’acceptation de cette diversité naturelle
    pose un problème à nos sociétés….

    Mais dans la nature…
    Nous EXISTONS bel et bien.  

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  8. Schizodoxe: Au fait, qu’entendez-vous par humanisme ?

    Vaste problème qui  traverse toute l’histoire de l’humanité en général et de l’occident en particulier: Des grecs anciens à Sartre, en passant par  St Augustin, St Thomas d’Aquin, les lumières, et pourquoi pas Rabelais   ou Lévinas et j’en oublie des centaines, il y en a vraiment pour tous les goûts!
    De toute évidence vos connaissances là dessus outrepassent très largement les miennes!  Je suppose donc que vous voulez juste  savoir dans quel(s) rayons(s) de ce supermarché je fais mes courses.
    Disons tout d’abord que je préfère les petits commerçants aux hypermarchés et je n’ai guère de temps pour faire les courses, de plus, étant un bricoleur invétéré,  je n’hésite pas à modifier ou associer mes emplettes, et ça change tout le temps de forme et parfois de fond !
    Ceci étant dit, venons-en à l’essentiel:
    A l’origine, je ne considère que des faits, au sens empirique voire pragmatique du terme, c’est probablement une déformation professionnelle chez moi (déjà dit). Dans les myriades de faits,   j’en retiens au départ trois, certainement les plus évidents, et qui ont en plus la particularité d’être ordonnés:
    - l’univers
    - la vie
    - l’homme
    J’entends par ordonnés le fait que la vie émerge de la matière et la conscience de la vie. Ce phénomène de l’émergence est étonnant quand on compare  la vie à la matière inerte. Il devient stupéfiant quand on considère les capacités de la conscience humaine, qui nous place tout à la fois en position d’acteur principal et de spectateur.
    Voilà donc l’élément fondamental de mon humanisme: En raison de sa conscience l’homme occupe une place privilégiée dans l’univers.  On peut dire que sur ce point, je suis assez proche des grandes religions monothéistes bien que j’affiche un agnosticisme de bon aloi ;-) . En revanche je suis par exemple très éloigné des « deep écologistes »  qui considèrent qu’un piaf vaut autant (plus ?) que l’épanouissement d’un enfant.
     
    Un autre élément fondamental de mon humanisme est l’empathie ou la conscience de l’altérité: Partant du principe que les autres jouissent de la même conscience que moi, comment leur refuser les mêmes droits, comment ne pas être sensible à leurs joies ou à leur souffrances  ?  Cette disposition peut sembler tout à la fois naturelle et démocrate mais elle nécessiterait d’être détaillée …
     
     
    Finalement , la citation de Diderot mentionnée à mon post précédent  me semble un excellent résumé de ma conception de l’humanisme: je pense que tout vient de l’homme  et tout y retourne… mais ça m’étonne quand même :-)
    au plaisir de vous lire …
     
     
     

      

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  9. « L’homme est le terme unique d’où il faut partir et auquel il faut tout ramener » : y’a pas un peu de nombrilisme collectif là-dessous ?  

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  10. judem: y’a pas un peu de nombrilisme collectif là-dessous

    A mon avis non , juste s’en tenir au tangible et éviter de spéculer sur la nature de l’improbable  

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  11. @Electron : je ne comprends pas ta phrase : cela n’a rien à voir avec notre discussion précédente, merci de réinitialiser ! Je vais faire un effort, je vais prendre un exemple concret si tu as du mal : la nature a existé avant l’humanité et existera longtemps après l’humanité, tu n’es pas d’accord ? Et ne me traite pas de « deep écologiste », ce n’est pas le cas !  

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  12. L’humanisme, c’est un tour de passe-passe inventé par les philosophes des lumières pour faire croire que les valeurs chrétiennes pouvaient être expliquées par la raison, soit une tentative pour garder ses valeurs chrétiennes (désormais humanistes) tout en se prétendant agnostique ou athée. L’humanisme, c’est la religion moderne de l’occidental athée. Manque de pot, la raison ne renvoie qu’au droit naturel qui nous dit que si j’ai à respecter l’autre, c’est surtout que, sans cela il serait tout légitimé à se défendre et à me foutre sur la gueule. L’altérité, l’autre, l’humanisme sont des valeurs chrétiennes déguisées en valeurs soit-disant rationnelles et donc rendues ainsi « universalisables ». Le probléme, c’est juste que l’Autre, lui, ne sait pas toujours que ses valeurs sont universelles et à tendre l’autre joue, on prend le risque de se pendre une belle baffe.  

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  13. @Thierry: valeurs chrétiennes agnostico-athéisées, oui. Parce que chrétiennes tout court, ça ne s’arrête pas à l’homme ! Ouais, je sais, je fais partie de ce qui aujourd’hui est considéré comme la pire abomination ayant jamais existé : je n’ai pas honte de mes racines chrétiennes !  

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  14. @judem
    Je crois que nous sommes d’accord. Je disais juste la perversion qu’il y a à faire des valeurs chrétiennes des notions soit-disant rationnelles et non culturelles, à les rendre ainsi universelles (même si toutes les religions ont par nature une prétention universelle, elles ne le sont factuellement pas sinon il n’y en aurait qu’une) et à étendre ses valeurs à celui qui ne l’est pas (chrétien). Je pense même que c’est  le germe du déclin de l’occident déjà amorçé qui verra disparaître en même temps que lui la prétention universelle des droits de l’homme et de l’humanisme post-lumières dont les non-occidentaux se « tamponnent » .  

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  15. @thierry : le beau est tout autant sinon peut-être plus dans le singulier que dans l’universel (c’est l’avancée de Plotin vis à vis de Platon, il me semble). L’universalité ne concerne d’ailleurs-t-elle pas essentiellement la structure du jeu et les règles du jeu, qui ne dépendent pas de nous (incluant notamment la plus grosse part actuelle de la science), et le jeu en lui-même (la seule chose dont nous ayons à nous en vouloir) n’a surtout pas à viser l’universalité puisque c’est en lui que réside le libre arbitre (y compris celui du défi philosophique, fût-il absurde), non ? Donc pas de problème avec la non-universalité : l’implication/nécessité par la raison de telle ou telle religion entraînerait un jeu réduit à l’obéissance et un tel jeu, sans possibilité d’évolution totale (y compris surprenante) serait avec un intérêt, une création, une responsabilité, un amour … considérablement réduits. Vive le choix ! Le problème, c’est qu’actuellement on semble se diriger vers le choix normalisé du « vide » (qui, il est vrai, pacifie : on ne risque pas grand chose à parler de sport, du temps qu’il fait ou du contenu des médias …) et vers la liberté de l’ignorant (je ne maîtrise rien donc je ne peux pas comparer et je n’ai pas à me prendre la tête à choisir).

    Ce qui ne veut pas dire que la spiritualité soit exempte de toute dimension rationnelle.  

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  16. @thierry

     » c’est le germe du déclin de l’occident déjà amorçé qui verra disparaître en même temps que lui la prétention universelle des droits de l’homme et de l’humanisme post-lumières dont les non-occidentaux se « tamponnent »

    Pour une fois que nous sommes d’accord!
    C’est d’ailleurs pour ça que je préfère parler d’empathie ou de « conscience de l’altérité » qui sont, à mon avis des valeurs naturellement présentes en chacun de nous ( plus chez les femmes il est vrai ;-) )

    @Judem
     »la nature a existé avant l’humanité et existera longtemps après l’humanité, tu n’es pas d’accord ?
    C’est évident mais là n’est pas le problème: Qu’est qu’un spectacle sans spectateur ou une pièce sans acteur ? Pour moi la conscience donne tout son sens au réel  

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  17. @Electron : certes, mais si tu ajoutes l’hypothèse d’au moins une transcendance (partielle ou complète, au même niveau de multivers ou pas, après on tombe dans des régressions vertigineuses, la question du tout, des infinis, etc.) à même de décider (ou automatiser) de récupérer les états-mémoires intéressants apparaissant au fur et à mesure du déroulement du jeu dans lequel le hasard nous fait évoluer plus ou moins librement et avec des surprises plus ou moins heureuses/surprenantes (on fait bien des « replay » dans les jeux-vidéos, rien n’empêche de reprendre un état et de le recycler, sachant de plus que le temps du jeu n’est qu’un sous-temps du notre), cela donne je trouve une perspective qui donne non seulement du sens mais réduit la dimension absurde de la vie*. On se retrouvera d’ailleurs tout con le jour où une conscience émergera au niveau des joueurs/automates joués/déroulés plus ou moins au hasard par un ordinateur (pas forcément d’une technologie actuelle) dans un jeu vidéo : on arrête ou pas ? on interfère ou pas ? dans quelle mesure (pas intéressant d’obtenir une bande d’esclaves irresponsables …) ? Et si on se transfèrait, ça serait marrant ? Etc.

    *après, même si ce n’est qu’un défi philosophico-existentiel, je suis libre de le faire, et même d’avoir une position de « fuck symbolique » (que je trouve tout à fait honorable) vis à vis des lois de notre univers même si je sais qu’il y a toutes les chances que cela ne coïncide avec rien du tout et que le pari est, même partiellement, perdu d’avance (broyé par les lois de la physique). Mais, ce qui donne surtout le plus de sens, c’est surtout ce que nous essayons de créer, transmettre, inscrire, faire vivre, les chemins que nous empruntons tout en remémorrant les pas d’autres avant nous. Car nous n’avons à nous en vouloir que de ce qui dépend de nous. En l’occurence, les lois de la physique, qui n’induisent que la structure et les règles du jeu, n’ont qu’une importance relative, même s’il faut les maîtriser au mieux pour s’en sortir au moindre pire. L’échiquier serait différent, avec des règles de déplacement et des pièces différentes, cela ne changerait rien au fait que c’est le jeu en lui-même qui importe/contient plus de beau (et moche).

    Ainsi, l’univers au sens « culture » sur lequel nous naviguons et que nous modulons à travers nos projections, est le seul qui vaille, même s’il n’est qu’éphèmere et en oubli/erreur permanent et si sa réalité ne devait coïncider qu’avec celle des circulations/transformations de données inter et intra-individus (à support matériel tout de même, biologique, électronique, etc.). Et après tout, nous n’accèdons aussi à la matière que par des relations entre objets de même essence (nous n’accèdons ni à l’essence ni à l’ontologie première), et se traite donc tout comme de l’échange/transformation/traitement/calcul d’information en informatique à espace-temps continu (probablement).

    Et ne me réponds pas avec la prosaïcité de certains paysans les pieds englués dans 30cm de boue (ou certains responsables de production) qui restent dubitatifs devant un tableau ou qui pensent que la représentation est moins que le modèle (si tant est que cela ait quelque chose à voir): les faits, les faits, les faits … (t’a déjà touché ou même représenté un électron ?)  

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  18.  » t’a déjà touché ou même représenté un électron

    Il me suffit de savoir qu’il est libre !  

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  19. @Electron : veux tu dire que « comportement fondamentalement probabiliste => libre » ?  

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