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Une grande récession : 1816
En 1815, la Grande Bretagne sort des guerres napoléoniennes avec une dette publique équivalent à 250 % de son PNB, ce qui ferait passer Japon et Italie actuels pour des modèles de vertu. Le 12 avril 1815, de surcroît, l’éruption du Mont Tambora en Indonésie, la plus grande enregistrée de mémoire d’homme, projetait assez de tonnes de cendres dans l’atmosphère pour provoquer une année sans été, et entraînait la pourriture sur pied de la récolte de 1816. Point de Bernanke ni de Gordon Brown pour faire du quantitative easing à l’époque, mais l’action résolue de Lord Liverpool conseillé par David Ricardo.
En février 1817 l’Habeas Corpus est suspendu, et une politique de déflation est poursuivie pour ramener la Grande Bretagne dans le Gold Standard. Avec l’aide d’ une bonne récolte 1817, l’Habeas Corpus est rétabli dès décembre 1817. Dès 1821, la Banque d’Angleterre rétablit le Gold Standard. Il faut noter qu’une innovation fiscale apportée par les guerres napoléoniennes, l’impôt sur le revenu, fut abolie en 1816. En 1824 l’amélioration de la situation économique permit la légalisation d’une autre innovation, le syndicat.
















13 mai 2009 à 20:57Douce vision des choses « autrichiennes », il me semble, à laquelle j’adhèrerais si le monde n’était pas ce qu’il est . Mais est-ce-que cette solution à la crise est compatible avec un monde dans lequel c’est ,depuis plusieurs décennies, une politique monétariste et l’inflation qui créent la richesse, où la richesse est essentiellement produite par le vent et ne repose sur rien de concret, où les pays « riches » sont tous désinsdustrialisés (les USA en premier lieu) et où la richesse, c’est la dette. Tuer l’inflation sans se réindustrialiser, c’est mourir et donner la main aux chinois, non?
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13 mai 2009 à 21:27Euh ils ont pas déjà la main sur notre dette, les méchants chinois ??
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13 mai 2009 à 21:54Oui, le truc c’est qu’ils croient (ou qu’ils font semblant de croire parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement s’ils veulent continuer à nous fourguer leurs babioles invendables sur leur marché interieur) que notre dette (enfin celle des USA surtout) vaut encore quelque chose. Le jour où ça s’arrête, les USA, qui ne produisent plus rien et vivent sur la dette que veulent bien leur acheter les chinois, se retrouveront à poil sauf à remettre les compteurs à zéro par l’inflation et en envoyant promener les chinois et leurs tonnes de papiers sans valeurs (ce qui à mon avis me manquera pas d’arriver). Avoir une politique déflationniste, c’est faire que la dette chinoise, les dollars qu’ils possédent, vaudront plus demain q’aujourd’hui; c’est les enrichir. Repasser au goldstandard sans se réindustriliaser, c’est accepter de continuer à leur transférer les richesses en or qu’ils nous restent en restant leurs clients et eux, nos seuls vendeurs.
Les seules issues, c’est soit la course à l’échalotte et à l’inflation pour continuer à vivre comme des nababs, fonctionnaires et autres assistés en espérant que ces crétins de chinois continuent à travailler pour nous sans broncher en achetant notre dette ou bien accepter de travailler comme des chinois et de se ré-industrialiser, de produire à nouveau de la richesse (de la vraie) pour pouvoir leur dire merde.
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14 mai 2009 à 9:07Une politique monétariste et l’inflation : belle oxymoron.
Justement la politique Bernanke/Greenspan n’a rien de monétariste.
Rappelons que Friedman est partisan d’une croissance régulière de l’ordre de 3% du money supply.
Votre vue de la « production » est également surranée pour être gentil : remarquez il y a un progrès , vous reconnaissez qu’il n’y a pas que l’agriculture pour créer de la vraie richesse.
Et qu’appelez vous se réindustrialiser ? la Chine est le réceptacle des usines à faible valeur ajoutée.Allez en Scandinavie , en Flandre ou en Allemagne du Sud pour voir des usines
adaptées aux besoins et contraintes de l’Europe d’aujourd’hui.
Quant au Goldstandard , nos amis asiatiques risquent de le réimposer : qu’ils en soient par avance remerciés.
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14 mai 2009 à 10:22Et hop on rebondit sur ce que je disais sur la réindustrialisation dans notre suburbia. Cet immense réservoir à potentiel étant complètement laissé de coté. Mais le vent va tourner, il va tourner.
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14 mai 2009 à 11:55Non à l’exploitation capitaliste ultralibéral du batracien mutant !
Des droâ pour les coâ coâ !
Pas de grenouilles pour les fripouilles !
Touche pas à mon crapaute !
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14 mai 2009 à 12:49Ah ah ah !
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14 mai 2009 à 13:55Merci de remplacer par « monétaire »
Vous êtes bien aimable d’être si gentil (même si cela semble plein de condescendance) avec moi. Pour ce qui est des entreprises de service, je maintiens, c’est du vent qui ne produit de la richesse qu’ à la seule condition qu’il y ait derrière une solide industrie. Le tertiaire tout seul, ça ne marche pas. Au mieux, ça crée de la richesse en augmentant la vitesse à laquelle le pognon circule.
Jusqu’à quand pourra-t-on croire que la Chine restera incapable de fabriquer une mercedez, une machine-outil, un avion aux standards européens mais bien moins cher. Ca marche avec les chemises, il n’y a aucune raison que cela ne marche pas bientôt avec tout le reste.
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15 mai 2009 à 6:51Les Chinois fabriquent ce qu’on leur donne à fabriquer. La réindustrialisation de l’Europe (pour pouvoir “dire merde” à ces “crétins de Chinois”) est entièrement le problème des Européens. Tant que des gentils patrons européens sympatiques délocaliseront pour faire fabriquer moins cher mais viendront toujours vendre toujours là ou le pouvoir d’achat est élevé pour maximiser leur profit (tout en s’étonnant que le marché se restreigne, que la consommation baisse à cause du chômage, que leurs employés français veulent des cdi et que l’Etat ne fasse rien pour eux) le problème restera entier.
Si des manchots génétiquement modifiés peuvent servir d’ouvriers pour fabriquer des cafetières moins cher qu’en Chine, tout les investisseurs iront en Antarctique. On pourra toujours se dire que c’est de la faute de ces crétin de manchots.
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18 mai 2009 à 10:12C’est tout de même une drôle de vision des choses.
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18 mai 2009 à 16:26Pas de condescendance , mais la dichotomie services/industrie n’est plus aussi tranchée que dans le passé et le secteur tertiaire est d’une incroyable diversité.
On devrait même parler de l’existence d’un secteur quaternaire.
Enfin par définition une activité où la main d’oeuvre représente une faible part du cout de revient ne risque pas d’être délocalisée , ce qui exclut la plupart des activités à forte valeur ajoutée.
Les délocalisations représentent une très faible part de la destruction des emplois industriels.
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18 mai 2009 à 17:18Ben… C’est surtout que je trouve pas gentil de s’en prendre aux Chinois. Mais les manchots ne m’ont rien fait non plus. En mixant manchots+Chinois j’aboutis d’ailleurs à La longue marche du dernier empereur. Etonnant non ?
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18 mai 2009 à 21:26Observation du contraire : acierie et construction navale a l’échelon local n’est pas remplacé a même volume par le tertiaire dans l’est ou la région de marseille..
Pareil pour l’agriculture, il y a eu plus de mouvement de mécontentement quand les pays comme la thailande, ayant abandonné la politique de stock alimentaire pour passer au « flux tendu » s’est retrouvé confronté a une augmentation des couts suite a des pénuries que quand l’essence ou le prix de la mémoire vive augmente.
Le tertiaire est une illusion dans sa grande majorité; aprés un séisme, une inondation ou une usine qui saute comme a Toulouse la population n’a pas besoin de psychologue, de spa, de taxi ou de conseil en management, le vital c’est manger et réparer rapidement son abri et çà c’est pas une société fondée sur du tertiaire qui le garantie.
Et je n’évoque même pas le risque de dépendance stratégique.
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18 mai 2009 à 21:28Raaaaaaah, va falloir que je prenne un cour de Blog moi…
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18 mai 2009 à 22:17Code corrigé
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18 mai 2009 à 23:37Dans l’est toutes les fermetures de sites sidérurgiques ne correspondent pas à des délocalisations.Si les effectis de la sidérurgie ont été divisés par 3.4 en 20 ans , la production a reculé de 9% seulement et tourne autour de 20 millions de tonnes.
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19 mai 2009 à 8:43Hum… empiriquement j’ai du mal a y croire. Beaucoup de haut fourneau ont fermés et je vois mal même avec des modernisations et une automatisation plus importante comment les sites peuvent fournir autant vu la lourdeur du procédé, peut être pour les alliages nécéssitant une technique élaboré mais pour du produit lambda… Niveau fret sncf ça plonge également. Des gros noeuds de triages comme woippy sont plutot désert et on peut pas dire que les trains pertubent le voisinage par leurs passages.
J’avoue aussi faire peut-être l’amalgame avec les mines de charbon et de fer -secteur primaire-…
Mais de toute façon ce n’est pas Sage ou ou la plate forme Apple france qui va absorber la population de ces pôles et minorer la répercussion sur l’économie locale.
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19 mai 2009 à 9:47Vous avez du mal à y croire mais c’est la réalité , la production
française d’acier est étonnament stable (et qui plus est on exporte : 16 millions
de consommation 20 millions de production).
Ce qu’on appelle désindustrialisation est souvent le reflet d’une augmentation spectaculaire de la productivité , et le transfert chez les vilains chinois ne joue
qu’un rôle marginal.
Le tertiaire c’est aussi le cabinet de conseil en ingénierie qui va vous
permettre de diviser par trois vos heures d’ingénieur pour une production
augmentée .
C’est aussi grâce au « tertiaire » qu’on arrive à construire plus vite et mieux
des grands ouvrages de bâtiment sans employer des milliers de clampins avec des brouettes.
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19 mai 2009 à 13:44Production des usines localisées en france ou des entreprises battant pavillon français ? Ca j’aimerais bien savoir, parceque du peu que j’en sais importer de la matière première (fer/bauxite ect) de l’etranger le faire travailler sur le territoire et le rééxporter…
Mais je crois que l’on ne parle pas de la même chose en fait.
Franchement un personnage comme Fayol est vraiment une icône pour moi, mais je parlais plus de l’économie au sens social et pas « profit » .
Augmenter sa production avec un ingénieur c’est parfait pour le bilan comptable d’un chef d’entreprise mais pour un dirigeant politique ou une société avoir un bonhomme payé 5000 qui remplace ou qui fait remplacer dix clampins payés 1000, il peut s’attendre a ce que ces dix là ne reste pas a regarder la machine tourner sans eux.
Donc à choisir je préfère les pays ou les gens gagnent nettement moins mais ou tout le monde gagne sa vie, puisque d’une manière ou d’une autre leurs salaires sera recyclé. Les gens « se fatiguent » pensent à autres chose, se valorisent par ce qu’il créent eux, cf récits passionnés des mineurs ou des métalos par exemple…
Vous allez me dire l’extreme inverse c’est le communisme et çà ne marche pas c’est exact, maintenant on doit pouvoir trouver une position pour le curseur.
Je ne sais pas d’ailleurs si il n’y avait pas un document ou quelque chose qui mettaient les troubles en parallèle avec le coefficient de Gini.
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19 mai 2009 à 14:26Production en France pour l’acier.
Ce que vous décrivez , c’est le processus normal de la productivité depuis
la généralisation du moulin à eau.
Et le recyclage dont vous parlez serait grandement facilité dans le cas français
si le taux de charges sociales était plus faible.
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20 mai 2009 à 3:02Des pioches. Pour avoir deux chantiers de construction sous ma fenêtre, je vous confirme que le clampin chinois de type « minggong » (ouvrier migrant pour respecter le politiquement correct local, esclave est plus proche de la réalité) est fourni en standard avec une pioche et un marteau mais pas de brouette (il utilise plutôt un tricycle à plateau).
La distinction est primordiale
Bon pour redevenir sérieux, c’est le tertiaire qui permet de maintenir les immeubles debout. Ici, à Pékin, les nombreux immeubles qui, par leur degré de délabrement, ont un air familier avec nos chères barres des banlieues des années 70 n’ont en fait été construits qu’il y a une quinzaine d’année.
J’attends de voir à quoi vont ressembler dans 10 ans les tours qui poussent actuellement comme des asperges et les installations « ultra-modernes » des JO 2008-de-la-grandeur-de-la-Chine (bientôt un article de Dahlia sur les piscines olympiques abandonnées dans leur cube de verre ?
)
Ce n’est pas faute d’avoir la main d’oeuvre pour les entretenir, c’est d’une part la conception technique et la finition déplorables de ces immeubles qui les rend très difficiles à entretenir, et d’autre part l’absence totale de gestion à long terme du bâti. On préfère raser et recommencer quand ça devient trop vieux (en expulsant et « relogeant » les habitants au passages, créant au passsage de confortables plus-values pour les aparatchiks locaux vu le niveau des « indemnisations »).
Ce mode de pensée inconséquent et à court terme semble également valable pour bien d’autres domaines en Chine (électronique, automobiles…).
La Chine sera réellement sortie du sous-développement le jour où elle pourra suivre et entretenir ce qu’elle construit et produit. Aujourd’hui l’attitude ultra dominante est : « on verra bien plus tard, pour le moment on fait du pognon pour rouler en audi A6, et tant pis pour les détails ».
J’ai personnellement des doutes sur la possibilité qu’un tel changement arrive, du moins rapidement.
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