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Le marché de la religion

populous1La Religion à travers l’histoire obéit aux mêmes règles que toutes les prestations de services commerciales : la libre concurrence stimule et élargit le marché de la spiritualité , le monopole conféré à une confession l’étouffe.

C’est ainsi que dans l’Amérique Latine soumise au monopole de l’Eglise catholique la christianisation s’avéra très superficielle : en 1995 on comptait un prêtre pour 1 822 catholiques aux USA contre 1 pour 20 252 en Bolivie et un pour 17835 au Brésil. Dès que ce monopole fut aboli, ce fut un jeu d’enfant pour les différentes appellations protestantes de submerger le continent !

Les Etats Unis offrent un exemple symétrique. Au début les Pilgrim Fathers étaient intolérants, et une seule église fut tolérée par Etat avec pour résultat qu’en 1776 à peine 20 % des citoyens étaient affiliés à une Congrégation !

Contrairement aux clichés, même dans la très puritaine Boston les tavernes étaient beaucoup plus fréquentées que les églises. Changement de perspective complet au courant du XIXe siècle avec la levée des monopoles d’Etat : aussitôt l’affiliation religieuse décolle, pour atteindre dans la première moitié du XXe siècle le seuil des 60 %, jamais dépassé depuis.

Au sein même des différentes confessions, les parts de marché changent selon le degré de motivation des servants et l’adéquation de la doctrine professée aux attentes spirituelles du public concerné (on notera d’ailleurs que toutes les Eglises professant une théologie « moderne » connaissent une désaffection inversement proportionnelle à leur bon renom médiatique).

La Liberté est aussi nécessaire à la Religion qu’au Commerce et le marché des âmes obéit aux mêmes règles d’airain que celui de l’automobile.



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17 commentaires pour “ Le marché de la religion ”

  1. Populous illustre au poil l’article ;)   

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  2. Pourtant, s’il on considère qu’aujourd’hui, la liberté confessionnelle est comme elle n’a jamais été et que pourtant la demande semble bien faible (si on ne considère pas toutefois que la doxa officielle relativiste et athée ne représente pas à elle seule une véritable religion monopolistique et plutôt obligatoire sinon fortement recommandée), il me semble qu’actuellement, l’excès de libéralisme n’entraine ni une hausse de la demande, ni une hausse de l’offre.  

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  3. thierry :

    si on ne considère pas toutefois que la doxa officielle relativiste et athée ne représente pas à elle seule une véritable religion monopolistique et plutôt obligatoire sinon fortement recommandée

    Ahem. Traduction SVP ?
    En évitant peut-être de confondre athéisme et religion.
    Ce « plutôt obligatoire sinon fortement recommandée » me plonge dans des abîmes d’incompréhension.

    On pourrait par la suite revenir sur la hausse de l’offre, l’une ou l’autre.  

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  4. Traduction: qu’il est assez difficile aujourd’hui de dire qu’on est croyant sans passer pour un crétin ou un obscurantiste et se voir ranger dans la même catégorie que les astrologues et autres voyants télépathes. La pression populaire et moderne (en france en tout cas) veut qu’on se manifeste comme un être rationnel et matérialiste donc athée. C’est ça non la « religion » moderne recommandée, l’église des matérialistes et des athées. La religion comme absence de religion affirmée comme quasi-dogmatiquement.

    Je me méfie toujours de ceux qui croient dur comme fer que ce soit en Dieu ou en l’unicité de la matière. Dans ce domaine, un certain scepticisme me semble de mise. Le seul qui a grâce à mes yeux est celui qui doute, le croyant qui doute de son Dieu, le scientifique qui doute de son matérialisme.  

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  5. Traduction: qu’il est assez difficile aujourd’hui de dire qu’on est croyant sans passer pour un crétin ou un obscurantiste et se voir ranger dans la même catégorie que les astrologues et autres voyants télépathes. La pression populaire et moderne (en france en tout cas) veut qu’on se manifeste comme un être rationnel et matérialiste donc athée. C’est ça non la “religion” moderne recommandée, l’église des matérialistes et des athées. La religion comme absence de religion affirmée comme quasi-dogmatiquement.

    Je me méfie toujours de ceux qui croient dur comme fer que ce soit en Dieu ou en l’unicité de la matière. Dans ce domaine, un certain scepticisme me semble de mise. Le seul qui a grâce à mes yeux est celui qui doute, le croyant qui doute de son Dieu, le scientifique qui doute de son matérialisme.

    reply thierry : je crois que vous commettez le péché de confusion.

    Le problème de notre époque est la perte du sens. L’athéisme, le matérialisme et le rationalisme sont revendiqués presque par tout le monde, mais rarement comme aujourd’hui la superstition, la pensée magique, l’incohérence n’ont été si puissantes chez ceux qui en font pourtant profession (dans tous les sens du terme) avec le plus d’intransigeance.

    A tout prendre, une petite bergère qui dit avoir vu la Vierge ne me semble pas plus ridicule — et même infiniment moins — que tout ces gens qui croient avoir ont la certitude d’avoir vu le messie le futur plus grand président des Etats-Unis entrer à la Maison Blanche.

    Etrange ruse de la déraison.  

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  6. La perte de sens mon cul !
    C’est surtout que plus personne ne veut se donner la peine d’en trouver un.
    Moi j’aime bien la pensée magique. La Crise est ma pensée magique préférée en ce moment. En second arrivant la cyberpedopornographie.  

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  7. Le français est un être rationnel , libéré de l’emprise obscurantiste
    de l’Eglise catholique , qui consulte chez la voyante , le marabout ou le rebouteux et pense qu’Obama va marcher sur les eaux.  

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  8. A tout prendre, une petite bergère qui dit avoir vu la Vierge ne me semble pas plus ridicule — et même infiniment moins — que tout ces gens qui croient avoir ont la certitude d’avoir vu le messie le futur plus grand président des Etats-Unis entrer à la Maison Blanche.

    Tout à fait d’accord

    VonMises : +1

    Comment expliquer ce paradoxe, le fait qu’on retrouve souvent deux catégories de personnes:

    1- celui qui se dit athée et matérialiste et se manifeste pourtant irrationnellement par ses conduites (consulte la voyante et le rebouteux),
    2- celui qui se dit croyant et fait donc part d’une certaine incohérence au monde (tel qui se manifeste) et pourtant se comporte comme un être rationnel par ses conduites

    J’oublie sciemment deux catégories, l’irrationnel irrationnel (soit le voyant « honnête » qui croit en son truc, l’escroc faisant partie de la catégorie n°1) et le rationnel rationnel (catégorie oldcolacienne du scientifique qui a oublié de lever le nez de son microscope ou qui, en tout cas, n’y a pas vu ou n’a pas été ému par l’infini des choses et l’inexplicable) :)   

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  9. Et moi et moi, dans quelle catégorie suis-je ?  

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  10. Difficile mais je dirais n°2 (comme moi) mais avec une conception toute particulière du monde associant deux concepts:
    - un monde d’ici-bas matérialiste où seules règnent les lois physiques, où même la pensée relève de la matière, où la notion d’âme n’a pas lieu, un monde déterministe, laplacien ou leibnizien en dehors duquel nous ne sommes plus.
    - et l’hypothèse (au moins) d’un autre monde ou d’un Dieu inconceptualisable dans lequel on peut croire mais certainement un monde duquel il est inutile de disserter, quelque chose qui ne nous concerne pas.

    Au total, un monisme matérialiste du visible dans une espèce de dualisme de la totalité. Ou peut-être un matérialiste adepte du pari pascalien? Mais je me trompe surement.  

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  11. Schizodoxe : Toi t’es malbarré :-)
    thierry : ah l’inexpliqué (et pas l’inexplicable) ! ça peut être émouvant, mais pas plus que le déjà expliqué
    thierry :
    Aha ! va falloir se méfier de moi maintenant, moniste que je suis. A défaut d’éléments nécessaires pour me rendre dua-, voir multi-ste (pourquoi être binaires ?).

    L’athéisme n’est ni religion, ni « religion », ni religion comme absence de religion affirmée. C’est important d’insister sur ce point pour éviter d’être confondu avec ceux qui acceptent des dogmes irrationnels. Ce n’est pas que les approches irrationnelles sont mauvaises en soi. Mais elles devraient être soigneusement évitées dans certains domaines, disons en science. Et il serait préférable de les éviter, de mon point de vue, dans d’autres domaines, publics, exemples : IVG ou OGM.

    Il n’est pas question de demander aux autres d’être athées ou matérialistes, mais que le domaine public reste laïc.

    Il y a des croyants qui ne sont pas obscurantistes, mais tous les croyants sont dans le même domaine que les astrologues et autres voyants télépathes, ils croient sans évidence rationnelle. Je comprends très bien que ça puisse énerver qu’on leur mette le nez dans leur caca, j’espère que pour certains (ne serais-ce que quelques uns très rares) ça a valeur éducative.

    Le scientifique doute toujours de sa science. D’ailleurs l’activité n° 1 est (ou devrait être) d’invalider ses hypothèses ;-)   

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  12. Oldcola : Mais ce qui me rend croyant, c’est la science: l’infiniment grand, l’infiniment petit, l’évolution darwinienne et l’anatomie humaine. Pas les écrits des hommes dans certains livres sacrés. Il est au dessus de mes capacités intellectuelles de concevoir un scientifique non croyant. Cela dépasse mon entendement. :)

    Même s’il était considéré comme un hérétique de son vivant, celui qui a donné le meilleur concept de Dieu, à mon avis, c’est Spinoza.  

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  13. Même s’il était considéré comme un hérétique de son vivant, celui qui a donné le meilleur concept de Dieu, à mon avis, c’est Spinoza.

    reply thierry : son Deus sive natura ?  

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  14. thierry :

    Il est au dessus de mes capacités intellectuelles de concevoir un scientifique non croyant.

    Voilà, maintenant je suis obligé de demander la définition de « croyant ».

    Le meilleur concept de dieu, de déesse en fait, c’est Aphrodite (suis de près Athéna), à mon avis. Ca ne veut pas dire que je suis obligé de croire qu’elle existe vraiment. Même s’il y a des traces sur Internet, comme le signale Dalhia  

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  15. Schizodoxe : Oui, mais pas au sens caricatural Dieu=nature=matière. Il me semble que Spinoza propose son monisme pour résoudre le dualisme cartésien et non s’y opposer, ce qui fait qu’il le surpomble, le comprend et autorise une vision dualiste des choses (attributs) et une vision transcendante de Dieu comme pensée et immanente comme matière.  

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  16. Oldcola : Mon propos était une boutade, un sophisme:

    1-l’émerveillement mène à la foi
    2-la connaissance est le début de l’émerveillement
    3-le professionnel de la connaissance est le scientifique
    donc le scientifique a forcement la foi

    Vous me direz que 1 est faux, forcement…  

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  17. thierry : 1 est faux, forcement…
    et 2 est faux, probablement, la connaissance est la fin de la surprise (qui est l’une des composantes de l’émerveillement) et je ne vois pas pourquoi elle induirait l’admiration (l’autre composante) et si c’est le cas de quoi ou de qui :)

    En plus, quelques stats montrent que les scientifiques tendent à ne pas avoir la foi. Concevable ou pas :-p  

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