Edito | Kulchur | Suburbia

Ballardead

ballardeadJames Graham Ballard est mort ce dimanche 19 avril 2009, emporté par le cancer, à Shepperton, avant poste d’un monde en devenir, en mutation, métastasé de modernité et de barbarie. Le long d’une autoroute du futur, Ballard a posé ses jalons, ses panneaux indicateurs, de sexe, d’obsessions, des crimes, de solitude, d’aliénation et de surréalisme. Il nous a balancé à la gueule pendant près de 50 ans, une vision trouble et pathologique de nous-mêmes. Entrevoyant les perversions de la suburbia, les comportements moutonniers, la perte de soi autant que notre fascination pour notre auto-destruction, J.G. Ballard, parfois qualifié d’Oracle, n’a rien prédit, il a juste montré les monstres que nous sommes. De son expérience juvénile dans un camp d’internement japonais pendant la Seconde Guerre mondiale à Shanghai, il a retenu l’insondable violence que les hommes peuvent et infliger aux autres, et s’infliger à eux-mêmes. Découvrant un monde sensuel et concentrationnaire à ce moment-là, il a ressenti ce qu’allait devenir le monde tel que nous l’habitons actuellement. Développement sans fin de la morale petite-bourgeoise, annihilation de la liberté et de l’imagination, culture aux rabais, instinct assouvi par d’autres, pour d’autres, médiatisation de nos pathos et récompenses de l’ego. On pourrait retenir beaucoup de personnages, d’images ou de décors de Ballard, entre ses mondes post-apocalyptique de ses débuts, sa suburbia psychotique sans fin, ses forêts de cristal et ses autoroutes sexuées. Mais, pour ma part, je retiendrais ses paysages de Floride, aux alentours du centre spatial, et ses couples en quête d’amour et d’éternité, obsédé par la conquête d’espace infini et de liberté. Ils sont allongés près d’une piscine abandonnée, baignés d’un soleil nucléaire. Ils attendent une navette qui ne reviendra pas, ils attendent la mort qui ne viendra plus, ils attendent le temps qui s’est perdu dans les sables de la vie et de l’amour. Un couple buvant des cocktails colorés, aux regards égarés et éthérés.

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Merci à James Graham Ballard pour tout ce qu’il m’a apporté, tant dans ma vie, que dans mon travail. Merci à tous ces mots qui ont empli mon esprit durant toutes ces années.



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Dalhia est mort sur un autoroute en 1999.
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