Kulchur
I’ll Be Back ergo sum
Intitulé Terminator and Philosophy : I’ll Be Back, Therefore I am, et prévu pour mai, ce livre paraît dans une collection lancée en 2006, « Blackwell Philosophy and Pop Culture », dont le principe est justement de mêler une culture à vocation de divertissement (films, télé, jeux vidéos, groupes de rock) à des sujets intellectuels et très académiques (Nietzsche, Platon, ou Descartes).
Ce mélange dont il question, entre culture pop et philosophie, m’amuse, me réconforte presque puis, finalement, m’afflige un peu.
Il y a, pour tout geek un peu instruit, un aspect de private joke tout à fait réjouissant à voir se mêler deux ordres de connaissance qui, a priori, semblent si éloignés. La présence d’une citation — textuelle, visuelle, sonore, peu importe — a toujours quelque chose de jouissif pour celui qui sait la reconnaître. Telle formulation d’un auteur contemporain qui renvoie à un auteur classique sans le nommer ; tel plan, dans un film, qui renvoie à un autre film où il occupe un rôle identique ou tout à fait différent ; tel accord dans un standard du jazz qui renvoie à un autre ou telle ouverture d’opéra qui reprend un air de madrigal antérieur (on n’avait pas toujours le temps d’être original au temps de l’opéra seria…) ; toutes ces choses semblent à celui qui sait les reconnaître comme un message laissé spécialement pour lui par l’auteur. Lorsque que le jeu des citations ne se fait pas dans un seul domaine, l’effet est encore accru et doublé du sentiment d’appartenir à une élite, aux happy few capables de voir Schrödinger chez Houellebecq ou Godard chez Oshii et d’entendre un moteur de supertanker Richard Strauss chez Sunn O))).
Sans doute faut-il être heureux de voir l’intérêt que portent, en parallèle à cela, les amateurs de culture populaire à la haute culture ou à la culture savante. C’est là une bonne raison de ne pas désespérer d’une jeunesse trop vite jugée comme étant ignorante et sans intérêt pour tout ce qui sort du champ de la recherche de la satisfaction de ses besoins animaux immédiats. Qu’il y ait un marché pour des ouvrages de philosophie prenant prétexte d’œuvres cultes de la culture populaire, cela témoigne qu’il y a un grand nombre de gens qui ne s’étant pas intéressés jusque-là à la philosophie, décident de faire un effort pour mieux comprendre un film ou un livre qui les a particulièrement marqués. La vulgarisation hybride entraîne donc un progrès notable notable du savoir, qu’y a-t-il à reprocher à cela ?
Rien, certes, mais il reste néanmoins un peu triste pour ne pas dire totalement affligeant que l’on en soit rendu à en passer par là. Sans Matrix, pas de Platon dans la bibliothèque de la jeunesse (à l’exception de ceux dont l’école force l’achat et qui finiront à la poubelle avec les souvenirs de « profs de philos » soporifiques et intellectuellement indigents), etc. La culture classique, rebaptisée et travestie « culture générale » n’est plus ce socle minimum dont chacun dispose et sur lequel il peut bâtir, mais une sorte de couronnement de l’entertainment. Comme on est passé d’Homère à Doom, on est allé de Platon à Matrix, mais dans un cas, comme dans l’autre, si, dans un sens, c’est triste en soi, c’est tout de même mieux que rien et, nous avons ici l’exemple, le chemin inverse est toujours possible.
Source : Fluctuat.

















18 mars 2009 à 15:57Quelques films et les sujets de philosophie qui vont avec:
- Matrix et l’idéalisme
- Bienvenue à Gattaca et l’eugénisme
- The island et le clonage
- Equilibrium et le débat raison/émotion autour de l’éthique
- I-robot ou l’homme bicentenaire et l’intelligence artificielle
- Orange mécanique et la violence mentale
- Time machine, la série des « terminator » ou des « retour vers le futur » et les paradoxes dans le temps
- l’effet papillon et la causalité
Pas d’autres idées pour l’instant. Merci de continuer ce début de liste et de donner des idées de films à voir ou à revoir.
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18 mars 2009 à 21:25ah le Time Machine de George Pal je l’adore ce film !
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