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Ronald Fisher, le mal aimé

Ronald FisherVoici ce que l’on peut lire à propos de l’eugénisme de Ronald Fisher dans les « Chroniques darwiniennes » du Nouvel Observateur par Michel de Pracontal :

Il existe un aspect de l’œuvre de Fisher sur lequel les scientifiques se montrent discrets : ses convictions eugénistes, qu’il défend de manière très argumentée dans The Genetical Theory of Natural Selection, son ouvrage majeur. Fisher estime en substance que dans la société moderne, les personnes qui se trouvent en haut de l’échelle sociale ont une supériorité intellectuelle et morale ; or, cette couche sociale «de plus grande valeur biologique» (d’après Fisher !) est moins prolifique, de sorte qu’elle risque d’être submergée par les classes prolétaires qui se reproduisent davantage.

Bien que cette argumentation soit un tissu d’âneries, Fisher, qui s’est montré génial par ailleurs, lui consacre de nombreuses pages.

Je suis à chaque fois fasciné par ce genre de raisonnement. Voilà l’affaire : un savant, dont on est forcé de reconnaître le génie et dont on admet volontiers ne pas avoir la moindre capacité à juger le travail, pense une chose qui déplaît et, du coup, on se sent le droit de taxer cela d’ânerie, mais de quel droit et sur quel critère ? Surtout que l’auteur reconnaît lui-même que Stephen Jay Gould — dont on sait par ailleurs la capacité à refuser tout débat — reconnaît la place centrale de l’eugénisme dans la pensée de Fisher :

…«la conspiration du silence» autour de l’eugénisme de Fisher est « une démarche à la fois inappropriée [...] et exagérément prudente. » Pour Gould, les positions élitistes de Fisher, pour erronées qu’elles soient, font partie intégrante de sa pensée et ne doivent pas être gommées, quel que soit l’embarras qu’elles suscitent dans le contexte du «politiquement correct moderne».

 »Conspiration du silence », ce sont de bien grands mots, quoique celui qui les dit est un expert en la matière, mais Pracontal qui le cite devrait rajouter qu’en France, les choses sont bien pires car en plus de se voir accusé d’être un âne par un journaliste, Fisher souffre de n’avoir pas été traduit en français alors que Gould si, et très largement. Pour le coup, c’est une « conspiration du silence » à laquelle l’auteur de ces « Chroniques darwiniennes » ne fait qu’ajouter sa caution morale.



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17 commentaires pour “ Ronald Fisher, le mal aimé ”

  1. Quelle drôle d’idée déjà de lire le Nouvel Obs, mais bon je ne critique pas…

      

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  2. Schizodoxe, tu dénonces mais ne te découvre pas!
    Quel est donc ton sentiment sur la pensée « cachée » de Fisher?  

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  3. Ah ah, voilà, c’est reparti ! On me demande même mon sentiment, c’est-à-dire une prise de position morale, c’est trop beau.

    Mais soyons sérieux. Ce que je pense c’est qu’il n’y a pas de pensée cachée chez Fisher. Je pense en revanche que le discours scientifique actuel est un discours profondément hypocrite et mensonger sur l’histoire des sciences. Cela n’enlève rien à la pertinence scientifique de ce discours, mais cela devrait lui retirer toute légitimité politique. Or, de l’élection d’Obama aux campagnes de diffamation contre le pape, on note que cette légitimité politique n’est presque contestée par personne.

    Maintenant pour ce qui est le fond de cette pensée « cachée » de Fisher, je pense qu’il n’a fait que tirer les conclusions logiques de la science dans l’état de développement où elle se trouvait à ce moment-là.

    La vérité c’est que l’idée de l’inégalité que défendait Fisher est défendue de façon cachée (là le mot est juste) par un bon nombre de scientifiques aujourd’hui. Cela affleure parfois, d’une façon très brutale même (Palin, une provinciale au QI inférieur, au mari ouvrier, à la famille nombreuse, à la fille enceinte, etc.), mais toujours en choisissant ses cibles.

    Et je ne dirai rien de l’eugénisme dont le nom est maudit, mais la pratique en pleine expansion. Je trouve fascinant que l’on puisse dire que Fisher est un sale eugéniste et que les catholiques qui refusent de cautionner le Téléthon sont de sales réactionnaires, par exemple.

    Enfin, bon, sans doute tout cela est-il loin de l’expression de mes sentiments et sans doute avancé-je encore masqué (larvatus prodeo disait Descartes) me reprochera-t-on… Me je n’avance pas masqué, c’est juste que je sais mon opinion de peu de valeur. Toute les opinions, d’ailleurs, sont de peu de valeur. Seuls importent les faits.

      

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  4. Schizodoxe: Toute les opinions, d’ailleurs, sont de peu de valeur. Seuls importent les faits.

    Allons, va pas nous faire un malaise SDX !
    Les faits importent pour décrire le monde, les opinions pour savoir quoi en faire.  ;-)
    Je ne sais pas si on pourrait te suivre sur « le discours scientifique actuel » et sa qualité. Il faut faire la différence entre le « discours scientifique » et le discours des scientifiques. Ce sont deux choses bien différentes qu’on a souvent tendance à ne pas vouloir distinguer. Je plaide coupable pour certains cas et essaie de me défaire de ce vilain défaut autant que possible.
    Je me dis volontiers eugéniste s’il s’agit d’IVG d’embryon trisomique, ou homozygote ΔF508, ou pour promouvoir les études pour la thérapie génique (même si pour l’instant c’est un bide complet, ou presque). Je ne vois pas où est le problème quand on souhaite que les gens n’aient pas des problèmes de santé à cause de défauts génétiques.
    Mais utiliser des critères de réussite sociale (sans parler de morale, pour ne pas m’énerver) comme base pour évaluer la « valeur biologique » est fort probablement (pour ne pas dire certainement, ça ne ferait pas scientifique) une ânerie. J’aimerais bien voir des stats indiquant le contraire si elles existent.
    Quelle campagne de diffamation du pape ? (là, ça m’intéresse aussi)  

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  5. Au fond, quel est le risque réel de l’eugénisme ?
    A mon avis, le seul gros risque est la diminution de la diversité qu’il pourrait entraîner s’il est appliqué à grande échelle et de façon uniforme.   Encore  faut-il relativiser cette éventualité: Il pourrait se trouver une majorité d’eugénistes non conformistes …
    Un exemple simple. Imaginons vous soyez parent ou plutôt que vous aspiriez à le devenir et que la science vous donne toute latitude pour sélectionner  chaque « caractère » constitutif de votre futur bébé. Quel profil sortira de la boîte ? Votre clone parfait ? Ou au contraire  un concentré de tout ce que vous n’avez pu être ?   Evidemment, il ne sera probablement  pas  neuneu ou bossu mais est-ce un mal ? On voit bien là que le problème n’est pas si simple à trancher.
    A mon avis , ceux qui craignent ces nouvelles libertés que la technique nous offre, au point de vouloir les interdire purement et simplement,  souffrent d’un grave dysfonctionnement neuronal: ils ne croient pas en l’homme! D’ailleurs, à ce titre, ils feraient peut-être mieux d’éviter de se reproduire ;-)   

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  6. Electron: Au fond, quel est le risque réel de l’eugénisme ?

    L’eugénisme politique uniquement, qui est loin d’être une liberté. Très loin.  

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  7. oldcola: Je ne sais pas si on pourrait te suivre sur “le discours scientifique actuel” et sa qualité. Il faut faire la différence entre le “discours scientifique” et le discours des scientifiques. Ce sont deux choses bien différentes qu’on a souvent tendance à ne pas vouloir distinguer. Je plaide coupable pour certains cas et essaie de me défaire de ce vilain défaut autant que possible.

    ette ambiguité est en tout premier lieu le fait des scientifiques. C’est eux qui, délibérément ou non, entretiennent cette confusion. Ils en sont les premiers coupables et les premiers bénéficiaires.

    oldcola: Je me dis volontiers eugéniste s’il s’agit d’IVG d’embryon trisomique, ou homozygote ΔF508, ou pour promouvoir les études pour la thérapie génique (même si pour l’instant c’est un bide complet, ou presque). Je ne vois pas où est le problème quand on souhaite que les gens n’aient pas des problèmes de santé à cause de défauts génétiques.

    Même cette vision restreinte ne va pas sans poser de problèmes comme ceux que j’avais décrits ici. Si l’avortement d’embryon trisomique est moralement défendable, alors, les parents de trisomiques seront moralement condamnés pour infliger à la société un poids inutile.

    oldcola: Mais utiliser des critères de réussite sociale (sans parler de morale, pour ne pas m’énerver) comme base pour évaluer la “valeur biologique” est fort probablement (pour ne pas dire certainement, ça ne ferait pas scientifique) une ânerie. J’aimerais bien voir des stats indiquant le contraire si elles existent.

    Dans l’état où était la science il y a quelques années, tu sais très bien que ces idées-là étaient majoritairement écrasantes au sein de la communauté scientifique. Sinon, pour citer quelques noms dont les travaux sont peut-être encore valables aujourd’hui : Murray, Jensen, Loehlin, etc. Tous ces gens-là ont eu leur heure de gloire.

    oldcola: Quelle campagne de diffamation du pape ? (là, ça m’intéresse aussi)

    Je ne me laisserai pas aller à re débattre de tout ça avec toi :D

      

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  8. Electron: Au fond, quel est le risque réel de l’eugénisme ? A mon avis, le seul gros risque est la diminution de la diversité qu’il pourrait entraîner s’il est appliqué à grande échelle et de façon uniforme.

    C’est plutôt l’inverse. L’eugénisme pourrait aboutir à un accroissement des différences entre les riches et les pauvres, les « modernes » qui le pratiqueraient et qui ne connaîtraient plus certaines maladie et les « archaïques » qui le refuseraient, etc.

    C’est pour cela que quand je lis cela…

    oldcola: L’eugénisme politique uniquement, qui est loin d’être une liberté. Très loin.

    …je suis un peu étonné.

      

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  9. J’en profite pour renvoyer à cette page où se trouvent plusieurs billets en rapport avec notre présent débat.

      

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  10. Sdx,

    Ah ah, voilà, c’est reparti ! On me demande même mon sentiment…

    Si le « on » que tu évoques englobe les lecteurs qui répondent à tes articles, ok. Je lis trop peu les commentaires pour me faire une idée de la teneur de vos échanges.

    Si ce « on » me vise plus particulièrement, je répondrai que deux questions en deux ans ne me valent pas ce « c’est reparti ».
    Pour revenir aux raisons qui m’amènent à te demander ton sentiment,  je dirai que dans cette ère trouble où les médias nous offrent (entre autres) du fantasme, de la propagande et de la mystification, j’ai une tendance farouche à tenter de saisir le background, l’arrière-cuisine dans une ligne éditoriale car c’est un des paramètres de l’information fournie.
    Ton sentiment m’importe en ce sens…
    Je fais le constat simple que tu ne réponds pas à la question même si en dénonçant la « légitimité politique » tu donnes des pistes.
    Je me permets de reformuler ma question: quelles « conclusions logiques » tires-tu dans l’état de développement de la science de maintenant???
     

      

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  11. Electron: A mon avis , ceux qui craignent ces nouvelles libertés que la technique nous offre, au point de vouloir les interdire purement et simplement, souffrent d’un grave dysfonctionnement neuronal: ils ne croient pas en l’homme! D’ailleurs, à ce titre, ils feraient peut-être mieux d’éviter de se reproduire

     »les nouvelles libertés que la technique nous offre » ; libertés ou aliénation? La seule liberté que nous autorise la technique, c’est de choisir notre aliénation: être aliéner soit à la donne naturelle, soit à la technique et donc à d’autres hommes (ceux qui maitrisent cette technique) et donc soit à des grosses boîtes privées (dans le meilleur des cas) qui finiront par vous faire payer un droit d’auteur vu que vous ne serez plus que leur oeuvre technique (rien de plus qu’un nouveau maïs transgénique monsanto), soit à l’Etat dans le pire des cas qui vous imposera vos choix (pour votre bonheur, cela va de soi).
     »ils ne croient pas en l’homme! ». Ceux sont donc des sages.
     »D’ailleurs, à ce titre, ils feraient peut-être mieux d’éviter de se reproduire « .  A titre personnel, j’ai déjà plusieurs enfants.
    La notion d’eugénisme « libéral » est une foutaise vu que la technique eugénique réclame une organisation lourde et coûteuse, des usines à gaz privées ou publiques qui vous soumettrons en vous faisant croire que choisir tel ou tel trait phénotypique, c’est la liberté. L’eugénisme, au vu de la nécessité de son organisation technique, finira toujours en fin de compte par être un eugénisme organisé et règlementé donc politique.  

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  12. thierry: ”les nouvelles libertés que la technique nous offre” ; libertés ou aliénation? La seule liberté que nous autorise la technique, c’est de choisir notre aliénation: être aliéner soit à la donne naturelle, soit à la technique et donc à d’autres hommes (ceux qui maitrisent cette technique)
    C’est vrai , je pense que si je vis plutôt bien c’est aussi et surtout grâce aux autres, mais rassurez vous, je leur rend le même service en retour

    et donc soit à des grosses boîtes privées (dans le meilleur des cas) qui finiront par vous faire payer un droit d’auteur vu que vous ne serez plus que leur oeuvre technique (rien de plus qu’un nouveau maïs transgénique monsanto),

    là encore, je plaide coupable: chaque fois que j’actionne l’interrupteur , le compteur tourne et il va falloir que je donne des sous à ces immondes salauds de capitaliste de la compagnie d’électricité , mais au moins ça me permet d’y voir clair le soir. Pour le mais , vous exagérez: je n’en mange pas sauf peut-être sous forme de poulets :-)

    ”ils ne croient pas en l’homme!”. Ceux sont donc des sages.
    Mais quel messie pourrait les sauver dans ce cas ?

    ”D’ailleurs, à ce titre, ils feraient peut-être mieux d’éviter de se reproduire “.  A titre personnel, j’ai déjà plusieurs enfants.
    Moi aussi. Vous ne semblez pas remarquer que certains de mes propos sont teintés de dérision, quelque chose entraverait-il votre capacité de réflexion ?
    La notion d’eugénisme “libéral” est une foutaise vu que la technique eugénique réclame une organisation lourde et coûteuse, des usines à gaz privées ou publiques qui vous soumettrons en vous faisant croire que choisir tel ou tel trait phénotypique, c’est la liberté. L’eugénisme, au vu de la nécessité de son organisation technique, finira toujours en fin de compte par être un eugénisme organisé et règlementé donc politique.

    Peut-être mais dans le  cadre de ce post je m’en fous: Mon propos était plutôt de mettre en évidence que l’argumentaire des technophobes, derrière une apparence scientifique est fréquemment de nature  religieuse voire superstitieuse.
    Je pense d’ailleurs y être arrivé
    Salutaions narqoises ;-)   

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  13. Je soulignais juste que si il n’y avait pas de technique, il n’y aurait pas ou peu de problèmes bioethiques. Le problème de l’eugénisme positif comme négatif n’existe pas en dehors du problème de la technique (ou de l’industrie pour un eugénisme  efficace) dans la mesure ou cette technique est en capacité de changer votre nature. Et la technique, dés lors qu’elle se montre capable de modifier votre être, est aliénante, ni plus ni moins que votre nature même. La technique n’est pas susceptible d’augmenter notre liberté. La seule liberté qu’elle nous donne, c’est celle de s’extraire de notre nature pour mieux s’aliéner à elle. La notion de liberté ne devrait pas intervenir à mon avis dans les débats de bioéthiques en général.

    Electron: là encore, je plaide coupable: chaque fois que j’actionne l’interrupteur , le compteur tourne et il va falloir que je donne des sous à ces immondes salauds de capitaliste de la compagnie d’électricité , mais au moins ça me permet d’y voir clair le soir.

    Ouais, mais vous êtes toujours en capacité de refuser cette possibilité et de retourner au temps de bougies et des chandeliers. Quand la chose concerne votre propre nature, vous ne pouvez plus refuser les conséquences du « service eugénique ». Vous serez autrement aliéné à votre patrimoine génétique ou au dispositif artificiel sensé  améliorer une de vos fonctions qu’à votre compteur électrique. On ne peut pas se faire sauter les plombs aussi facilement ( à moins d’avoir une arme chargée pas trop loin).
    Les eugénistes qui insistent sur l’argument  libéral avancent masqués. le problème se situe à un autre niveau. La position « eugénissiste » est défendable mais avec d’autres arguments, peut-être moins politiquement correct comme ceux de Fischer?  

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  14. Electron: Peut-être mais dans le cadre de ce post je m’en fous: Mon propos était plutôt de mettre en évidence que l’argumentaire des technophobes, derrière une apparence scientifique est fréquemment de nature religieuse voire superstitieuse. Je pense d’ailleurs y être arrivé

    Electron: A mon avis , ceux qui craignent ces nouvelles libertés que la technique nous offre, au point de vouloir les interdire purement et simplement, souffrent d’un grave dysfonctionnement neuronal: ils ne croient pas en l’homme!

    Je suis technophobe dés lors que la technique prétend changer la nature profonde de l’Homme. C’est donc que je crois finalement plus en l’homme tel qu’il est que vous qui voulez le changer.  Le plus humaniste n’est finalement pas toujours celui qui prétend l’être… On devient justement misanthrope parce qu’on y croyait trop, en l’homme, cette bête nuisible et incapable. Et pourquoi parler de croyance, vous qui n’êtes ni religieux ni superstitieux.

      

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  15. thierry: Je suis technophobe dés lors que la technique prétend changer la nature profonde de l’Homme.
    Dans ce cas il fallait mieux éviter d’accèder à la conscience et donc éviter  la consommation des pommes, même sous la pression d’un  reptile qui n’était même pas fructivore :-)
    Et pourquoi parler de croyance,
    Vous avez tout à fait raison . Pour moi l’homme n’est pas une croyance mais un fait et comme tous les faits, il contient une part d’indétermination et de devenir et c’est d’ailleurs là qu’il reste une place à la croyance ou plutôt à la conviction ;-)

    vous qui n’êtes ni religieux ni superstitieux.
    Sur ce point  permettez moi de vous détromper en partie, je n’exclus pas que l’univers ait un « sens » bien que j’avoue humblement ne pas pouvoir le définir . Ma seule conviction, c’est que les religions, du moins celles dont j’ai quelques connaissances ne répondent pas mieux que moi au problème , mais dans ce domaine il est vrai que l’absence de  preuve n’est pas la preuve de l’absence
    En résumé,même si je ne suis pas totalement convaincu du bien fondé de certaines manipulations je ne vois pas pourquoi il y aurait un  tabou
    systématique lié aux questions de bioéthique plus que sur une multitude d’autres question morales qu’il serait vraiment trop long de détailler ici. Deux questions marantes à titre d’exemple:
    1-Est-il moral d’utiliser un ordinateur pour dialoguer avec ses semblables?
    2-Que ferons nous si par mégarde, aux fil des évolutions technologiques , la dite bestiole accédait un jour à la conscience et, de surcroît, prétende à diriger le monde du fait de sa grande intelligence et de sa meilleure connaisance de l’ensemble des données présentes sur le Web ?

    C’est de la SF certes, mais ça pourrait bien nous arriver un jour !  

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  16. Schizodoxe: C’est eux qui, délibérément ou non, entretiennent cette confusion

    Ce n’est pas parce qua quelqu’un essaie de te duper que tu ne dois pas réagir. On attend, j’attends au moins, des plus futés de dénoncer cette confusion.

    Schizodoxe: Même cette vision restreinte ne va pas sans poser de problèmes comme ceux que j’avais décrits ici

    Le choix à l’IVG est personnel, pas collectif et autant je suis pour sa disponibilité autant je suis contre sa transformation en devoir.

    Schizodoxe: Dans l’état où était la science il y a quelques années, tu sais très bien que ces idées-là étaient majoritairement écrasantes au sein de la communauté scientifique.

    Oui, c’est ça, et parce que jadis on croyait majoritairement que le Soleil tournait autour de la Terre, ce que nous savons très bien tous les deux, c’est que c’était particulièrement futé et qu’on doit faire avec aujourd’hui ? A partir du moment où on se rend compte qu’une ânerie en est une ça serait mal avisé de ne pas la caractériser en tant que telle, qu’elle soit le produit de quelqu’un d’autre ou de soi-même.
     
       

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  17. Donc vaut-il mieux un eugéniste caché ou un technophobe connecté ?

    Pour ma part, et c’est mon sentiment intime que je vous donne, même si personne ne me l’a demandé, je suis un technophile archaïque et un eugéniste philanthrope.

      

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