Kulchur
Credo poétique
Rythme. Je crois en un « rythme absolu » : un rythme en poésie qui corresponde exactement à l’émotion ou à la nuance d’émotion à exprimer. Le rythme de chacun doit être interprétatif — au bout du compte, ce sera donc le rythme propre de quelqu’un, inimitable et impossible à confondre.Symboles. Je crois que le symbole parfait, le plus approprié, est l’objet naturel — que si l’on use de « symboles », il faut le faire de telle sorte que leur fonction symbolique ne devienne pas importune : de telle sorte qu’un sens et la qualité poétique du passage n’échappent point à ceux qui ne comprennent pas le symbole en tant que tel — ceux pour qui, par exemple, un faucon n’est jamais autre chose qu’un faucon.
Technique. Je crois en la technique comme le test de la sincérité d’un homme ; je crois en la loi quand on peut la vérifier ; et je crois en la mise à bas de toute convention qui entrave ou obscurcit la détermination de la loi, ou le rendu précis de l’impulsion.
Forme. Je crois qu’il existe des contenus « fluides » tout comme il existe des contenus « solides », que certains poèmes peuvent avoir une forme au même titre qu’un arbre a une forme, d’autres comme l’eau qu’on verse dans un vase. Je crois que la plupart des formes symétriques ont leur utilité. Et qu’un grand nombre de sujets ne peuvent pas être rendus avec précision, et donc comme il faut, par des formes symétriques.
Ezra Pound, « Rétrospective » in Au cœur du travail poétique, Paris 1980, pp. 32-33.

















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