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La croissance disparue
En ces temps de récession, on peut se demander quelles sont les perspectives de reprise pour l’économie française. Les données statistiques récentes nous apprennent malheureusement que la croissance potentielle française est faible. Déjà les gains de productivité par tête ne décollent pas : +10 % sur la période 1996-2005, à comparer aux 30 % des Etats-Unis et aux 23 % des Suédois. La productivité globale des facteurs (en jargon d’économiste, la progression de la croissance qui n’est pas expliquée par la croissance du stock de capital ou de la quantité de travail) est également très faible, à 0,5 % l’an (1,7 % aux USA , 1,9 % en Suède).
Au total, la croissance potentielle de long terme de la France ne dépasse pas 0,6 % l’an, contre 2,8 % pour les USA et 2,9 % pour la Suède. On comprend donc mieux la réticence du gouvernement à se lancer dans une politique de relance par la demande, qui buterait très vite sur des contraintes d’offre. On comprend moins bien sa pusillanimité à terminer heureusement les nombreuses réformes qu’il a lancées , cette faiblesse de la croissance potentielle s’avérant dramatique dans la mesure où il faudra :
- rattraper la perte de production occasionnée par la récession actuelle, qui est loin d’être finie,
- passer de 4 à 7 retraités pour 10 actifs d’ici à 2040.
















5 mai 2009 à 12:50Deux questions, dont j’espère que vous me pardonnerez la naïveté :
1° quels sont ou peuvent être les facteurs explicatifs de cette mauvaise position ou santé économique de la France ?
2° pourrait-on avoir la tentation de jouer sur la monnaie afin de compenser artificiellement les facteurs de l’économie réelle ?
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5 mai 2009 à 12:56les facteurs sont multiples :
-poids du secteur public
-mauvais système éducatif
-mauvaise orientation de l’épargne
jouer sur la monnaie n’est plus possible depuis l’adoption de l’euro.
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5 mai 2009 à 13:09Réponse laconique, mais un peu bateau, non ?
- Poids du secteur public : les dépenses publiques de la Suède sont supérieures à la France (en % du PIB, 55% contre 54% en 2006)
- Mauvais système éducatif : est-ce à dire que l’on ne forme pas assez de professionnels ? que l’on sort trop tôt de l’enseignement ? que l’on forme trop de sociologues ? que l’on ne dépense pas assez (5,16% du PNB en 2005, contre 8,04 en Suède, 4,79 aux USA) ?
- Mauvaise orientation de l’épargne : c’est-à-dire ? Pas d’investissement sur les marchés financiers au profit de supports euros sans risque ?
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5 mai 2009 à 13:44Par rapport à la Suède le premier point n’est effectivement pas valable ,et encore il (beaucoup plus de recherche , d’enseignement supérieur que d’assistanat)faudrait
considérer l’orientation de la dépense publique très favorable à la SuèdeL’Université française est effectivement une calamité , avec la moitié des entrants qui sortent sans diplôme sans parler de la pléthore de ceux dont les diplômes ne valent pas grand chose.
Pour l’épargne ni business angels ni fonds de pension en France : tout est drainé vers l’assurance vie et ses obligations d’Etat.’.
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5 mai 2009 à 14:18Suppression de certains ministères et cession du patrimoine publique serait un bon début.
Rationalisation réelle des achats et des moyens de production publiques.
Libre concurrence pour le privée.
Baisse de la Tva.
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5 mai 2009 à 14:33C’est certainement une très bonne idée en théorie, mais dans la pratique, cela revient bien souvent à vendre aux copains pour des sommes dérisoires qui finissent, de toute façon, dans les poches d’autres copains…
Là encore, cela semble une bonne idée d’avoir un Etat moins coûteux et plus efficace. Cependant, ce qui protège les citoyens de l’Etat ce sont moins ses règles et ses lois que la faiblesse de ses moyens et son inefficacité. Pour sa tranquillité et sa liberté, mieux vaut vivre sous un tyran méchant et faible que sous un homme bienveillant et tout-puissant. De ce point de vue, je ne suis pas certain que, dans la situation actuelle, l’on ait à gagner à ce que l’Etat soit mieux géré.
La TVA est le seul impôt volontaire puisqu’il est lié à ce que l’on choisit de dépenser. C’est peut-être une mauvaise chose du point de vue économique, mais, ma foi, c’est encore ce qu’il y a de moins injuste parmi toute la palette des rackets qui nous est proposée.
Je suis curieux de lire la suite de ce que Timeodanaos veut nous dire.
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5 mai 2009 à 15:07Je ne suis pas certain qu’une baisse de la TVA ait un quelconque effet sur la croissance. Voyez ce qui se passe avec les restaurateurs : soit ils augmentent leurs marges, soit ils s’engagent (avec ce que ça vaut…) à baisser les prix de montants dérisoires ou à augmenter les salaires de la main d’œuvre pour des montants sûrement également dérisoires. Vu la structure de la distribution en France, il est à peu près acquis qu’une baisse de la TVA accroîtrait les marges du distributeur (qui en fait déjà pas mal), sans que ça ne profite ni au consommateur, ni au producteur. Non ?
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5 mai 2009 à 15:34Rappelons que les Etats qui ont réformé comme le Canada et la Suède pour
passer à un système d’agences ne l’ont fait que sous la pression de la faillite.
Hors le français supporte très bien l’impôt ,vu que dans un pays d’allocataires et de fonctionnaires nous sommes tous le conjoint ou le parent d’un fonctionnaire.
Pour la TVA effectivement sa baisse et notamment dans la restauration secteur par définition non délocalisable est d’une connerie sans nom , vu le rapport coût fiscal élevé/apport ridicule à l’emploi.
Quitte à avoir un impôt , autant que ce soit la TVA effectivement.
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5 mai 2009 à 16:03Et à ceux qui veulent prendre modèle sur la France, « just say non »
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5 mai 2009 à 17:17+ 1. A ceci près que l’homme bienveillant et tout-puissant est aujourd’hui une grosse maman maternante qui s’intéresse de près et de plus en plus aux petits détails de votre vie quotidienne, pour que vous soyez heureux, cela va de soi.
Je ne dois pas être Français
. Ce qui fait mal au coeur, c’est pas tellement d’en payer mais plutôt de voir ce qu’on fait avec…
La seule vraie solution est une vraie réforme libérale (moins d’état, moins d’impôts, plus de liberté/responsabilité, moins de welfare state) mais bon, ça cadre pas vraiment avec l’état d’esprit des français. Nous serons de toute façon rapidement au pied du mur quand le niveau d’imposition sera tel que la seule position tenable sera celle de fonctionnaire et que les entrepreneurs et indépendants ne verront plus dans leur job un moyen de subsistance suffisant et préféreront laisser tomber plutôt que de continuer à travailler pour l’état et ses prélèvements prohibitifs.
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5 mai 2009 à 19:01C’est un fait. Ceci étant, il est tout à fait possible que sur nous soyons assez largement engagés sur la pente descendante de la courbe de Laffer, et que la cause que vous dites n’est en définitive que la conséquence de la pression fiscale.
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5 mai 2009 à 19:17Je crois effectivement qu’un bon paquet d’entrepreneurs, des travailleurs indépendants, peut-être même de salariés (heures sup?) sont dans cette situation où l’effort supplémentaire n’est pas payant en terme de revenu net et que le surplus de chiffre généré par un travail supplémentaire ne sert qu’à alimenter les caisses de l’état. Je connais pas mal de personnes qui effectivement cherchent l’ équilibre entre revenu net et charges plutôt que de penser à bosser plus, à s’investir plus. « Trop d’impôts tue l’impôt » et s’il est un pays où cette affirmation est et sera vérifiable, c’est bien la France.
http://www.forbes.com/global/2009/0413/034-tax-misery-reform-index.html
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5 mai 2009 à 20:04Oulah je me suis fait déborder.
Le ministère de l’agriculture qui emplois plus de personnel que d’agriculteurs, dont les décisions sur le domaine sont pris au niveau européen était mon idée première. Y en a d’autres (anciens combattants).
Le patrimoine, une fois vendu, et même si çà ne va pas dans les meilleurs mains -on à les gouvernants qu’on mérite- vous évacuez quand même le coût de fonctionnement.
Sur l’achat je ciblais surtout la Dga en terme d’exemple, pour le reste plus commun on assiste en interne au démentèllement des grosses machines pour des enveloppes budgétaires locales, ca évite d’appeler paris quand a strasbourgs vous avez besoin de matériel de bureau.
J’approuve totalement quand à la fumisterie que consite a baisser la tva dans la restauration, je pense pas voir plus de serveurs ou une baisse du tarif dans mes bistrot préférés. Par contre comme elle est appliqué au volume que vous consommez c’est a mon sens le seul prélèvement réellement égalitaire. Donc un levier pour le pouvoir d’achat. C’est pourquoi j’avais liés la mesure à une concurence réelle. Voir le flux de clients dans les régions frontalières benelux/allemagne
Je ne crois pas non plus que le cout perception/recette sois judicieux les personnels des impots commencent à traiter plusieurs domaines. Fini les places ou nouvellement affecté vous aviez 500 dossiers à faire en un an vous arriviez toute contente voir votre chef de service avec 5 dossier le premier jour et vous voyiez celui-ci horrifié « doucement malheureuse, vous allez faire quoi quand vous aurez fini !! », (histoire vraie).
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5 mai 2009 à 20:47J’ai passé une bonne partie de mon AM à étudier les solutions pour éviter l’IR 2009. Et j’ai trouvé sans difficulté. Quand on n’est pas hyper riche, payer de l’IR relève du masochisme ou de la bêtise.
Oui, sauf que la gauche vous rétorquera (pas totalement à tort) que, dès lors que certains peuvent épargner au lieu de consommer (puisque, s’il n’y a pas de niveau vital d’épargne, il y en a bien un de consommation), cela en fait l’impôt le plus inégalitaire, puisque sans rapport avec les revenus et le patrimoine.
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5 mai 2009 à 21:16Bravo. Le meilleur moyen que j’ai trouvé personnellement, c’est de faire des enfants sans parvenir toutefois à ne pas le payer. Cela s’appelle être doublement masochiste et doublement idiot
Un petit pdf intéressant sur la redistribution des revenus en France. La dernière phrase du pdf est particulièrement parlante.
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5 mai 2009 à 22:32Correct. Je l’ai déjà entendu dans des discussion. Mais il y a d’après moi une confusion entre justice et égalité, subjectif et objectif.
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6 mai 2009 à 7:34Pouvez-vous préciser votre pensée ?
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6 mai 2009 à 8:13Egalité : tout le monde paye autant, Tva
Justice : je trouve que vous devez payez plus que les autres car ils ont moins et c’est injuste, impôt sur le revenu.
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6 mai 2009 à 13:26Bof… c’est très discutable. En terme de quoi mesure-t-on l’égalité ? de montant prélevé ? de taux ? d’assiette ? En quoi l’IR serait-il plus juste ? Payer plus avec un taux progressif ? Est-ce aussi valable avec une flat tax ?
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6 mai 2009 à 13:36Ne rien payer du tout, c’est le plus juste à la fois du point de vue du montant, du taux et de l’assiette, non ?
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6 mai 2009 à 15:232 types d’impôts:
1- celui destiné à assurer le fonctionnement de l’état. Il parait juste qu’il soit purement et simplement proportionnel aux revenus. Etant proportionnel, la totalité de la population insisterait pour freiner les dépenses de l’état; ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
2-celui destiné à la redistribution des revenus pour assurer la protection sociale. Si on juge qu’un impôt de ce type est légitime, il doit être progressif.
Si j’étais élu et pour changer les mentalités, je ferais simplement une toute petite chose: faire en sorte que chacun touche son revenu brut et qu’il revienne donc à chacun de faire le chèque des charges qu’il doit à l’état. Chacun pourrait ainsi se rendre compte de la hauteur de sa participation à la solidarité nationale et de ce qu’il pourrait toucher en plus si les impôts étaient moins élevés. On aurait, du coup, beaucoup moins de socialistes et les réformes de l’état deviendraient possibles.
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6 mai 2009 à 18:24Ah je dis pas que j’ai trouvé cela gravé dans le marbre, mais que vous soyez riche ou pauvre, la tva est payé par tout le monde au même niveau contrairement a l’IR dont le calcul est variable.
Mouais je suis d’accord, mais lorsque vous faites les pompiers ou la police vous rentrez votre numéro de CB sur un serveur vocal…
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6 mai 2009 à 19:27Je souscrits sans réserve. Mais est-ce qu’on fera la même chose avec les blogs ?
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6 mai 2009 à 20:43Si vous voulez évoquer l’efficacité politique des blogs face à celle de l’action politique classique, elle se résume au mieux à celle d’un think tank avec une capacité de diffusion mémétique (pour faire plaisir à Oldcola
) importante. C’est déjà bien mais ça ne suffit effectivement pas. A titre personnel, les blogs sont aujourd’hui ma principale source d’information, de ré-information, devrais-je dire.
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6 mai 2009 à 20:50Idem, les médias main-stream sont devenus au mieux un air de flûte au pire de la propagande. (cf crise et grippe de la cochonne)
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6 mai 2009 à 21:48Ce qui est le plus riche d’enseignements, c’est la comparaison entre le commentaire de l’info par les journalistes classiques pris toujours dans un étau politiquement correct et celui généralement plus riche du blogueur qui le positionne dans une toute autre perspective, soit celle de l’expert qui maitrise bien le sujet (mieux que le journaliste en tout cas), soit celle qui celui qui se positionne dans un système de pensée qui n’est pas le vôtre et qui change, du coup, votre propre perspective. Le journalisme est déjà mort mais les journalistes ne le savent pas encore.
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7 mai 2009 à 0:00Hey ! Merci, ça me fait vraiment plaisir, ça se propage.
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